samedi 17 août 2019

USA vs Iran. le ministère de la Justice "se mélange les pinceaux" dans son mandat de saisie du pétrolier iranien


Au milieu de toute la confusion entourant le sort du pétrolier iranien Adrian Daria (anciennement Grace 1), une erreur flagrante commise par des responsables du département américain de la Justice a été "oubliée" par les médias internationaux (alias les  Grands Médias Menteurs). Cette erreur d'un ministère américain nous montre, encore une fois, la décrépitude d'un état voyou, qui remet au goût du jour la piraterie maritime des corsaires et des piates du Moyen-Âge.

Le mandat du ministère de la Justice, disponible à l’adresse suivante (https://www.justice.gov/opa/press-release/file/1196366/download), se trompe de date. Au lieu de déposer le 16 août, la date du mandat est fixée au 16 novembre.
Bien que les conséquences juridiques de cette erreur ne soient pas claires, au moins la date actuelle du mandat suggère que les autorités américaines ne peuvent exécuter aucun mandat ni effectuer de perquisition sur l'Adrian Daria, du moins avant le 16 novembre.
Sur la base du mandat sous sa forme actuelle, toute ingérence dans Adrian Daria contreviendrait aux lois des États-Unis, sans parler du droit international énoncé dans le droit de la mer.
Chronologie de la saisie et de la détention de Grace 1
Voici un article récapitulatif de la chronologie de Grace 1 sur Press TV, une revue commode car elle a été une histoire déroutante à suivre…
La saisie par la Grande-Bretagne d’un super-pétrolier transportant du pétrole brut iranien s’est avérée être une défaite juridique, diplomatique et politique pour Londres. C’est ce qui ressort clairement du retrait de la Grande-Bretagne à la suite de la décision de la «Cour suprême» de Gibraltar d’ordonner la remise en liberté du pétrolier.
Mais comment la Grande-Bretagne a-t-elle été empêtrée dans cette affaire désordonnée? Voici une brève histoire de Grace 1 et de l’embarras qu’elle a causé à l’establishment britannique.
Le 4 juillet, les Royal Marines britanniques ont embarqué à bord du Grace 1 battant pavillon panaméen et l'ont saisi lors d'une opération agressive de style militaire.
Quelques jours plus tard, le capitaine de Grace 1 a déclaré que les Royal Marines avaient eu recours à la «force brute» lors de l'opération. Selon le capitaine, les Royal Marines ont forcé son équipage non armé à "se mettre à genoux sur le pont" sous la menace des armes.
La Grande-Bretagne a tenté de justifier la saisie de Grace 1 au motif de l’application des sanctions imposées par l’Union européenne sur la vente de pétrole à la Syrie. Mais la situation juridique britannique a été minée d’emblée par le silence, voire le refus de l’UE, d’approuver la saisie.
Le 13 juillet, la Grande-Bretagne a offert de renvoyer le super-tanker arrêté si l'Iran fournissait des garanties pour que le pétrole brut ne soit pas expédié en Syrie. Dès le départ, la position de l’Iran était que la saisie était illégale et que le Royaume-Uni n’avait pas le droit de s’immiscer dans le pétrolier, quelle que soit sa destination.
Le 19 juillet, le ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo, aurait rencontré des responsables iraniens à Londres dans le cadre d'un effort plus général de «désescalade» lié à la saisie et au maintien en détention de Grace 1.
Le 24 juillet, Dominic Raab a remplacé Jeremy Hunt au poste de secrétaire aux Affaires étrangères de la Grande-Bretagne, à la suite de l’ascension de Boris Johnson au poste de premier ministre.
Dans sa première déclaration importante sur le Grace 1 le 29 juillet, Raab a abordé la question dans le contexte de la saisie par l'Iran du pétrolier britannique Stena Impero dans le détroit d'Hormuz.
Résultat de recherche d'images pour "piraterie américaine"Mais la position de l’Iran sur la question était claire. Stena Impero avait été arrêtée pour avoir commis des infractions au droit de la mer. En revanche, Grace 1 avait été illégalement détenue pour des motifs douteux.
À la suite de l’intervention de Raab, l’ambassadeur de l’Iran au Royaume-Uni, Hamid Baeidinejad, a explicitement exclu un échange de pétroliers.
Le 15 août, lors d’un revirement  spectaculaire, la «Cour suprême» de Gibraltar a statué que le supertanker, désormais renommé «Adrian Daria», était libre de naviguer.
Ce qui rendait cette annonce encore plus dramatique, c’était que, quelques heures plus tôt, le ministère de la Justice des États-Unis avait tenté d’interdire cette libération du pétrolier dans une dernière tentative de saisir illégalement Adrian Daria.
Des responsables de Gibraltar ont déclaré que "l'appel de dernière minute" du ministère américain de la Justice n'était pas considéré comme une demande "officielle" par la Cour suprême. En d'autres termes, ils ont choisi d'ignorer la demande des États-Unis.
Le 16 août, à la suite des humiliations infligées par Gibraltar et la Grande-Bretagne, les États-Unis ont émis un mandat d'arrêt contre Adrian Daria.
Ce geste spectaculaire des autorités américaines a confirmé ce que le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, avait dit au tout début: à savoir que la saisie du super-pétrolier par les Royal Marines avait été imposée à la G.B. les États-Unis, et que cela n’avait rien à voir avec la Syrie, comme l’avait prétendu la G.B..
Hannibal GENSERIC

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