Au
milieu de toute la confusion entourant le sort du pétrolier iranien Adrian
Daria (anciennement Grace 1), une erreur flagrante commise par des responsables
du département américain de la Justice a été "oubliée" par les médias
internationaux (alias les Grands Médias Menteurs). Cette erreur d'un ministère américain nous montre, encore une fois, la décrépitude d'un état voyou, qui remet au goût du jour la piraterie maritime des corsaires et des piates du Moyen-Âge.
Le
mandat du ministère de la Justice, disponible à l’adresse suivante (https://www.justice.gov/opa/press-release/file/1196366/download),
se trompe de date. Au lieu de déposer le 16 août, la date du mandat est fixée
au 16 novembre.
Bien
que les conséquences juridiques de cette erreur ne soient pas claires, au moins
la date actuelle du mandat suggère que les autorités américaines ne peuvent
exécuter aucun mandat ni effectuer de perquisition sur l'Adrian Daria, du moins
avant le 16 novembre.
Sur
la base du mandat sous sa forme actuelle, toute ingérence dans Adrian Daria
contreviendrait aux lois des États-Unis, sans parler du droit international
énoncé dans le droit de la mer.
Chronologie
de la saisie et de la détention de Grace 1
Voici un article récapitulatif de la chronologie de Grace 1
sur Press TV, une revue commode car elle a été une histoire déroutante à
suivre…
La
saisie par la Grande-Bretagne d’un super-pétrolier transportant du pétrole brut
iranien s’est avérée être une défaite juridique, diplomatique et politique pour
Londres. C’est ce qui ressort clairement du retrait de la Grande-Bretagne à la
suite de la décision de la «Cour suprême» de Gibraltar d’ordonner la remise en
liberté du pétrolier.
Mais
comment la Grande-Bretagne a-t-elle été empêtrée dans cette affaire désordonnée?
Voici une brève histoire de Grace 1 et de l’embarras qu’elle a causé à
l’establishment britannique.
Le 4
juillet, les Royal Marines britanniques ont embarqué à bord du Grace 1 battant
pavillon panaméen et l'ont saisi lors d'une opération agressive de style
militaire.
Quelques
jours plus tard, le capitaine de Grace 1 a déclaré que les Royal Marines
avaient eu recours à la «force brute» lors de l'opération. Selon le capitaine,
les Royal Marines ont forcé son équipage non armé à "se mettre à genoux
sur le pont" sous la menace des armes.
La
Grande-Bretagne a tenté de justifier la saisie de Grace 1 au motif de
l’application des sanctions imposées par l’Union européenne sur la vente de
pétrole à la Syrie. Mais la situation juridique britannique a été minée
d’emblée par le silence, voire le refus de l’UE, d’approuver la saisie.
Le
13 juillet, la Grande-Bretagne a offert de renvoyer le super-tanker arrêté si
l'Iran fournissait des garanties pour que le pétrole brut ne soit pas expédié
en Syrie. Dès le départ, la position de l’Iran était que la saisie était
illégale et que le Royaume-Uni n’avait pas le droit de s’immiscer dans le
pétrolier, quelle que soit sa destination.
Le
19 juillet, le ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo, aurait rencontré
des responsables iraniens à Londres dans le cadre d'un effort plus général de
«désescalade» lié à la saisie et au maintien en détention de Grace 1.
Le
24 juillet, Dominic Raab a remplacé Jeremy Hunt au poste de secrétaire aux
Affaires étrangères de la Grande-Bretagne, à la suite de l’ascension de Boris
Johnson au poste de premier ministre.
Dans
sa première déclaration importante sur le Grace 1 le 29 juillet, Raab a abordé
la question dans le contexte de la saisie par l'Iran du pétrolier britannique
Stena Impero dans le détroit d'Hormuz.
Mais
la position de l’Iran sur la question était claire. Stena Impero avait été
arrêtée pour avoir commis des infractions au droit de la mer. En revanche,
Grace 1 avait été illégalement détenue pour des motifs douteux.
À la
suite de l’intervention de Raab, l’ambassadeur de l’Iran au Royaume-Uni, Hamid
Baeidinejad, a explicitement exclu un échange de pétroliers.
Le
15 août, lors d’un revirement spectaculaire, la «Cour suprême» de Gibraltar
a statué que le supertanker, désormais renommé «Adrian Daria», était libre de
naviguer.
Ce
qui rendait cette annonce encore plus dramatique, c’était que, quelques heures
plus tôt, le ministère de la Justice des États-Unis avait tenté d’interdire
cette libération du pétrolier dans une dernière tentative de saisir
illégalement Adrian Daria.
Des
responsables de Gibraltar ont déclaré que "l'appel de dernière
minute" du ministère américain de la Justice n'était pas considéré comme
une demande "officielle" par la Cour suprême. En d'autres termes, ils
ont choisi d'ignorer la demande des États-Unis.
Le
16 août, à la suite des humiliations infligées par Gibraltar et la
Grande-Bretagne, les États-Unis ont émis un mandat d'arrêt contre Adrian Daria.
Ce
geste spectaculaire des autorités américaines a confirmé ce que le ministre
espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrell, avait dit au tout début: à
savoir que la saisie du super-pétrolier par les Royal Marines avait été imposée
à la G.B. les États-Unis, et que cela n’avait rien à voir avec la Syrie, comme
l’avait prétendu la G.B..
Hannibal GENSERIC
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