vendredi 1 mars 2019

USA : enfin une excellente nouvelle : la haine des néocons est redevenue un courant dominant


Le magazine mensuel  American Conservative a publié un article intitulé « Pourquoi ces colporteurs professionnels de la guerre traînent-ils encore dans le coin ? », extrait d’un livre de Tucker Carlson, journaliste à Fox News, qui s’intéresse aux leaders de la pensée néoconservatrice que sont Max Boot et Bill Kristol, au sujet de leur soutien constant à la politique de guerre américaine. Carlson passe en revue les très nombreux actes d’interventionnisme militaire qui ont été réclamés par ces légendaires Pieds nickelés, documente ce qu’ils avaient prédit comme résultat de cet interventionnisme – liberté, démocratie et prospérité – et ce qui a finalement abouti à l’inverse – morts pour rien, terrorisme et chaos –  et s’émerveille de la façon dont ils restent tous deux dans des positions de grande estime avec des emplois de haut-niveau bien rémunérés.

1_ucqcyIYV2jAR_7FLr5wl-wL’article a été partagé aujourd’hui sur Twitter par le député démocrate Ro Khanna, qui a commenté Carlson, disant qu’il « fait une critique dévastatrice de l’interventionnisme et montre à quel point l’establishment de la politique étrangère a laissé tomber le peuple américain. Il y a une coalition de bon sens qui émerge entre la droite et la  gauche pour une politique étrangère de retenue. »
Khanna a reçu une quantité prévisible de réactions violentes de la part de la gauche pour ce tweet, à l’instar de quiconque évoque la possibilité de coalitions idéologiques croisées contre le belliciste américain. La seule convergence inter-idéologique que de nombreux gauchistes trouvent à leur goût pour compenser leur nombre relativement faible est celle du centre néolibéral et néoconservateur des entreprises de la com et du renseignement [en gros , et sans surprise,les GAFA, CIA, CNN, etc … NdT], appelé ainsi uniquement parce que la classe ploutocratique, qui bénéficie du statu quo orwellien actuel, a pu acheter le contrôle du narratif pour forcer son agenda à devenir le consensus général. Le problème avec ceci, bien sûr, est que ce centre d’entreprise CIA/CNN ne s’oppose jamais de manière significative à la guerre froide. La gauche, la vraie – pas celle qui dit « Nous nommons tous ceux à qui sont destinées nos bombes à fragmentation par leur pronom de genre préféré », la fausse gauche de MSNBC – s’oppose au bellicisme américain et, dans certains cas, comme le fait la droite populiste qui a donné à Tucker Carlson l’importance qu’il a aujourd’hui.
Mais le fait qu’un membre progressiste du Congrès, bien installé, partage le livre du plus grand expert de Fox News, avec un accord enthousiaste, selon lequel les néoconservateurs sont de purs excréments, en dit long sur la façon dont il est devenu courant de les critiquer.
Depuis la chute de l’Union soviétique, le néoconservatisme a vécu pour promouvoir l’idée que les États-Unis doivent utiliser leur statut de superpuissance incomparable pour assurer un ordre mondial unipolaire par tous les moyens nécessaires afin de permettre à la liberté et à la démocratie de s’épanouir dans le monde entier. C’est une idéologie qui a été largement favorisée et financée par le complexe militaro-industriel et ses alliés multinationaux, car toute cette expansion de la liberté et de la démocratie nécessite de nombreuses bombes et de coûteux missiles, et c’est le soutien de cette idéologie qui lui a donné une place sans précédent dans l’administration de George W Bush. Les bellicistes et les expansionnistes militaires, suite aux attentats du 11 septembre, ont tout planifié selon cette même idéologie qui venait de remplir le cabinet de la plus haute instance élue des États-Unis.
À cette époque, le terme néocon était un terme familier parmi ceux qui méprisaient le 43ème président, mais après que Debeliou a quitté ses fonctions, et a été remplacé par son miraculeux successeur, les gens l’avaient en grande partie oublié en dehors des groupes marginaux. C’était regrettable, car le virus mental du néoconservatisme n’a jamais cessé de se répandre, et ce culte morbide est maintenant si répandu que le petit cercle d’influence, qui a porté traditionnellement cette étiquette, est maintenant minuscule par rapport au nombre de prosélytes qui répandent cette idéologie. L’étiquette néocon est beaucoup trop limitée pour décrire avec précision cette dynamique. Le néoconservatisme ne s’est jamais dissipé, il est tout simplement devenu le consensus majoritaire bipartite.
Heureusement, la critique du néoconservatisme est également en train de devenir un courant dominant. Vous voyez maintenant des personnalités de premier plan telles que Khanna, Carlson, Tulsi Gabbard, et Rand Paul décrivant régulièrement la politique interventionniste américaine dévastatrice en termes de résultat toxique de ce culte pathologique de la mort. Gabbard en particulier a popularisé ce mot par un usage prolifique lors de l’annonce de son entrée en lice pour la présidentielle au début de 2020, et a correctement critiqué l’influence du néoconservatisme non seulement au sein des administrations précédentes, mais également au sein du gouvernement actuel.


@TulsiGabbard
La carrière du neoCon d’Elliott Abrams [1] est fondée sur la promotion 
de guerres de changement de régime. Sa nomination, par l'administration 
Trump, comme envoyé spécial au Venezuela est une preuve supplémentaire 
du manque de compréhension du Président de notre sombre histoire
 en Amérique latine et du contrôle des néoconservateurs sur lui.
@JoshuaMound
Historiquement « Néoconservatisme » (et ses variantes) n'est pas un terme
 antisémite. Non seulement il a été appliqué à des personnes d'autres 
confessions (hello DPM !), et de nombreux néoconservateurs se sont 
auto-identifiés. Essayer de faire passer cela pour du fanatisme ou 
de la calomnie est une esquive, et même de nombreux conservateurs l'ont dit.
@kellymagsamen

Personne ne vénère les néo-conservateurs (qui est d'ailleurs un terme antisémite). 
Nous sommes d’accord sur une vision bipartite de l’importance de la démocratie 
et des alliances contre les dictateurs, même si nous sommes en désaccord sur 
d’autres questions de politique étrangère. Ce n'est pas difficile, les gars.
Les critiques acerbes contre le néoconservatisme sont devenues si courantes que ses défenseurs tels que Max Boot et la supportrice du Center for American Progress, Kelly Magsamen, ont tenté de faire revivre le vieil argument selon lequel l’étiquette est antisémite, ce qui est absurde, car bon nombre de néo-conservateurs ne sont pas juifs et s’étiquettent eux-mêmes comme tels. Le maccarthysme russophobique est également utilisé pour faire taire les anti néo-conservateurs, bien entendu, tout le monde, de Tulsi Gabbard à Bernie Sanders, est maintenant stigmatisé par les médias traditionnels comme agent russe simplement pour s’être opposé à l’ interventionnisme militaire des néoconservateurs de l’empire unipolaire.
Et c’est bien sûr une bonne chose que la haine des néo-conservateurs revienne dans la conscience dominante. Vous pouvez faire un parallèle entre l’expansionnisme militaire américain sans fin, que nous avons observé depuis le 11 septembre, et la montée en puissance du néoconservatisme. Il est donc important d’être attentif à cette dynamique pour diagnostiquer et guérir la pathologie. Mais ce n’est que le début et il faudra aller beaucoup plus loin avant de retrouver la santé.
Comme pour presque tout le reste, les querelles partisanes masquent la vue d’ensemble sur cette question d’une manière qui empêche les gens de voir le panorama. Tucker Carlson et Rand Paul pourraient en effet être utiles pour interpeller les néo-conservateurs style Tout sauf Trump comme Boot et Kristol, ainsi que pour s’opposer à l’escalade contre la Russie et la Syrie, mais bonne chance pour les amener à dire quoi que ce soit sur les néo-conservateurs du PNAC [Project for the New American Century] comme Elliott Abrams et John Bolton ou les agendas néo-conservateurs de longue date qu’ils avancent contre le Venezuela et l’Iran au sein de l’administration Trump. Quelques démocrates peuvent s’opposer au bellicisme de Trump contre le Venezuela, l’Iran, le Yémen et peut-être même la Syrie, mais bonjour pour les amener à s’opposer aux sanctions et à une escalade insensée de la Guerre froide qui font progresser les programmes néo-conservateurs contre la Russie.
La plus important encore, pour véritablement frapper la bête à la tête, est de constater que l’impérialisme mondialiste unipolaire des néo-conservateurs est déjà un bain de sang. Cela ne se limite pas aux personnes qui ont aidé à mener à bien les agendas du Project for a New American Century après le 11 septembre, cela concerne aussi MSNBC, Fox News, la BBC, le Guardian, le Washington Post et le New York Times, tous ceux qui vendent à tout le monde ce statu quo. À savoir l’idée selon laquelle il est bien et normal que l’Amérique et son réseau étroit d’alliés utilisent toute la force nécessaire pour s’assurer la domination mondiale, et quiconque prétend le contraire est un agent russe, cela a été martelé au cours des deux dernières années, et cela va prendre beaucoup de travail pour l’extraire. Mais ce n’est qu’en condamnant le consentement à l’interventionnisme unipolaire que nous pourrons jamais espérer éliminer l’influence toxique du néoconservatisme et le bellicisme qu’il a conçu pour faciliter ses ambitions.
Par Caitlin Johnston – Le 16 février 2019 –  Source caitlinjohnstone.com
Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone
un sioniste de choc à la tête du changement de régime au Venezuela
Elliot Abrams est de retour, cette fois-ci en train de changer le régime du Venezuela, à la "manière juive". Il est sorti de l'ombre, faisant officiellement ce qu'il avait déjà fait à l'abri de Pompeo au Département d’Etat, c'est-à-dire qu'il veut refaire rapidement en 2019 le coup d'État vénézuélien échoué en 2002 sous Bush dans l'espoir de renverser Hugo Chavez. Il prête maintenant ses mains criminelles à une nouvelle "guerre sale" en Amérique latine. Il en a l’expérience!
Trump l’avait écarté lorsqu’il constituait son cabinet à cause de l’opération d’Abrams en mai 2016 intitulée Quand vous ne pouvez pas supporter votre candidat après que Trump ait remporté la nomination du Parti Républicain
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