mardi 10 juillet 2018

Forum de coopération Chine-Etats arabe. La Chine soutient le Yémen

Alors que les États-Unis peinent à contrer l'influence grandissante de la Chine en Afrique de l'est, l'Empire du milieu fait son retentissante entrée au Moyen-Orient. Et il y a de quoi: la Chine se procure une grande partie de ses besoins énergétiques dans la région. Mais le besoin en énergie est-il le seul motif qui a présidé à la tenue d'une conférence avec les pays arabes à Beijing?

Le président chinois s'est engagé mardi 10 juin à octroyer une aide financière de 23 milliards de dollars à plusieurs pays du Moyen-Orient, a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim.
Lors de la huitième réunion ministérielle du Forum de coopération Chine-Etats arabe, au Grand Palais du Peuple, à Beijing, M. Xi a indiqué le nom de quatre pays à savoir la Syrie, le Yémen, la Jordanie et le Liban qui devront recevoir au total une enveloppe de 91 millions de dollars.
Les forces chinoises débarquent à Djibouti où la Chine détient sa première base extraterritoriale. ©AFP
" 151 millions de dollars seront dédiés aux projets d’aide aux pays arabes et 23 milliards de dollars aux coopérations économiques et financières, a affirmé le président chinois qui a ajouté que la Chine et les pays arabes avaient convenu d'établir un "partenariat stratégique de coopération globale et de développement commun orienté vers l'avenir".
Pékin s'investit au Moyen-Orient et cherche à étendre son influence dans la région pour Confronter l'influence de Washington et les Européens au sein des pays Arabes. Mais le fait que la Chine s'est très clairement prononcée en faveur du maintien du président Assad et de l'intégrité territoriale de la Syrie donne davantage de précision sur la ligne moyen-orientale de la diplomatie chinoise. D'ailleurs les quatre pays qui devront attirer le gros des aides chinoises à savoir la Jordanie, la Syrie, le Liban et le Yémen pèsent de tout leur poids dans le mouvement de résistance anti-américain qui sillonne la région. Au Liban et en Jordanie, le soutien chinois devra permettre une stabilisation de ces deux pays, et ce, au détriment de l'axe atlantiste qui prétexte des guerres au Moyen-Orient pour justifier sa présence militaire. 
Quant au Yémen, la question revêt une importance de premier ordre pour la Chine dont les intérêts en mer Rouge sont menacés par l'axe USA/OTAN/Monarchies arabes. Ce dernier cherche, en contrôlant le détroit de Bab el-Mandeb, à y perturber le trafic des marchandises chinoises. Alors que les Américains ont réussi par médiation saoudo-émiratie à faire réconcilier l’Érythrée et l’Éthiopie et à inclure, néanmoins en apparence,   les deux frères ennemis dans leur propre camp et ceci, pour contrer la présence chinoise à Djibouti, une plus grande implication de Pékin dans la crise yéménite ne peut ne pas servir ses intérêts. L'échec de l'offensive saoudo-émiratie contre Hudaydah, port stratégique qui donne sur la mer Rouge devrait placer la question yéménite au cœur des intentions de Pékin.
Plus de mille jours s’écoulent du début de l’offensive illégitime de la coalition pro-Riyad au Yémen et les combattants yéménites font chaque jour de nouvelles démonstrations et innovations pour défendre leur patrie.
Les forces yéménites se servent de trois nouvelles méthodes pour faire face aux agressions de la coalition saoudo-émiratie :
Badr-1 tiré depuis des plates-formes souterraines
L’armée et les Comités populaires du Yémen ont montré, mardi 3 juillet, le lancement des missiles balistiques « Badr-1» depuis des plates-formes souterraines entièrement camouflées. Ce qui remet en question les allégations de la coalition saoudienne à propos du démantèlement des plates-formes de missile balistique yéménites.
« Les allégations de la coalition d’agression saoudienne sur le démantèlement des plates-formes des missiles balistiques yéménites montrent le désarroi et l’échec de l’ennemi », précise le communiqué.
L’équipe de reconnaissance et de combat dans le ciel
Une nouvelle génération de drones de reconnaissance a été dévoilée la semaine dernière. Ils sont capables de photographier les positions des agresseurs pro-Riyad sur la côte ouest du Yémen.
Les forces de l’armée et d’Ansarallah ont dévoilé, le mercredi 4 juillet, pour la première fois des plates-formes souterraines conçues pour le lancement des missiles avant de diffuser une vidéo sur leur opération à l’encontre des agresseurs de la coalition saoudienne sur la côte ouest.
Ces images montrent que l’unité de drone des forces yéménites a téléguidé un avion sans pilote baptisé « Rassed » afin d’identifier les fiefs des mercenaires pro-Riyad. Une fois les repaires de l’ennemi saoudien localisés, un autre drone baptisé « Qassef » est apparu dans le ciel et les a pris pour cible.
Ensuite, le drone « Rassed » a regagné la zone pour s’assurer que les bastions des affidés ont été réduits à néant. Une fois la mission terminée, il a enregistré un documentaire sur les dégâts matériels et humains des agresseurs.
Des drones « kamikazes » ?
Il y a presque un an, les agresseurs pro-Riyad faisaient part des attaques menées par les drones « kamikazes » d’Ansarallah sur certains repaires et même sites des missiles Patriot de l’Arabie saoudite.
Compte tenu de la présence efficace des drones de reconnaissance et de combat yéménites sur les champs de bataille de la côte ouest, on peut s’attendre à ce que ces drones « kamikazes » attaquent les agresseurs à al-Hudaydah ; événement inattendu aussi bien pour les Saoudiens que leurs mercenaires.
La bataille sur la côte ouest ; exemple réussi de la défense asymétrique
La défense solide des combattants yéménites a repoussé les attaques des forces soutenues par les Émirats arabes unis contre le port d’al-Hudaydah, les empêchant de pouvoir s’emparer de ce port stratégique et clé. Il est à noter que l’unité anti-blindée et celle de snipers yéménites ont joué un rôle primordial dans l’échec des ennemis dans la bataille sur la côte ouest du Yémen. Ceci est un bon exemple du succès de la stratégie de « défense asymétrique » qui a fait capoter les plans fomentés par les agresseurs soutenus par les pays européens et les États-Unis.

Source : PressTv

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