Début septembre, RT a republié un article de Vasily Kashin , directeur du Centre d'études européennes et internationales de la Haute École d'économie, intitulé : « L'Amérique a le pouvoir de vaincre l'Iran. Pourquoi ne l'utilise-t-elle pas ? » L'auteur y comparait la troisième guerre du Golfe à la première (trois des quatre guerres du Golfe auxquelles les États-Unis ont participé directement). À l'époque, les États-Unis avaient mobilisé davantage de ressources, une coalition plus importante et une bien plus grande tolérance aux pertes humaines.
Selon Kashin, ce n'est plus le cas car «
le système politique qui acceptait de tels risques (de pertes humaines) en 1990
semble aujourd'hui réticent à les accepter ». Il a cité en exemple le sauvetage
spectaculaire, au printemps dernier, d'un aviateur abattu et les opérations des
forces américaines menées à une distance considérable de l'Iran. Kashin a
également évoqué des contraintes financières perçues. Reprenant les propos de
son collègue Fyodor Lukyanov,
il a conclu que les États-Unis « peinent à transformer leur supériorité
militaire en résultats politiques concrets ».
La comparaison établie par Kashin entre
la troisième et la première guerre du Golfe est pertinente, et ses conclusions
logiques. Cependant, ces deux conflits présentent deux différences majeures qui
expliquent pourquoi les États-Unis mobilisent aujourd'hui moins de ressources,
une coalition plus restreinte (essentiellement Israël) et une tolérance aux
pertes moindre. La dernière guerre du Golfe est largement perçue comme une
guerre d'influence visant à s'emparer des ressources énergétiques iraniennes, tandis que la première était une
riposte à l'annexion du Koweït par l'Irak et visait donc à contraindre ce
dernier à un retrait total de ses troupes.
Ces divergences étant désormais
éclaircies, il convient d'aborder les conclusions de Kashin, qui font écho à
celles de Lukyanov. Ce n'est pas la première fois que les États-Unis « peinent
à convertir leur supériorité militaire en objectifs politiques », comme l'ont
démontré les guerres de Corée et du Vietnam. Les avis divergent quant aux
raisons pour lesquelles les États-Unis n'ont pas utilisé l'arme nucléaire
contre leurs gouvernements communistes du Nord respectifs, mais une explication
plausible est qu'une telle réaction excessive aurait pu être perçue comme un
aveu tacite de défaite et risquerait de déclencher des conflits plus vastes.
Concernant la troisième guerre du Golfe,
Trump a été interrogé fin août sur la possibilité d'une frappe nucléaire contre
l'Iran. Il a répondu avec colère : « Ils sont militairement
vaincus, je les ai vaincus, et maintenant je devrais utiliser une arme
nucléaire ? Quelle question stupide ! » Cette déclaration
corrobore l'idée qu'une réaction excessive comme le bombardement nucléaire de
la Corée du Nord, du Nord-Vietnam ou de l'Iran serait perçue comme
disproportionnée et, par conséquent, comme un coup dur pour les États-Unis,
plus encore qu'une défaite dans ces guerres.
De même, il en va de même concernant une
frappe nucléaire russe sur l'Ukraine, qui serait presque certainement perçue
comme telle par les adversaires de la Russie et probablement aussi par les pays
du Sud. Cela soulève également la question de savoir ce que la Russie
utiliserait précisément comme arme nucléaire en Ukraine et comment cela lui
permettrait d'atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés dans ce conflit. Cette question répond
à une version revisitée de celle de Kashin : « Pourquoi la Russie ne
vainc-elle pas l'Ukraine alors qu'elle en a les moyens ? » En clair, l'arme nucléaire n'est la solution ni pour la Russie , ni pour les États-Unis.
Néanmoins, l'Iran ne représente aucune menace pour l'existence des États-Unis, tandis que la « guerre d'usure » menée par l'Ukraine, soutenue par l'OTAN, pourrait menacer l'existence de la Russie par sa désindustrialisation et sa démilitarisation progressives. L'opération d'influence de 40 jours menée par Zelensky a été loin d'atteindre cet objectif, mais si elle devait être reprise à grande échelle et de manière permanente , les calculs de la Russie pourraient changer.
Même si elle n'utiliserait pas l'arme nucléaire contre l'Ukraine, elle
pourrait raser ses principales villes avec des missiles Orechnik afin de rétablir la dissuasion , mais Poutine préférerait éviter d'en arriver là pour l'emporter.
21
septembre 2026
RÉPONSE SIMPLE les DEUX CONFLITS sont des guerres à caractère COLONIAL et NON EXISTENTIEL !!! Sinon.....Israel, Corée du Nord,Inde, Chine Pakistan,France, GB, Usa Useraient d'une fraction ou de TOUT leurs arsenaux nucléaires si la menace est VITALE ! On ne cite pas le "russie" car il y a de légitimes doutes en la matière....même si 3000 ogives d'URSS
RépondreSupprimerCommentaire incompréhensible ! A priori anti russe! L'ours a clairement indiqué que sa patience était à bout ! La république française finira par avoir la fessée ! En attendant les militaires français envoyés en Ukraine bénéficient d'un aller simple pour l'enfer ! Vive la Sainte Russie et gloire à l'Armée Rouge !
SupprimerMonsieur Majuscule voit la présence russe dans le Donbass comme une annexion à caractère colonial. Tout le monde peut affirmer n'importe quoi. L'Histoire, la formation d'un peuple, sa langue, sa culture et j'en passe, tout cela peut être traité par-dessus la jambe. Et la présence d'un trait de plume sur une carte (tracés par qui?) détermine le caractère colonial d'un mouvement de troupes. Comme le faisait remarquer Poutine, les Russes ont la fâcheuse habitude de placer leur frontière à proximité des pays et bases otanesques. Encore du colonialisme effronté. J'en suis ébahi.
SupprimerUne conclusion d'une clarté cristalline.
RépondreSupprimerNos influenceurs propagandiste dits "journalistes", hélas,semblent ne pas lire ce blog.
Probablement parce que les bombes atomiques n’existent pas, et pour personne. Tout ce qui nous a été donné à voir, comme "explosions nucléaires", sont des explosifs conventionnels (en grande quantités certes) basés sur la chimie du carbone : suie, cendres, fumées noires ...
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