lundi 16 décembre 2019

Victoire de l’Algérie. Nouvel échec du Printemps Arabe

Malgré la matraquage sans répit des médias français, et malgré les interventions des organisations américaines spécialisées dans les "changement de régime", "Révolution de couleur" et "Printemps Arabe", l'Algérie a démontré sa maturité politique et le peuple algérien a démontré qu'on ne pouvait pas facilement le berner, comme ce fut le cas des pauvres peuples tunisien, libyen, égyptien, soudanais, irakien. La unième tentative de sa déstabilisation  a lamentablement échoué. 
La déception manifestée par les médias occidentaux, islamistes et sionistes, suffit à elle seule à prouver que le Hirak algérien est une manipulation étrangère destinée à y installer un régime islamiste aussi accommodant pour les intérêts occidentaux que les régimes islamistes de la Tunisie, de la Libye et de la Péninsule arabique. H.Genséric


Tout récemment voyait le jour, en marge de la "révolte populaire" (le Hirak dont les promoteurs cachés sont connus de tous et cités ci-dessous), le « Collectif de la société civile algérienne pour une sortie de crise pacifique ». En son sein, figuraient notamment : la Ligue Algérienne des Droits De l’Homme (LADDH) ; l’ONG du RAJ (Rassemblement d’Actions Jeunesse) – fondée en 1992 pour sensibiliser les jeunes aux problèmes sociaux, à l’importance des droits de l’homme, de la citoyenneté et de la solidarité – ; « SOS Disparus » – regroupée avec 26 associations de 12 pays différents au sein de la Fédération Euro-Méditerranénne Contre les Disparitions Forcées (FEMED), domiciliée en France – ; ou encore le Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP).
En fait, ces mêmes organisations algériennes, avec d’autres personnalités et partis politiques, s’étaient déjà regroupées en 2011, (année du sinistre Printemps Arabe, dont le but était d’éliminer les régimes nationaux et non soumis à l’Impérialisme), cette fois sous l’égide de la « Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie » (CNCD). Leur objectif à l’époque ? Externaliser en Algérie le phénomène de « Printemps Arabe », alors en cours dans les pays voisins (Tunisie, Egypte, Libye, etc.). Mais l’étincelle n’avait pas pris. D’abord car les Algériens sont un peuple fier : après 2.000 ans de résistance héroïque contre les invasions romaines, arabes, turques, espagnoles, françaises, etc., ils réfléchissent à deux fois avant de valider un processus d’« importation » politique (le Printemps arabe est la version arabisée des révolutions de couleur). Ensuite car la période plus récente de la « décennie noire » (années 1990), avec ses plus de 150.000 victimes dans les massacres dus au terrorisme islamiste, a laissé des cicatrices à vif : il n’était pas question, il y a encore huit ans, de prendre le risque d’une nouvelle déstabilisation du pays. Malheureusement, les tragiques événements qui sont ensuite survenus en Tunisie et en Égypte [1], en Libye et en Syrie leur ont donné raison.
La mission de la NED
Mais quel point de convergence a pu mettre si facilement en accord ces organisations humanitaires, politiques et de la société civile algérienne ? Elles/Ils sont toutes et tous, de près ou de loin, financés par un organisme américain : la NED (National Endowment for Democracy) ! Totalement sous la coupe de l’État américain, la NED est financée par un budget voté par le Congrès. Ses fonds sont gérés par un conseil d’administration, où sont représentés : les partis Républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat AFLCIO.
Pour comprendre son rôle, lisons déjà l’inscription qui figure sur le site du CIPE (Centre de défense des entreprises privées internationales), qui est l’un des quatre instituts américains qui composent la NED : « Au CIPE, nous pensons que la démocratie est à son apogée lorsque le secteur privé est en plein essor [sic !]. En collaborant avec nos partenaires locaux, dont des associations professionnelles, des chambres de commerce, des groupes de réflexion, des universités et des organisations de défense des droits, le CIPE contribue à créer un environnement favorable à la prospérité des entreprises. Cela ne peut se produire que lorsque les institutions fondamentales de la démocratie sont fortes et transparentes. Nous sommes là pour aider à construire ces institutions. C’est notre mission. C’est notre force. » Le CIPE est en relation avec le think-tank algérien CARE : Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise.
Plus brutale est la déclaration de l’un des concepteurs de la NED, Allen Weinstein,[2] en 1991 : « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui se faisait secrètement il y a 25 ans par la CIA »  ! Le président de la NED, Carl Gershman, a pour sa part résumé ainsi sa mission : « La promotion de la démocratie est devenue un champ établi de l’activité internationale et un pilier de la politique étrangère américaine ». Cette dernière déclaration date de 1999.
1999 : 10 ans après la fin (officielle) de la Guerre froide, c’est justement le moment où les premières « révolutions de couleur », ancêtres des « printemps arabes », allaient faire tomber de nombreux dirigeants dans les pays de l’Est et de l’ex URSS : Serbie (2000), Géorgie (2003), Ukraine (2004), Kirghizstan (2005), etc. L’apothéose allait arriver plus tard, en 2014, avec la seconde révolution (de Maïdan) en Ukraine, qui allait faire tomber Viktor Ianoukovytch – alors en passe de signer des accords économiques avec Vladimir Poutine – , et mettre en place, sur fond de guerre civile, un nouveau gouvernement parrainé par des milices bandéristes (néo-nazies). Et ce... « grâce » à l’intervention de la sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires européennes et eurasiennes, Victoria Nuland (la virago super sioniste qui encule l’UE [3]) , qui après avoir distribué des petits pains aux manifestants, allait reconnaître, quelques mois plus tard, avoir fourni 5 milliards d’aide américaine pour favoriser ce « changement de régime ». Durant le Hirak, les organisations de Soros et Cie ont distribué le couscous les Vendredis.
La marque de fabrique des « révolutions de couleurs »
Mais revenons à l’Algérie. Depuis février, le calme et la détermination règnent dans les manifestations, malgré l’oppression et les arrestations sommaires qui se multiplient, à quelques semaines des nouvelles élections. Ce pacifisme a conquis l’opinion. Les Algériens ont acquis le soutien d’un grand nombre de Gilets jaunes en France, et probablement de nombreux citoyens en quête d’un changement à travers le monde. Leur capacité a fraterniser avec les forces de l’ordre et les militaires – dont certains ont peu à peu lâché le pouvoir (bien que pas forcément pour les bonnes raisons) – a forcé l’admiration ; tout comme leur civisme (nettoyage des rues à la fin des rassemblements, malgré un problème reconnu de propreté dans le pays). Nous avons tous été séduits par leur sens de l’humour, et leurs slogans satiriques et poétiques : « On veut le divorce, vous êtes répudiés trois fois » ; «  J’ai testé ce régime et je n’ai pas maigri, alors je change de régime » ; « Erreur 404 : president not found » ; « Il n’y a que CHANEL pour faire le n°5 » [en référence au 5e mandat de Bouteflika] ; « Ils pensaient nous enterrer, mais ils ignoraient qu’on était des graines » ; « Pour la première fois, j’ai pas envie de te quitter mon Algérie », etc. Un vent de printemps a balayé le pays, et nous nous en sommes tous réjouis.
Oui mais voilà... Même si elle apparaît parfois spontanément car elle relève du bon sens, même si elle a rencontré un peuple suffisamment mûr pour l’appliquer, cette approche non-violente n’est pas spécifique à l’Algérie.
Elle est inspirée d’une méthode bien précise, distillée depuis longtemps à grande échelle sur les réseaux sociaux. Elle est éprouvée sur le terrain depuis 20 ans, notamment dans le contexte de manifestations justement issues de contestations électorales. Récemment, elle était au cœur des printemps arabes. On connaît notamment les symboles pacifiants et rassembleurs, telles que les couleurs – orange (Ukraine), verte (Iran), blanche (Russie), etc. – mais aussi les fleurs : rose (Géorgie), jasmin (Tunisie) tulipes ( Kirghizistan), etc... On ne connaît que trop bien le fameux « poing d’Otpor » [4], décliné presque partout, de Tunisie jusqu’au Venezuela en 2014 (JAVU) ou en Iran en 2009. C’est ce même poing, revisité, qui apparaît sur de nombreuses pancartes en Algérie. On se souvient aussi des mises en scènes, comme les simulacres de funérailles de dirigeants ; ou des chants particulièrement émouvants, comme, tout récemment, la 9e symphonie de Beethoven chantée en arabe au Liban (qui nous émeut d’autant plus qu’elle fut chantée par les Allemands en 1989).
CANVAS
Ces méthodes, très codifiées, sont héritées des enseignements du mouvement « CANVAS » (Centre for Applied Non Violent Action And Strategies) : un centre spécialement dédié à la formation de révolutionnaires à travers le monde. Parmi les préconisations de CANVAS, on trouve notamment : 6) pétition de groupe ou de masse ; 7) slogans, caricatures et symboles ; 8) banderoles, panneaux d’affichage ; 12-a) messagerie électronique de masse ; 25) affichage de portraits ; 32) raillerie des officiels ; 33) fraternisation avec l’ennemi ; 35) sketch et canulars ; 36) théâtre et concerts ; 37) chants ; 44) simulacre de funérailles ; 62) : grèves d’étudiants ; 63) désobéissance sociale ; 199) gouvernement parallèle.
Pour comprendre d’où vient CANVAS, revenons, une fois de plus, aux années 1999-2000, quand les premières « révolutions de couleur » firent chuter des gouvernements entiers dans les pays de l’Est, comme le yougoslave Slobodan Milosevic. Rappelez-vous : presque à chaque fois, cela s’est produit avec la bénédiction et les financements de l’État américain.
Il est intéressant de préciser que la NED (National Endowment fort Democracy), qui se veut l’organisme par excellence d’exportation de la démocratie dans le monde, a été créée en 1983 sous le gouvernement Reagan – soit en pleine guerre froide ; et que ses financements, en plus de ceux précisés dans notre dernière lettre, proviennent également de multinationales américaines, telles que Chevron, Coca-Cola, la banque Goldman Sachs, ou encore Google et Microsoft. Notons aussi qu’elle n’est pas la seule à être impliquée dans ce genre d’activités. Opèrent également en ce sens : l’USAID (United States Agency for International Developement) ; l’IRI (International Republican Institute) ; le NDI (National Democratic Institute for International Affairs) ; la Freedom House ; l’Albert Einstein Institute ; ou encore l’Open Society Institute, du soi-disant « philanthrope » multimilliardaire Georges Soros.
Parmi les mouvements à l’origine des chutes de régimes dans les années 2000, on trouve notamment Otpor, dirigé par Srdja Popovic [4]. Prônant la fameuse méthode de « résistance individuelle non violente », Popovic a ouvertement été inspiré par le philosophe et politologue américain Gene Sharp, professeur émérite à l’Université du Massachusetts (et candidat pour l’obtention du Prix Nobel de la paix en 2009).
Plus précisément, c’est l’ouvrage de ce dernier, intitulé De la dictature à la démocratie, qui a joué un rôle clé : un écrit disponible gratuitement sur internet et traduit en pas moins de 25 langues (dont l’arabe) ! Or on le sait : quand c’est gratuit, c’est vous le produit ! Plus intéressant encore : c’est Gene Sharp qui a fondé l’Albert Einstein Institute... lui-même co-financé par la NED !
Ce sont donc les activistes d’Otpor, gonflés par leurs premiers succès dans les pays de l’Est – et les coups de pouce américains –, qui ont décidé de fonder CANVAS sous la direction de Popovic. CANVAS a notamment aidé les activistes au Liban en 2005, aux Maldives en 2008, et notamment, bien qu’avec moins de succès, au Venezuela et en Iran (pour ne citer que ceux-là). L’Égyptien Mohamed Adel, porte-parole du Mouvement du 6 avril, a affirmé, dans une interview accordée à la chaîne Al Jazeera diffusée le 9 février 2011, avoir bel et bien effectué un stage chez CANVAS en Serbie en été 2009 (avant, donc, les émeutes de la place Tahrir). Ce que Popovic confirmera : « Oui, c’est vrai. On a notamment formé des jeunes du Mouvement du 6 avril ».
Le rôle des GAFAM
Parmi les préconisations de CANVAS figure en bonne place le rôle des réseaux sociaux – qui ont été d’une efficacité fulgurante. L’un des activistes les plus connus du printemps égyptien, Wael Ghonim, a lui-même écrit un livre intitulé Révolution 2.0. Certains commentateurs occidentaux ont alors appelé le réseau de militants arabes à l’origine des mobilisations « la Ligue arabe du net ». Or bien avant le début officiel des printemps arabes (fin 2010), cette ligue a eu l’occasion de se réunir plusieurs fois. Citons l’événement de Beyrouth du 8 au 12 décembre 2009, qui a rassemblé 60 cyberactivistes de 10 pays arabes. Outre les Tunisiens, Égyptiens et Syriens (plus attendus a posteriori), figuraient également un Mauritanien, un Bahreïni, un Marocain, un Soudanais, etc. [5]
Pire : en 2008, 2009 et 2010, M. Bensaada affirme que ce sont les GAFAM eux-mêmes – Twitter, Youtube, Goggle, Facebook, etc. – (et dont certains, rappelons-le, financent directement la NED) qui ont directement collaboré avec le Département d’État américain et les organismes d’exportation de la démocratie pour soutenir ces cyberactivistes. Ils ont agi sous l’égide de l’AYM : Alliance de Mouvements de Jeunesse, visant explicitement à identifier des cyberactivistes et à les mettre en lien ; mais également à les mettre en relation avec des membres de la société civile, et à les soutenir, les former, les conseiller, et leur fournir les plate-forme nécessaires pour se développer dans le temps.
Enfin, cerise sur le gâteau, Hillary Clinton elle-même, alors secrétaire d’État du même gouvernement Obama que Victoria Nuland en 2014, est intervenue en personne dans le sommet de l’AYM en 2009. Après cela, la « démocrate » américaine ne va plus tarir (sans mauvais jeu de mot) d’éloges à propos du rôle des nouvelles technologies dans les révolutions arabes. Le 28 octobre 2011, elle n’hésitera pas à s’afficher dans son bureau, main dans la main avec l’activiste yéménite Tawakkol Karman (qui, comme le souligne Ahmed Bensaada, « coule des jours paisibles en Turquie alors que son pays est à feu et à sang »). Plus tard on la verra également en photo avec l’activiste syrien Radwan Ziadeh, du Conseil national syrien... financé par la NED. C’est la même Hillary Clinton qui se réjouira de la mort du président Mouhamar Khadafi, survenue sous le coup des Américains et sans aucune forme de procès, après la fameuse révolution libyenne – ouvertement soutenue par la France et les États-Unis (et qui s’est traduite par le chaos et la dissémination du terrorisme que l’on sait).
Puis ce sera la tentative avortée, décrite plus haut, d’importation des printemps arabes en Algérie en 2011, par les mêmes ONG et mouvements qui sont présents cette année dans les manifestations...
Conclusion
Comme le précise avec pertinence Ahmed Bensaada : « Tout comme leurs ’confrères’ qui ont mené les révolutions colorées, les cyberactivistes arabes ont disparu de la scène politique. Leur rapide évanescence est due au fait que ces dissidents n’ont aucune ’compétence’ (et donc aucune utilité) dans les événements qui suivent la chute des régimes en place. Il faut comprendre que la formation des dissidents par les organismes américains d’’exportation’ de la démocratie est exclusivement centrée sur l’étêtement des régimes et non sur l’action politique qui en résulte. »
….
[1] Voir la vidéo de Jacques Cheminade : « 1989-2019 : cette fois ne ratons pas l’occasion »
[2] Voir notamment : https://www.youtube.com/watch?v=s_bpNOqV68E et cet article de Solidarité et progrès : https://solidariteetprogres.fr/documents-de-fond-7/politique/universite-oxford-revolutions-de-couleur.html faisant référence aux ancrages plus historiques et britanniques de la méthode de contrôle géopolitique par les soi-disant « révolutions ».
Cet article a été repris d'un autre site.
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NOTES de Hannibal GENSÉRIC
Malgré la désastreuse guerre d’Irak, les néo-cons dominent toujours le jeu de la politique intérieure et extérieure dans les hautes sphères de Washington, où les décideurs politiques continuent à travailler la main dans la main avec les think-tanks faiseurs d’opinion, pour maintenir le monde dans un état de tension maximal et continuer à diriger les flux d’argent en direction des projets militaires, processus que personnifient Robert Kagan [1] et Victoria Nuland (fuck E.U.), deux juifs ultra sionistes racistes.
VOIR AUSSI
Hannibal GENSÉRIC

4 commentaires:

  1. Excellent article, il faut le diffuser partout

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  2. la lutte du peuple algérien ne date pas d"hier ,elle plus ancienne que les révoltes arabes,le fait qu'elle revendique la démocratie et les droits humains ne veut pas dire qu'elle est contre les causes justes bien au contraire

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