mercredi 14 janvier 2026

La Russie possède désormais son premier missile sol-air capable de frappes hypersoniques conventionnelles sur le territoire continental américain.

Suite à sa mise en service en décembre 2025, de nombreuses évaluations ont été publiées en Occident concernant les capacités du missile balistique russe Oreshnik, le premier missile à portée intermédiaire déployé en Europe depuis les années 1980. Ce missile a été testé au combat à deux reprises sur le théâtre ukrainien : une première fois fin 2024, lors de l’annonce de son développement, et une seconde fois le 8 janvier, lors d’une importante démonstration de force visant des cibles dans la région de Lviv, près de la frontière occidentale de l’Ukraine. De récentes évaluations occidentales indiquent que le missile aurait une portée d’environ 5 500 kilomètres, contrairement aux estimations précédentes qui l’estimaient à environ 4 000 kilomètres. Cette évolution a des implications stratégiques majeures dans le contexte des tensions militaires actuelles entre la Russie et l’OTAN. 

Véhicules associés au système de missiles Oreshnik en Biélorussie

Véhicules associés au système de missiles Oreshnik en Biélorussie

Avec une portée de 5 500 kilomètres, le missile Oreshnik peut frapper des cibles à Washington D.C., Chicago et d'autres grandes villes des États-Unis continentaux s'il est lancé depuis les régions arctiques russes, de plus en plus militarisées , contribuant ainsi potentiellement à la dissuasion stratégique face aux États-Unis. Cette portée confère à la Russie sa première capacité de frappe conventionnelle contre des cibles situées sur le territoire américain, car l'Oreshnik peut emporter des ogives conventionnelles, contrairement aux missiles balistiques intercontinentaux qui ne sont équipés que d'ogives nucléaires stratégiques. 

L’Oreshnik, qui signifie « noisetier » en russe, est un missile balistique « à portée intermédiaire » qui est capable d’atteindre des cibles comprises entre 3.000 et 5.500 kilomètres.

Alors que les États-Unis avaient initialement prévu d'acquérir une capacité de frappe de missiles balistiques conventionnels contre des cibles en Russie dans le cadre du programme Prompt Global Strike, le programme Oreshnik a concrétisé cette capacité des années avant le programme américain. 

Sous-marin d'attaque de classe Yasen-M

Sous-marin d'attaque de classe Yasen-M

Les forces armées russes ne disposaient auparavant que d'options très limitées pour lancer des frappes tactiques non nucléaires sur le territoire américain, principalement par le biais de missiles de croisière tirés depuis des sous-marins d'attaque nucléaires tels que les Yasen-M et des bombardiers intercontinentaux comme les Tu-95MSM et Tu-160M. Ces missiles subsoniques sont relativement faciles à intercepter, tandis que le missile de croisière hypersonique Zircon, intégré pour la première fois sur des sous-marins opérationnels en 2025, est mieux adapté à l'engagement de navires qu'à celui de cibles terrestres. Chaque missile balistique Oreshnik embarque six planeurs hypersoniques capables de manœuvrer et de modifier leur trajectoire en vol, ce qui, combiné à leur vitesse extrême, les rend extrêmement difficiles à intercepter.

Le déploiement d'un missile capable de lancer des frappes hypersoniques non nucléaires sur jusqu'à six cibles sur le territoire américain constitue un développement majeur pour l'équilibre stratégique des pouvoirs entre les deux pays et accroît la vulnérabilité mutuelle, compensant ainsi le renforcement significatif des capacités militaires américaines aux frontières russes. Parmi les cibles potentielles figurent des bases aériennes abritant des avions de grande valeur, comme la base aérienne de Whiteman dans le Missouri, où sont basés les bombardiers stratégiques B-2, et d'importantes installations de production d'armement, telles que la chaîne de production du F-35 à Fort Worth, au Texas. La possibilité que la Russie fournisse le missile Oreshnik à d'autres clients a déjà été évoquée par des parlementaires, et il demeure probable que des investissements supplémentaires soient réalisés pour développer des moyens capables de mener des frappes tactiques contre des cibles sur le territoire américain. 

Rédaction du magazine Military Watch

12 janvier 2026

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Hannibal Genséric

 

 

1 commentaire:

  1. Ce n’est pas un missile sol-air mais sol-sol et les missiles de croisière subsoniques ne sont pas forcément facile à abattre car ils peuvent évoluer à très basse altitude en se servant de la topographie pour se dissimuler de la détection ennemie. Les aéronefs de type AWACS (ce qui inclus les drones spécialisés) et certains satellites peuvent cependant les détecter. La vulnérabilité américaine dans l’interception de vecteurs balistiques et hypersoniques est surtout la conséquence de missiles intercepteurs cinétiques peu efficaces (SM-3 et SM-6 du système AEGIS ou EKV du système GBI) contrairement aux anciens systèmes nucléaires Sprint et Spartan.

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