lundi 9 décembre 2019

SYRIE. Début de guérilla contre l'occupant US


Pourquoi le général de division Ali al-Mamluk s’est-il rendu à Qamichli et y a-t-il rencontré les chefs des tribus arabes ? Quelle est la relation entre le bombardement de la base US du champ d’Omar en Syrie et le bombardement de la base américaine, Aïn al-Assad en Irak ?

Il y a près d’un mois, le président syrien Bachar al-Assad a annoncé dans une interview à Russia Today qu’il ne pouvait pas combattre l’Amérique, le grand pays dont les forces occupent les puits de pétrole syrien à l’est de Deir ez-Zor, mais que cela n’excluait pas le recours à des « forces de résistance » menant une guérilla contre l’occupation US. La présence des forces américaines et leur expulsion de la Syrie renvoient exactement à ce qui s’est passé en Irak, a écrit le rédacteur en chef de Rai Al-Youm, Abdel Bari Atwan.
Dans son article, Abdel Bari Atwan s’est penché sur la lutte contre la présence illégale des États-Unis en Syrie et a écrit que des individus à l’identité inconnue avaient attaqué hier une base militaire américaine dans le champ pétrolier d’Omar à l’est de l’Euphrate. Et ce, quelques jours après que des avions de combat de l’armée syrienne aient ciblé des raffineries de pétrole « illégales » dont le pétrole est volé, dans les zones rurales de Jarablus et de la campagne orientale d’Alep. Ces raffineries étaient contrôlées par des terroristes islamistes affiliés à la Turquie.
La question qui se pose est de savoir si ces attaques sont le début d’une guerre syrienne pour empêcher le vol et la contrebande du pétrole par des agents américains. « Il pourrait même s’agir d’une guérilla contre la présence militaire américaine dans cette partie de la Syrie ? », se demande Atwan.
Et sa réponse à la question est affirmative, car il rappelle que la récente attaque contre la base militaire américaine illégale dans le champ pétrolier d’Omar a coïncidé avec le lancement de quatre missiles sur la base américaine d’Aïn al-Assad, dans la province d’al-Anbar en Irak. Cette attaque a eu lieu quatre jours après la visite inopinée du vice-président américain Mike Pence à Aïn al-Assad.
Selon l’article, le président américain Donald Trump se vante de contrôler les puits de pétrole syriens et affirme qu’il veut disposer de ses revenus comme il le souhaite, y compris en reversant une partie aux forces démocratiques syriennes. Mais les déclarations de l’homme d’affaires israélien Mordechai Khan sont plus dangereuses lorsqu’il a confirmé que sa société israélienne, Global Development Corporation, avait signé un contrat avec la Kurdish Self-Administration dans le nord-est de la Syrie pour lui transférer tous les droits d’exploration et d’extraction de pétrole, soulignant qu’« il ne veut pas que le pétrole et ses revenus aillent au gouvernement syrien, et que lorsque l’administration Trump donnera son feu vert, nous commencerons à l’exporter à des prix équitables ».
Le pétrole volé de ces puits syriens atteint 125.000 barils par jour et peut même atteindre les 400.000 si l’entretien des puits est effectué avec des équipements modernes.
 « Nous n’exagérons pas si nous disons que la deuxième étape de la guerre en Syrie et en Irak peut avoir lieu dans les zones frontalières des deux pays, où existent des puits de pétrole et de gaz, et les bases militaires américaines qui les “protègent”, ce qui rappelle la “guérilla” menée par la Résistance irakienne après l’occupation américaine de l’Irak, ce qui entraîné la mort d’environ 50.000 soldats et collaborateurs américains et en a blessé environ 32.000 autres. Cela a incité le président américain Barack Obama à retirer toutes les forces US d’Irak jusqu’à la fin 2011 », a souligné Rai Al-Youm.  
Les Syriens ont joué un grand rôle dans le financement et l’armement de ces forces de résistance irakiennes, et leurs services de sécurité officiels ont une grande expérience dans ce domaine. Nous n’excluons donc pas que la visite effectuée par le général Ali al-Mamluk, chef du Bureau de la sécurité nationale syrienne, dans la région du nord-est du pays, et sa réunion avec les tribus arabes à l’aéroport de Qamichli pour discuter de « l’activation du rôle des tribus dans les tâches de protection de la région », soit un premier pas dans ce sens.
Selon l’agence de presse kurde « Rudaw », le général Ali al-Mamluk a rencontré une vingtaine de personnalités et chefs de tribus arabes et d’autres tribus de la région « pour activer leur rôle dans la protection des zones du nord-est du pays, et ne pas soutenir des groupes armés », a indiqué le rédacteur en chef de Rai Al-Youm.
Atwan a affirmé que le pétrole et le gaz syriens sont des richesses pour tous les Syriens, peu importe leurs races et leurs croyances, et que les revenus du pétrole et du gaz syriens doivent être intégralement reversés au Trésor de l’État syrien, pour être utilisés dans des projets de reconstruction imminents, pour combler le besoin en énergie du peuple et pour briser le blocus américain.
« Nous sommes convaincus que les forces de l’armée syrienne soutenues par les unités de résistance syrienne et les forces de mobilisation populaire irakiennes (Hachd al-Chaabi) uniront toutes leurs forces pour restaurer la souveraineté de l’État sur tout l’Euphrate oriental et pousser les forces américaines à se retirer en vaincues », a-t-il ajouté.
Atwan conclut son article en disant que l’arrivée du général al-Mamluk à Qamichli et sa rencontre avec les cheikhs des tribus arabes, une première peut-être depuis le début de la crise, étaient destinées à préparer le terrain à des batailles futures pour la libération de l’Euphrate et de ses puits de pétrole.

Deir ez-Zor: le système de défense irano-russe activé, les soldats russes débarquent

À en croire les sources israéliennes, le point de passage frontalier Qaem-Abou-Kamal où est déployé le gros des alliés de la Résistance de l'armée syrienne aurait été à plusieurs reprises frappé cette semaine. Mais alors même que les sources sionistes décrivent des "scènes apocalyptiques" des "dizaines de mandataires voire des officiers de la Force Qods" tués dans ces "raids d'une intensité inouïe" toujours visant " une soi-disant base iranienne" (on se demande de quelle envergure serait cette base pour ne pas tomber en totale ruine après autant de frappes en si peu de temps, NDLR), une information rapportée par Al Masdar News apporte quelques éclaircissements : la Russie a mené une patrouille militaire dans la ville d'al-Mayadin, située dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, non loin de ce passage frontalier stratégique Qaem-Abou-Kamal, par où passent allègrement les convois terrestres en provenance de l'Irak en bénéficiant depuis vendredi des réductions de tarifs douaniers. 
Selon des sources d’informations sur le terrain, l'armée russe a effectué une longue patrouille à l'intérieur d'al-Mayadin ce week-end, alors que son personnel parcourait la ville pour en assurer la sécurité. On sait bien que la Résistance a une forte présence dans cette ville. Le site libanais souligne que bien que l'armée russe soit présente dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, elle ne quitte pas souvent la capitale pour Al-Mayadin ou Abou Kamal et affirme que de telles patrouilles pourraient porter la marque de "nouvelles évolutions", l'Iran et la Russie ayant organisé au mois de septembre leurs premiers exercices aériens conjoints dans cette même région. 
Toujours selon le site libanais, l'armée russe a surtout concentré ses patrouilles dans le nord de la Syrie, où la plupart des violences ont eu lieu en novembre et cet engagement à Deir ez-Zor pourrait ne pas être étranger à ce qui se passe ces derniers temps à Deir ez-Zor. Selon la chaîne d’information syrienne, al-Ekhbariya un groupe d'individus a lancé ce vendredi 6 décembre une offensive contre une base américaine située sur-le-champ pétrolier al-Omar, au nord-est de Deir ez-Zor, à l'est de la Syrie. Cette attaque a eu lieu, simultanément à l’arrivée d'un convoi de camions transportant du matériel militaire et logistique dans la région.
Vendredi, et pour la première fois, une base militaire américaine dans cette province a fait l’objet d’une attaque qui n'a pas été revendiquée, mais que tout donne pour être une première dans ce qui va être la guerre Syrie/Iran/Russie contre l'occupation américaine. Les sources russes ont également fait état dimanche de l'interception des avions de chasse israéliens par des Su-35 russes qui les ont repoussés alors qu'ils s'apprêtaient à entrer dans le ciel syrien en vue de frapper l'aéroport de T4 où l'Iran allait déployer ses batteries de missiles Bavar 373 aux côtés des pièces de défense antiaérienne russes. Tout ceci n'augure rien de bon pour l'axe Israël/USA qui à renfort des médias, tente de faire croire en ses capacités à chasser d'abord l'Iran puis la Russie de Syrie. Car il y a un facteur dont ils ne tiennent pas compte : l'État syrien. 
Que les Américains et les Israéliens le veuillent ou non, l'autoroute stratégique Irak-Syrie par où le pétrole irakien, voire iranien, devrait transiter vers la Méditerranée se rétablira intégralement et les évolutions à venir s'inscrivent dans ce sens. Des informations diffusées par les sources russes font état d'ailleurs d'une réactivation des mesures de riposte anti-Israël en Syrie. Damas fera ainsi acquisition outre des batteries de missiles Bavar 373 de fabrication iranienne déployées sur la base ultra-stratégique T4, des missiles  HQ-9 chinois et tout ceci aux côtés des Pantsir russes qui feront bientôt la fête aux F-16, F-35, et autres chasseurs de l’Amérique et d’Israël.
Source : Presstv

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