mardi 3 juillet 2018

Mondial : Poutine, l’enfant de Saint-Pétersbourg…

Avant le choc entre la Suède et la Suisse ce mardi à 16 heures, Vladimir Fédorovski* nous raconte Saint-Pétersbourg, qui accueille ce 8e de finale de la Coupe du monde en Russie.

« Vladimir Poutine est un enfant de Saint-Pétersbourg, né après-guerre mais marqué dans sa chair par le siège de la ville entre 1941 et 1944. Pendant ces années, son frère est mort et son père a retrouvé sa mère dans une morgue, vivante au milieu des cadavres. Un destin tragique. Fils d’ouvriers et livré à lui-même, Poutine grandit dans une banlieue complètement délabrée et participe à des conflits entre bandes rivales, comme il l’a reconnu lui-même.

Sa chance, c’est d’avoir été rattrapé à 13 ans par un entraîneur de judo, une sorte de père adoptif pour lui. Adolescent, Poutine rêve alors de devenir un James Bond russe. Il se présente à la porte du KGB, mais on lui fait comprendre qu’il doit d’abord étudier. Il se passionne pour la langue allemande, réussit son cursus de droit et devient un officier subalterne au service du contre-espionnage. Il part ensuite à Dresde (ex-Allemagne de l’Est) sous couverture.
Après la chute du mur, Poutine revient à Saint-Pétersbourg et devient un assistant très loyal du maire de la ville Anatoli Sobtchak. En 1996, à 44 ans, il rentre dans l’administration de Boris Eltsine et monte en grade. Son efficacité est remarquée, sa capacité à protéger la famille Eltsine des affaires de corruption aussi. Mais il est encore totalement inconnu des services diplomatiques et bien sûr du grand public. C’est pourtant lui qui est désigné comme le successeur d’un Boris Eltsine réduit à l’état végétatif. Son arrivée au Kremlin en 2000 est une immense surprise. »
Vladimir Fédorovski| 03 juillet 2018,
* Vladimir Fédorovski est l’auteur de « Au cœur du Kremlin » (Ed. Stock) et « Le roman vrai de la manipulation », à paraître à la rentrée (Ed. Flammarion).
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