lundi 5 novembre 2018

Sanctions US : Téhéran s’en sortira haut la main

La deuxième série de sanctions économiques contre l’Iran entre en vigueur le 5 novembre. À Téhéran, les analystes et les hommes d’affaires restent persuadés que le pays continuera d’exporter au moins un million de barils par jour après le 5 novembre, et ce, principalement vers les pays asiatiques, ces clients de toujours du pétrole iranien.

Ces sanctions ont été allégées après la signature en 2015 du Plan global d’action conjoint (PGAC), appelé également l’accord sur le nucléaire iranien, mais ont progressivement été rétablies après la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord, il y a six mois.
La mise en application du PGAC et les politiques unilatérales de Trump ont créé un fossé entre les États-Unis et l’UE et rapproché les puissances du bloc de l’Est et l’Europe et les puissances régionales telles que l’Iran, la Turquie et l’Irak. En outre, le PGAC a ouvert la voie à d’autres puissances mondiales — notamment l’Europe, la Chine, la Russie et l’Inde — afin de préserver les accords internationaux sans la présence des États-Unis. Cette question, associée au retrait clair des États-Unis d’autres traités internationaux, pourrait faire passer le système international d’un monde unipolaire dirigé par les États-Unis à un monde multipolaire, où les autres puissances mondiales et régionales y joueront un rôle majeur.
Bernard Cornut, géopolitologue, et Arnaud Develay, juriste international, s’expriment sur le sujet.
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Les brigades du Hezbollah irakien. (Twitter)
Les brigades du Hezbollah irakien. (Twitter)
Après la protestation officielle de la diplomatie irakienne contre les ingérences américaines dans les affaires irakiennes, le Hezbollah irakien a dénoncé les sanctions anti-iraniennes des États-Unis et les décisions arbitraires et interventionnistes de Washington au sujet de l’Irak. Dans un communiqué, l'ambassade US à Bagdad avait traité des forces de Mobilisation populaire irakiennes de "milice tribale", tout en menaçant l'Irak pour cause de ses liens privilégiés avec l'Iran. En effet, les Américains en veulent aux Hachd al-Chaabi pour avoir sauvé l'Irak des mains de Daech et contré les projets US destinés à provoquer le démembrement de l'Irak. A l'heure qu'il est, quelques 20.000 combattants des Hachd sont mobilisés sur les frontières avec la Syrie, prêts à faire face à toute tentative d'infiltration de Daech. 
Les brigades du Hezbollah irakien ont dénoncé les ingérences des États-Unis dans les affaires de l’Irak et qualifié les sanctions américaines contre l’Iran, de "sans effet" sur les relations Téhéran/Bagdad. 
Le porte-parole des brigades du Hezbollah irakien (Kateb Hezbollah) Mohammad Mohi a souligné que les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran sont "mort-nées" et qu’elles ne pouvaient pas "nuire aux relations des deux pays voisins". 
« Les États-Unis s’ingèrent dans les affaires intérieures de l’Irak en termes sécuritaires, économiques et politiques et agissent, ouvertement et de manière férocement hostile envers la Résistance irakienne », a dit Mohammad Mohi au journaliste de la chaîne d’information libanaise Al-Mayadeen.
« Les Américains portent préjudice à la sécurité de l’Irak qu'ils considèrent à tort comme un terrain de confrontation avec l’Iran et la Syrie », a dénoncé le porte-parole du Hezbollah irakien.
L’Irak a, déjà, violemment protesté contre les ingérences américaines. Le ministère irakien des Affaires étrangères a rappelé, dimanche 4 novembre, que le communiqué de l’ambassade des États-Unis à Bagdad au sujet de l’imposition des sanctions unilatérales contre l’Iran et l’offense faite aux Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) constitue une violation des normes diplomatiques et du principe du respect mutuel entre les Etats.
« L’Irak s’oppose aux ingérences étrangères dans ses affaires intérieures surtout quand il s’agit des réformes de sécurité intérieure et de la structure des forces de sécurité qui suivent les ordres du Premier ministre et du commandement en chef des forces armées du pays», a souligné le ministère irakien des Affaires étrangères.
Le 31 octobre, l’ambassade des États-Unis à Bagdad a publié un communiqué dans lequel elle a souligné qu’à peine six jours suivant l’entrée en vigueur des sanctions contre Téhéran, le gouvernement de la RII doit respecter la souveraineté irakienne et permettre aux « milices tribales » (Hachd al-Chaabi, ndlr) de se désarmer et de réintégrer les forces de sécurité pour qu’on le (Iran) traite comme un pays ordinaire.
« L’Irak attend à ce que l’ambassade US supprime les déclarations incompatibles avec les normes internationales et évite qu’elle ne se reproduise à l’avenir, et qu’elle tienne compte des règles du droit international régissant son travail en Irak en tant que pays hôte », a fait savoir le ministère irakien des Affaires étrangères dans un communiqué, dont une copie a été publiée sur le site d’information Al-Maalomah.
Le programme balistique iranien n’est pas un moyen d’agression, mais de dissuasion. ©AFP
Le programme balistique iranien n’est pas un moyen d’agression, mais de dissuasion. ©AFP
Un ministre israélien craint qu’une confrontation entre l’Iran et les États-Unis ne débouche aussi sur une attaque contre Israël.
Le ministre israélien de l’Urbanisme et du Logement s’est dit préoccupé du fait qu’Israël soit obligé de payer aussi le prix des sanctions américaines contre l’Iran.
« En cas d’une confrontation entre les États-Unis et l’Iran, ce dernier attaquerait le premier allié de Washington, à savoir Israël », s’est expliqué le ministre israélien.
« Celui qui pense que cela n’est que ma propre opinion doit se demander pourquoi 40 missiles irakiens ont été tirés en direction d’Israël lors de la guerre du golfe Persique », a-t-il ajouté.
Il a prétendu également que « l’Iran est considéré comme un problème stratégique dangereux qui guette Israël en permanence ».
Et ce alors que le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a remercié le président américain pour sa décision d’imposer une nouvelle série de sanctions contre l’Iran.
Source : Presstv

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