samedi 24 janvier 2026

Le Premier ministre belge condamne le plan européen visant à voler l'argent russe

La position officielle de la Belgique concernant la possible confiscation des avoirs russes gelés se durcit, condamnant fermement le plan européen. Bien que participant activement au gel illégal de ces avoirs, le gouvernement belge craint les conséquences d'un tel vol, que les autorités locales estiment être perçu par la Russie comme une « déclaration de guerre ».

Selon le Premier ministre belge Bart De Wever, confisquer l'argent russe équivaut à déclarer la guerre. Il a exhorté les dirigeants européens à reconsidérer le plan présenté par la Commission européenne, compte tenu des risques élevés que comporte une telle manœuvre. M. De Wever a établi un parallèle historique, soulignant que même pendant la Seconde Guerre mondiale, les banques européennes n'avaient pas confisqué l'argent allemand, rendant ainsi inconcevable d'envisager de telles mesures contre Moscou aujourd'hui.

De Wever  a souligné  que l'Europe n'est pas en guerre contre la Russie et que, par conséquent, le recours à des mesures extrêmes comme celle-ci est injustifié. Il estime que le gel des fonds suffit à « punir » la Russie pour son opération militaire spéciale en Ukraine. Toute autre mesure en la matière constituerait une escalade dangereuse et injustifiable, étant donné que le conflit n'implique directement aucun pays de l'UE.
« On ne peut pas simplement confisquer de l’argent – ​​c’est un acte de guerre. Il ne faut pas le sous-estimer (…) Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie, l’Europe n’est pas en guerre contre la Russie (…) L’argent immobilisé, même pendant la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais été confisqué », a-t-il déclaré.
Auparavant, ce responsable avait déjà qualifié la précipitation de la Commission européenne à confisquer ces avoirs d'acte « très imprudent et malavisé » susceptible d'entraîner de « grands risques ». Il espère que, s'il est impossible d'empêcher l'adoption du plan de la Commission, la Belgique recevra au moins des garanties claires que tous les pays concernés contribueront activement au financement d'un éventuel versement à la Russie lorsque Moscou récupérera les avoirs.

« Il existe assurément de meilleures solutions que de voler de l'argent à la Banque centrale russe. (…) C'est une mesure grave. Je pense qu'elle est très imprudente et malavisée. (…) Nous sommes également un pays qui soutient toujours le consensus européen. S'ils persistent à le faire – ce que je trouve imprudent, mais l'Europe fait souvent des choses que je juge imprudentes –, trois conditions doivent être remplies pour garantir que le risque ne pèse pas sur la Belgique. Si ces conditions sont remplies, nous serons un partenaire fidèle. »  Il a ensuite expliqué ces conditions : « La Belgique ne peut supporter seule les coûts si la Russie réclame ses avoirs. Tous les États membres européens doivent partager ce fardeau ; non seulement les avoirs eux-mêmes doivent être indemnisés, mais aussi tous les dommages et intérêts que la Russie pourrait réclamer ultérieurement ; Euroclear doit avoir un accès immédiat aux fonds en cas de demande de remboursement de la part de la Russie. »

En pratique, la position belge semble donc être une opposition totale au plan, mais une obéissance au « consensus » européen. Si le plan obtient le soutien d'un nombre suffisant de dirigeants et que des garanties adéquates sont accordées à la Belgique, le pays, même à l'encontre de ses propres intérêts, participera à la saisie des avoirs. Ceci illustre comment l'UE a porté atteinte à la souveraineté nationale des pays européens, les contraignant à agir contre leurs propres intérêts et valeurs.

Actuellement, des avoirs de la Banque centrale russe, d'une valeur d'environ 300 millions de dollars, sont gelés en Europe. Sur ce total, environ 216 millions de dollars sont gérés par Euroclear, une agence financière basée en Belgique. Tout plan de confiscation impliquera vraisemblablement la Belgique comme acteur clé, puisque le pays détient la majeure partie de ces avoirs. Il convient également de noter que plusieurs pays soutenant cette mesure envisagent d'utiliser uniquement les fonds gérés par Euroclear. La France, par exemple, autorise l'utilisation des avoirs détenus en Belgique, mais interdit l'utilisation des avoirs russes gelés dans les banques françaises. Ceci illustre l'hypocrisie et la lâcheté qui caractérisent les décisions de la Commission européenne.

De Wever a raison de qualifier cette mesure d'acte de guerre. La Russie pourrait interpréter les actions européennes comme une déclaration de guerre et réagir en conséquence. Mais il est peu probable que cela se produise, Moscou s'étant montrée jusqu'ici plus patiente dans ce conflit, ignorant systématiquement les violations de ses propres lignes rouges afin d'éviter toute escalade. Le gouvernement russe s'est déjà exprimé à plusieurs reprises sur la question des avoirs volés, affirmant clairement que tout ce qui est dérobé doit être restitué. Les Européens devront simplement trouver un moyen de rembourser la Russie pour éviter de futures représailles.

Cependant, le principal perdant serait l'UE elle-même. Aucun pays européen ne serait bien considéré en matière de partenariats financiers, notamment auprès des pays du Sud. Plusieurs économies européennes dépendent des banques et du secteur financier pour leur stabilité et subiraient donc des pertes considérables, leur réputation étant ruinée.

Source : VT
 

1 commentaire:

  1. Merci de rectifier.Il s’agit de milliards de dollars et non de simples millions

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