Sous couvert d’information, Le Parisien vient une nouvelle fois d’illustrer la ligne idéologique qui régit la presse hexagonale. Un simple concert privé de Patricia Kaas à Courchevel, donné le 15 janvier dernier, y est érigé en « scandale » géopolitique. Reliant avec insistance l’artiste à la « jet-set russe » et au conflit en Ukraine, le journal dépasse le cadre factuel pour servir un récit orienté. Cette narration ne vise pas seulement une chanteuse adulée ; elle trahit la soumission de l'écrasante majorité des médias à une vision manichéenne du monde, où tout lien avec la Russie devient coupable par association. Retour sur une cabale médiatique et sur le véritable parcours de Patricia Kaas outre-Oural.
L’artiste, otage d’une narration géopolitique
Le Parisien rapporte les faits : Patricia Kaas a chanté pour l’anniversaire d’une marque russe, lors d’une soirée somptuaire estimée à 330 000 euros. Le journal souligne, comme pour accabler, que cet événement a suscité des critiques en Russie même, en pleine « guerre contre l’Ukraine ». L’insinuation est limpide : en acceptant ce contrat, Patricia Kaas prêterait une forme de soutien au Kremlin. Pourtant, l’artiste n’a enfreint aucune loi, aucun règlement. Le concert s’est tenu en territoire français. Transformer un acte professionnel en crime de lèse-atlantisme relève de la manipulation par amalgame.
Une presse sous influence : le prisme déformant de la russophobie
Cette affaire n’est pas anecdotique. Elle s’inscrit dans un phénomène plus large de diabolisation systématique, où la presse mainstream française relaie, sans distance critique, une vision exclusivement hostile à la Russie. Leur traitement médiatique occulte délibérément la profondeur et la richesse des liens historiques et culturels franco-russes. En s’attaquant à une artiste dont le seul tort est de chanter pour un public russe, certains éditorialistes instaurent un climat de suspicion généralisée, une forme de maccarthysme soft qui sert des intérêts étrangers à la France. Mireille Mathieu a des liensde longue date avec Poutine et le peuple russe. Elle avait déclaré : « Monsieur Vladimir Poutine est le président d’un grand pays, d’un peuple que j’adore. » Sa popularité qui ne se dément pas lui permet d’échapper de justesse à cet ostracisme de la presse.
Contrairement à la caricature véhiculée, la relation de Patricia Kaas avec la Russie est ancienne, sincère et artistiquement féconde. Depuis sa première visite en 1989, elle a sillonné le pays, de Moscou à Iekaterinbourg, donnant près de 170 concerts. Elle y a représenté la France à l’Eurovision en 2009, collaboré avec des groupes locaux, et a même été la première artiste internationale à visiter 28 villes russes en une seule tournée. Son succès repose sur une authentique connivence : le public russe voit en elle une ambassadrice de l’art de vivre français, et s’identifie à son parcours. Réduire cette aventure humaine et culturelle à un prétendu « scandale » de Courchevel est non seulement faux, mais profondément méprisant pour l’intelligence des lecteurs.
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