jeudi 1 janvier 2026

Vincent Peillon : « La devise républicaine est issue de la République des Hébreux. La Laïcité c’est le judaïsme. »

Le 15 décembre 2025, au Sénat, Vincent Peillon a déclaré que « Liberté, Égalité, Fraternité » était issue de la « République des Hébreux » et de la loi mosaïque. Il s’appuie sur un rabbin libéral, Louis-Germain Lévy, auteur d’un texte publié en 1904, pour présenter une filiation intellectuelle entre judaïsme libéral, laïcité et esprit civique.

Conférence « Laïcité, Religions, Judaïsme »,
Sénat, 15 décembre 2025
  « La devise républicaine liberté, égalité, fraternité, à leurs yeux, est directement issue de la République des Hébreux et de la loi mosaïque. [Ndlr : La Loi mosaïque est l’ensemble des préceptes donnés par Moïse au peuple juif, consignés dans la Torah (les cinq livres de Moïse ou Pentateuque).]»

La phrase a été prononcée par l’arrière-petit-fils du rabbin alsacien Félix Blum, Vincent Peillon (ancien ministre de l’Éducation nationale), le lundi 15 décembre 2025, au Palais du Luxembourg (Sénat) situé dans le 6 arrondissement de Paris, dans la salle Clemenceau, lors du colloque « Laïcité, Religions, Judaïsme », avec la présence du président du Sénat Gérard Larcher et le parrainage du sénateur Roger Karoutchi.

Sur l’affiche des intervenants annoncés figurent notamment Delphine Horvilleur (écrivaine et femme rabbin), la sociologue Dominique Schnapper (présidente du Conseil des sages de la laïcité, juive), Bruno Karsenti (philosophe, juif), Frédéric Dabi, Yonathan Arfi (président du CRIF), Claude Czechowski (Vice-Président de Judaïsme en Mouvement), ainsi que plusieurs responsables religieux et intellectuels (liste non exhaustive). L’échange est animé par la journaliste de BFMTV Ruth Elkrief (petite-nièce du grand rabbin de Jérusalem, Chalom Messas).

Vincent Peillon lâche le morceau “au nom de la République”

L’ancien ministre Peillon annonce très vite qu’il ne présente pas une thèse personnelle sortie de nulle part, mais qu’il s’appuie sur un texte daté et un auteur identifié. Il dit vouloir parler du rabbin intellectuel : Louis-Germain Lévy, et d’un petit ouvrage publié en 1904.

Il situe le moment historique : après l’affaire Dreyfus, dans une période où la République cherche un socle moral commun, avant même la loi de 1905.

Le rôle de Louis-Germain Lévy : la “religion laïque” aurait déjà un nom

Vincent Peillon résume ensuite la thèse qu’il attribue à Louis-Germain Lévy : la République chercherait une “religion laïque” (au sens d’un socle commun) et cette ressource existerait déjà.

« La République depuis la Révolution française se cherche une religion, elle ne l’a pas. Cette religion (…) existe et elle s’appelle le judaïsme. »

Selon Vincent Peillon, Louis-Germain Lévy a joué le rôle d’un théoricien du judaïsme libéral qui, en 1904, a proposé au monde républicain une lecture du judaïsme comme ressource morale, juridique et civique compatible avec la laïcité et la démocratie modernes.

Peillon détaille ensuite ce qu’il met derrière cette “compatibilité” :

  1. Primat de la loi

« Je n’obéis à personne parce que j’obéis à la loi. »

  1. Culture de l’étude et du débat (plutôt que dogme et clergé)

« Nous aimons l’étude, (…) la contradiction, (…) l’argumentation et nous n’avons ni dogme, ni théologie, ni clergé. »

  1. Dimension sociale (remise des dettes, partage des richesses et des terres)

« Dans les lois de Moïse et la République des Hébreux, l’idée qu’il faut partager les richesses, remettre les dettes et partager les terres. »

La phrase virale arrive à la fin d’un enchaînement où Peillon rapporte la lecture de Lévy (et des penseurs qu’il mobilise).

« La devise républicaine liberté, égalité, fraternité, à leurs yeux, est directement issue de la République des Hébreux et de la loi mosaïque. »

Qui est Louis-Germain Lévy, le rabbin dont parle Peillon ?

Louis-Germain Lévy (1870-1946), rabbin intellectuel actif dans le judaïsme libéral, est l’auteur d’un ouvrage publié en 1904 intitulé « Une religion rationnelle et laïque. La religion du XXe siècle ». Il s’appuie également, dans sa réflexion, sur l’œuvre de Maïmonide.
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Il est le créateur et le premier rabbin de la première synagogue libérale en France, l’Union libérale israélite de France (ULIF), fondée en 1907 et installée au 24 rue Copernic à Paris (connue sous le nom de synagogue de Copernic). Dans son œuvre et son action, il défend l’idée que le judaïsme, religion éminente, doit s’adapter à la pensée contemporaine pour devenir la religion du XXe siècle. Il s’inspire notamment de Hyacinthe Loyson, prêtre catholique excommunié, proche de la franc-maçonnerie, des protestants et des juifs libéraux. Loyson se mariera et adhérera finalement à l’Église vieille-catholique (proche de l’anglicanisme dans certains aspects).
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Une religion rationnelle et laïque : la religion du XXe siècle,
Lévy Louis-Germain (1870-1946).

Ces mots qui tuent l’Eglise… et le Christ

Rappelons à nos lecteurs les propos de Vincent Peillon en 2010 :

« Toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Eglise. » (Vincent Peillon, Une religion pour la République, Seuil, 2010, p. 277).

Pierre Lellouche Ancien ministre, député de Paris, lors du Colloque « L’avenir de la démocratie » au Centre Européen du Judaïsme (CEJ), le 13 mai 2025 :

La préparation de la loi de 1905 a été d’une violence inouïe. La République s’est littéralement assise sur l’Église et elle l’a brisée parce qu’elle avait le pouvoir. Pour que la République s’installe durablement, il a fallu casser l’Église catholique, et on l’a fait : on a nationalisé. Je ne parle même pas des violences commises pendant la période vendéenne, où il y a eu quand même 300 000 morts dans l’Ouest de la France, où on attachait les curés et les nonnes nus pour les jeter dans la Loire, on a exécuté les bébés. Il faut lire les rapports du général Turreau, qui raconte comment on a maté les capots de l’Ouest de France. Mais après, pendant la préparation de la loi, on a viré les moines des monastères, manu militari. Ceux qui ne signaient pas, qui ne se rendaient pas à la République, étaient virés. Beaucoup sont partis à l’étranger.”

Laïcité à géométrie variable

Remarque : ce colloque aurait dû pointer du doigt l’événement le plus grave en matière d’atteinte à la laïcité ces dernières années : l’allumage de la première bougie de Hanoukka au sein même de l’Élysée, en décembre 2023, en présence du Président de la République Emmanuel Macron. 
Ce geste, sous couvert de symbole contre l’antisémitisme, a été perçu par les Français comme une cérémonie religieuse officielle dans le palais de la République, violant le principe de neutralité de l’État énoncé par la loi de 1905. [Voir  La loi sur l’antisémitisme va rendre le christianisme illégal]
Et que dire du deux poids deux mesure concernant le judaïsme qui bénéficie d’autorisations pour des célébrations publiques spectaculaires, comme les allumages annuels de Hanoukka au Champ de Mars, face à la Tour Eiffel : une ménorah géante (jusqu’à 25 mètres de haut en 2025), montée sur estrades avec éclairages professionnels, sono, allumage intercontinental synchronisé entre Paris, Jérusalem (Mur des Lamentations) et New York via une retransmission en direct par liaison satellite sur écran géant, concerts hassidiques et musique festive. Ces événements, organisés par des associations comme le Beth Loubavitch, attirent des milliers de personnes et marquent fortement l’espace public parisien au moment où Ruth Elkrief publie une chronique le 7 décembre 2025 dans Le Parisien, intitulée « Pourquoi les crèches de Noël n’ont pas leur place dans l’espace public ». À méditer.
mise à jour le 01/01/26
Source : Mediaen442 

1 commentaire:

  1. hannouka oui,Noël non.Les sionistes nous emmerdent et tuent.
    Au départ de quoi parle t on?de la Judée et des Judéens et de la Palestine.Les autres les loubavitch et consorts ne sont que des imposteurs

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