jeudi 21 janvier 2016

Pourquoi les Iraniens ont-ils capturé deux bateaux US ?



La version officielle du Pentagone a indiqué que, le 12 janvier 2016, deux bateaux de l’US Navy et une dizaine de marins américains avaient été arrêtés par les Gardiens de la révolution iraniens. Washington a précisé que le contact avec les embarcations avait été perdu plus tôt dans la journée alors qu’elles naviguaient dans le Golfe persique, entre le Koweït et Bahreïn.
Selon les autorités américaines, l’un des deux bateaux serait tombé en panne de moteur et aurait dérivé dans les eaux territoriales iraniennes, accompagné par le second qui lui portait assistance. C’est là que les militaires de la marine iranienne les auraient interceptés et interpellé les équipages. « Nous avons été en contact avec l’Iran et nous avons reçu l’assurance que les équipages et les navires seraient restitués sans délai », a déclaré Peter Cook, porte-parole du Pentagone, à l’agence de presse AP. Les marins américains ont ensuite été détenus sur l’île de Farsi, où se trouve une base des Gardiens de la révolution. Les bateaux de l’US Navy interceptés par les Iraniens sont des  Riverine Command Boats (RCB), unités rapides de 15 mètres du type CB-90 suédois capables de filer à plus de 40 nœuds et de plager.
D'autre part, cet événement est  survenu le 29 Décembre 2015, et NON PAS le 12 Janvier 2016, comme publié dans la presse mainstream. Sur la diffusion de ces informations, les Américains sont sûrs d'une chose : ce n'est pas la présidence qui a informé les médias. 

En effet, même déformées, les informations concernant la capture de ces navires par l’Iran ont été diffusées le 12 janvier, SANS la permission du président Obama. 
Il y a deux possibilités.
1- C'est le Pentagone qui les a diffusées. En agissant ainsi, les dirigeants militaires américains ont voulu mettre Obama dans l'embarras le jour de son dernier discours sur l’état de la nation (le 12 janvier) parce qu'il avait refusé de donner son autorisation aux forces de l'US Navy de tirer sur les forces iraniennes alors qu'elles capturaient ces bateaux.  
2- Ce sont les extrémistes du Parti Républicain qui ont diffusé ces informations, afin de saper la crédibilité d'Obama, le jour de son discours sur l'état de l'Union.

Une opération sous faux drapeau ?

Pour de nombreux observateurs, dont le site américain The Saker, la version officielle véhiculée par Jane Psaki sur la CNN n’est pas convaincante. « Ils avaient dérivé jusque dans les eaux très sévèrement gardées qui entourent une base iranienne de l’île de Farçi, et c’est alors qu’un des deux bateaux a été victime d’une panne mécanique et que la Navy a perdu tout contact avec lui », a-t-elle avancé.
Or The Saker s’arrête surtout sur les raisons de cette panne fortuite et lui fournit une explication : « ayant appris qu’il existait un plan consistant à utiliser deux vedettes rapides US comme appât pour provoquer un nouveau Pearl Harbor au beau milieu du Golfe Persique, l’aviation russe, qui se trouvait dans les environs, a fait usage de sa mystérieuse capacité à rendre inopérants les systèmes électriques, électroniques et autres des vedettes rapides US. Et pendant qu’elle y était, elle a fait de même, apparemment, à un sous-marin israélien qui passait lui aussi par là », écrit le site.
Selon lui, des gens qui disent que les deux bateaux accomplissaient – volontairement ou non – une mission suicide. Le sous-marin israélien se trouvait à proximité pour les couler tous deux, avec chacune sa douzaine et demie de marines âgés de 20 à 22 ans. « C’est, comme on le sait, chez les Israéliens, une habitude déjà ancienne de faire des cartons sur des bateaux US. Mais était-ce, cette fois, avec l’assentiment des États-Unis eux-mêmes ? On ne sait pas », poursuit-il.
L’explication de toute cette manœuvre, toujours selon The Saker :Il est vrai que, juste au moment où ils viennent de lever les sanctions contre l’Iran, les USA auraient eu là une excellente excuse pour faire monter la mayonnaise des indignations de tout bord, contre l’« acte d’agression » de ces salauds d’Iraniens, qui auraient coulé – dans leurs eaux, mais qui ne s’est jamais égaré en mer ? – deux malheureux petits bateaux certes armés jusqu’aux dents, mais, bon… Et en avant pour la « der des der » après laquelle tant on soupire par-la-faute-des-Iraniens-pas-la-nôtre !Le site s’interroge si les jeunes marines ont compris le sort auquel ils étaient voués.
« Toujours est-il que les Iraniens les trouvèrent en pleurs, persuadés qu’on allait au moins les torturer et sans doute les mettre à mort avec des raffinements de cruauté orientale inouïs, dans quelque Guantanamo du cru », constate-t-il.Sachant qu’ils ont été relâchés assez vite, en dehors des eaux territoriales iraniennes, après perquisition de leurs bateaux. Et The Saker de conclure avec assurance, qu’à l’évidence, le gouvernement iranien avait été prévenu de cet imminent « false flag ».

Assistance aux terroristes islamiste en Syrie ?

Les bateaux capturés transportaient vers le Koweït un "haut commandant terroriste" pour son transfert vers la Syrie où il devait  remplacer Zahran Alloush [1],  qui a été tué le 25 Décembre par un raid aérien des forces syriennes. Pour cette intervention, les forces spéciales  navales iraniennes ont utilisé les renseignements recueillis par le Centre Commun d'Information (JIC , regroupant la Russie, l'Irak, la Syrie et l'Iran), situé  à Bagdad, qui a découvert le plan secret américano-saoudite de transfert d’un nouveau commandant en chef pour la milice « L’armée de l’Islam » (Jaïsh al-Islam), dont la chef militaire, Zahran Alloush [1] venait d’être liquidé  par l’armée arabe syrienne.
Suite à cette capture des bateaux RCB, Obama a rapidement accédé aux demandes iraniennes concernant la libération immédiate de sept ressortissants iraniens qui croupissaient dans les prisons américaines, sur le fait que les États-Unis n’exigent plus l’extradition de 14 Iraniens, accusés d’implication dans l'achat d'armes US pour l'Iran, et sur certaines restrictions concernant l'achat éventuel par l'Iran de matériel et de pièces détachées américains.  L'Iran de son côté, a accepté de ne pas mentionner la capture du chef terroriste islamiste, et de libérer quatre détenus irano-américains, dont un agent de la CIA (Nosratollah Khosravi), et un espion (Matt Trevithick).
La manière avec laquelle les médias américains ont couvert cette affaire, y compris en changeant la date du 29 Décembre par celle du 12 Janvier, prouve, une fois de plus, la complicité directe d’Obama avec les terroristes islamistes en Syrie et en Irak, dont Jaïsh al-Islam, al-Qaïda et EI/Daech. De leur côté, les médias israéliens sont tombés à bras raccourcis sur Obama et raillent les Américains à qui mieux mieux. Voici les "Unes" des journaux : « Les photos de l’humiliation », « Humiliation », « Images d’humiliation des Américains », « Humiliation par l’Iran », « rapprochement à la manière iranienne », « Les hauts-talons des iraniens dans la région »…

Si cette  version est la bonne, et je pense qu'elle l'est, elle confirmerait ce que l’on sait depuis toujours. La totalité des groupes terroristes islamistes(y compris Daech et al-Qaïda) sont des « outils » créés et manipulés par les États-Unis et leurs vassaux. Lorsque ces groupes combattent en Syrie et en Irak, la fumeuse « coalition internationale » leur parachute des armes et des munitions [2]. Lorsqu’ils utilisent leurs "oléoducs mobiles", ces files de milliers de camions citernes, en plein désert, les bombardiers, les drones et les satellites coalisés ne les remarquent même pas. Il en est de même de leurs files de Toyotas rutilantes. Lorsqu'ils sont encerclés par les forces syriennes ou irakiennes, des opérations d’exfiltration sont effectuées  [3].
Lorsque les coalisés mènent leur campagne "contre" l'État islamique, ils récupèrent en réalité des renseignements sur les systèmes syriens de défense aérienne pour pouvoir ensuite les frapper quand le temps sera venu, tout comme ils l’ont fait en Libye.

Notes :

[1] Zahran Alloush, le chef militaire de Jaïsh al-Islam, l'homme soutenu et financé, depuis 2011, par Riyad, a été tué le 25 décembre 2015 à Al-Marj, près de Damas, au cours d'un raid aérien de l’armée syrienne.  La milice, Jaïsh al-Islam, produit  des services de renseignement saoudiens, avait pour mission de s'emparer de Damas, de renverser Assad, avec l'appui de ses frères d'arme wahhabites, Daech et Al-Qaïda. L'élimination de ce chef terroriste intervient, dans un contexte très spécial, et, contient plusieurs messages : Alloush entretenait des liens très étroits avec Israël. Il a été tué, quelques jours après le meurtre, par des raids sionistes, du résistant libanais Samir Kantar, à Jarmana. Aux yeux de Tel-Aviv et de Ryadh, si Damas devait tomber un jour, cela ne pourrait se faire que par Alloush. Conjugué au repli de 4.000 terroristes d'Alep vers Raqqa, la mort d'Alloush et la dispersion de ses sbires éliminent toute menace contre Damas. 


[3] Les Russes découvrent un plan secret d'exfiltration et de formation des djihadistes de DAECH aux USA

 

Hannibal GENSERIC