dimanche 15 mars 2026

L’Amérique lance-t-elle des attaques de drones Shahed sous faux drapeau ?

Le conflit qui se joue actuellement au Proche-Orient a plusieurs niveaux. L’Iran se défend contre une agression israélo-américaine, mais dans cette coalition, les buts de guerre ne sont pas les mêmes.

De plus, l’Iran a répondu dès le 28 février 2026 (comme quoi l’effet de surprise n’était pas total) en frappant les bases US dans les pays du Golfe voisins, tout en expliquant à ces mêmes voisins que ce n’étaient pas eux mais leur occupant qui était visé.

Dans cette configuration, les provocations sont tentantes, d’autant que les Américains n’ont pas caché étudier les drones Shahed iraniens, avec l’appui de techniciens ukrainiens qui connaissent ces vecteurs pour les essuyer en permanence sur le front.

PNG - 40.4 ko
Titre du journal 20 Minutes

« Des réponses attendues aussi à Roye, dans la Somme, là où a grandi l’adjudant-chef Arnaud Frion, tué lors de l’attaque. La maire de la commune a rencontré les parents du militaire. “C’était quelqu’un d’empathique, la joie de vivre, et extrêmement sérieux, quelqu’un de fiable, que tout le monde aimait”. »

 

Dans cette guerre d’attrition, les Iraniens comptent sur leurs drones bon marché pour épuiser les défenses aériennes qui coûtent 250 fois plus cher. Parfois, pour abattre un drone dans le ciel israélien, la défense est obligée de lancer plusieurs intercepteurs.

Le drone Shahed coûte environ 20 000 dollars à fabriquer. Ce drone rôdeur, utilisé également par la Russie en Ukraine, nécessite peu de temps de production et peut être assemblé en série. En face, les défenses occidentales déployées dans les pays du Golfe reposent sur des systèmes dont le coût unitaire atteint 5 millions de dollars pour un missile Patriot américain.

Le système THAAD, autre pilier de la défense anti-missile, affiche un coût de 13 millions de dollars par intercepteur, hors frais d’exportation. Selon plusieurs analystes militaires interrogés par The Nation, abattre un seul drone Shahed peut nécessiter jusqu’à 4 millions de dollars d’intercepteurs pour garantir la destruction. (Sciences et Vie)

 

C’est aussi, côté israélo-américain, une guerre sans loi, mêlant un affrontement classique air-sol et sol-air avec des actes terroristes (assassinats de dirigeants) et une communication à double effet : minimisation des pertes amies, maximisation des pertes ennemies.

C’est pourquoi nous avons choisi de relayer cet article, uniquement pour montrer la complexité de la situation. Puissent les forces du bien en France nous pardonner ce qui pourrait passer pour un soutien au régime des mollahs, qui, d’ailleurs, depuis l’élimination de toute une couche de dirigeants, est devenu le régime des durahs.

Rappelons que dans cette affaire, le droit international n’est plus qu’un paillasson, que l’Amérique et Israël ne reconnaissent pratiquement plus l’ONU, et que le Conseil de sécurité n’a pas bougé. L’Europe, toute honte bue, a disparu au fond des ses propres toilettes, et Macron fait semblant de vouloir sauver le Liban, qui est l’un des buts de guerre d’Israël. De Gaulle est très loin.

Pour ce qui concerne l’article de Press TV, à ne pas confondre avec la version iranienne de StreetPress, il est évident qu’un Iran qui envoie un drone sur la Turquie ça interroge, la Turquie n’étant pas nécessairement partisane du camp israélo-américain, surtout quand on prend en compte les déclarations d’Erdoğan contre la colonisation en Palestine.

Il se pourrait bien que les dirigeants turcs n’ignorent pas qu’ils sont les prochains sur la liste, comme le Pakistan. Le Grand Israël serait donc le prétexte d’une mise au pas de tout le Proche-Orient, puis d’une partie de l’Asie mineure, incluant l’ancien bloc soviétique musulman, avec la bénédiction américaine.

Et l’on retombe dans le Grand Jeu des XIXe et XXe siècles, avec les puissances maritimes (anglo-américaines) qui cherchent à briser la puissance continentale, c’est-à-dire le lien organique entre l’Europe et la Russie, afin de conquérir la Russie et ses ressources. L’Europe, elle, est déjà conquise par la trahison de ses élites.

L’article en anglais traduisible en français est ici.

La Rédaction d’E&R

 


 

Le porte-parole du quartier général central de Khatam al-Anbiya a accusé les États-Unis et Israël d’avoir déployé une copie rebaptisée du drone iranien Shahed-136, désignée « Lucas », pour mener des attaques contre des infrastructures civiles dans des pays de la région dans le cadre d’une opération sous faux drapeau délibérée visant à piéger la République islamique.

 

Dans un communiqué officiel publié aujourd’hui, le porte-parole a expliqué qu’après avoir subi des revers militaires sur le champ de bataille et échoué à former des coalitions politiques contre l’Iran, l’ennemi a eu recours à la tromperie.

Le communiqué avertissait spécifiquement que l’objectif de ces opérations était de « semer le doute et d’accuser la République islamique d’Iran » tout en semant la discorde entre Téhéran et ses voisins, sapant ainsi la légitimité des actions défensives de l’Iran.

Le porte-parole a évoqué une série d’« attaques suspectes » perpétrées ces derniers jours contre des installations dans des pays voisins amis, notamment la Turquie, le Koweït et l’Irak, que les médias occidentaux et des parties hostiles ont faussement attribuées aux forces iraniennes.

 

 

Il a souligné que les opérations militaires iraniennes restent strictement disciplinées, régies par des principes juridiques clairs et limitées exclusivement aux cibles militaires appartenant aux États-Unis et au régime sioniste.

« Comme la République islamique d’Iran l’a annoncé à maintes reprises, elle ne cible que les objectifs, les centres et les intérêts des États-Unis et du régime sioniste, et assume l’entière responsabilité de tout lieu visé en publiant une déclaration officielle », a déclaré le porte-parole.

Le communiqué réaffirme que la doctrine défensive de l’Iran repose sur des principes légitimes et une logique implacable, et appelle à la confiance et à la coopération régionales pour contrer ces tactiques.

« Il est essentiel que nous nous fassions confiance et que, par le maintien de l’unité et de la coopération, nous dissuadions l’ennemi agresseur de recourir à ces manœuvres et à ces agissements pernicieux », pouvait-on lire. « La réaction éclairée des autorités des pays de la région face à ces mouvements trompeurs et pernicieux permettra de déjouer ce complot dès le départ. »

La région a été le théâtre de multiples attaques de drones contre des infrastructures économiques, des zones résidentielles et des locaux diplomatiques tout au long de la guerre contre l’Iran, attaques que les médias occidentaux ont tenté à plusieurs reprises d’imputer à l’Iran.

Téhéran a toujours nié toute responsabilité dans les frappes contre des cibles civiles.

Parmi les éléments de preuve à l’appui figure la déclaration du 3 mars du ministère de la Défense du Royaume-Uni confirmant qu’un drone de type Shahed ayant frappé la base de la Royal Air Force d’Akrotiri à Chypre ne provenait pas d’Iran.

De même, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déjà accusé Israël d’avoir lancé des attaques de drones en Azerbaïdjan qui ont été attribuées à tort à Téhéran, qualifiant ces incidents de tentatives délibérées de nuire aux relations de l’Iran avec ses voisins.

L’ambassadeur d’Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a également nié catégoriquement toute implication iranienne dans l’attaque présumée contre l’ambassade américaine à Riyad.

La dernière attaque de ce type, survenue samedi, visait la raffinerie de Lanaz, dans la région du Kurdistan irakien.

Les médias iraniens ont rapporté que des sources militaires affirmaient que l’attaque n’avait rien à voir avec l’Iran et l’axe de résistance.

15   mars

E&R

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires hors sujet, ou comportant des attaques personnelles ou des insultes seront supprimés. Les auteurs des écrits publiés en sont les seuls responsables. Leur contenu n'engage pas la responsabilité de ce blog ou de Hannibal Genséric. Les commentaires sont vérifiés avant publication, laquelle est différée de quelques heures.