vendredi 23 août 2019

Daech et l’Inde poursuivent ̏curieusementʺ le même objectif stratégique en Afghanistan

Le groupe terroriste le plus notoire au monde a revendiqué un attentat-suicide à la bombe au Pakistan qui a tué le frère cadet du chef taliban et qui menace de faire dérailler les pourparlers de paix des Talibans avec les États-Unis. Cet attentat s’inscrit curieusement dans le même objectif stratégique que l’Inde poursuit en Afghanistan.

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Daech a revendiqué un attentat-suicide à la bombe perpétré samedi dans une mosquée pakistanaise qui a tué le frère cadet du chef taliban, faisant brièvement craindre en conséquence que l’organisation ne se retire de ses pourparlers de paix en cours avec les États-Unis. Ces inquiétudes ont été rapidement balayées du revers de la main après qu’un des représentants anonymes du groupe eut déclaré à Reuters que « si quelqu’un pense que martyriser nos dirigeants nous empêcherait d’atteindre notre objectif, c’est qu’il vit dans un paradis de fous« , ce qui a été accueilli avec un grand soulagement par pratiquement tout le monde, sauf l’Inde.
L’État d’Asie du Sud n’appuie pas la décision des États-Unis d’entamer des pourparlers de paix avec les Talibans, comme l’auteur l’a expliqué plus tôt cette année dans son article intitulé « Lire entre les lignes : L’Inde est amère face aux pourparlers de paix afghans« , qui explique que New Delhi veut que Washington reste indéfiniment en Afghanistan puisque la présence militaire de son partenaire garantit que le pays enclavé pourrait être utilisé pour étendre sa « profondeur stratégique » en servant de terrain de guerre hybride contre l’État pivot mondial, le Pakistan.
Il est donc curieux que le dernier attentat suicide de Daech au Pakistan ait pu réaliser le fantasme politique de l’Inde de saboter les pourparlers de paix entre les États-Unis et les Talibans et de maintenir ainsi indéfiniment le Pentagone en Afghanistan. On aurait tendance à croire que Daech préférerait que les États-Unis quittent le pays dès que possible, mais le groupe terroriste le plus notoire au monde a défié les attentes par son action effrontée qui pourrait aboutir à l’inverse.
Bien que la rivalité entre Daech et les talibans soit bien connue, il est difficile de croire qu’il ferait ce qu’il a fait à ce moment précis étant donné le contexte ultra-sensible lié au retrait possible des États-Unis d’Afghanistan si les pourparlers de paix réussissaient, alors on peut certainement se demander si le renseignement indien aurait pu, à tout le moins, avoir une influence sur les événements. Ce ne serait pas sans précédent non plus puisque l’agent de guerre hybride Kulbhushan Jadav a admis avoir organisé des attentats terroristes dans la région pakistanaise du Baloutchistan, où s’est produite le dernier attentat de Daech.
Il n’y a aucun moyen de savoir avec certitude si cela a été le cas ou non, mais c’est néanmoins une théorie plausible si l’on considère les variables stratégiques en jeu mentionnées ci-dessus. Les services de renseignements indiens ont des liens avec des groupes terroristes et les utilisent comme mandataires pour mener une guerre hybride contre le Pakistan. Jusqu’à présent, l’Inde a surtout pour but de saboter le Corridor Économique Chine-Pakistan, il n’est donc pas inconcevable que certains de ces mêmes moyens puissent être utilisés pour cibler le jeune frère des talibans dans le but de provoquer le groupe à se retirer de ses négociations avec les États-Unis.
Si tel avait été le cas, cette opération aurait certainement échoué, mais elle révélerait à quel point l’Inde est désespérée de garder l’armée américaine en Afghanistan et de recourir à l’orchestration d’une attaque terroriste soigneusement calibrée qui aurait pu changer la donne à l’échelle mondiale. Cela montre aussi à quel point l’Inde se méfie de son nouvel allié stratégico-militaire américain et représenterait une escalade de la guerre hybride naissante qu’ils mènent l’un contre l’autre, bien que l’Inde ait pris des mesures pour la rendre cinétique alors que les États-Unis l’avaient maintenue strictement au niveau économique et diplomatique pour le moment.
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Ce qui se passe au Cachemire ressemble à la domination d’Israël sur la Palestine
Ces dernières semaines ont vu une nette augmentation des tensions dans le Jammu et Cachemire occupé, depuis que le Premier ministre Narendra Modi a révoqué la très ancienne autonomie du territoire, le verrouillant et plongeant la région dans le chaos.
L’Inde a ordonné à tous les touristes et pèlerins d’évacuer le territoire, tout en envoyant des dizaines de milliers de soldats en armes et en fermant virtuellement tous les réseaux de télécommunication. Ces soldats ont rejoint une force d’occupation estimée à un nombre de l’ordre de centaines de milliers dans ce qui est déjà considéré comme l’endroit le plus militarisé du monde.
L’oppression de l’Inde sur les Kashmiris ne peut cependant pas être vue isolément. Au cours des dernières décennies, les liens croissants du pays avec Israël ont créé une situation dans laquelle l’oppression du Cachemire est liée au traitement des Palestiniens par Israël.
L’occupation du Cachemire par l’Inde et la création d’Israël en 1948, qui a abouti à l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens, n’ont débuté qu’à quelques mois de distance l’une de l’autre. En juillet 1949, deux ans après que l’Inde et le Pakistan aient déclaré leur indépendance par rapport à la domination britannique, les deux pays ont signé un accord pour installer un ligne de cessez-le-feu, se partageant la région du Cachemire. La domination indienne sur le territoire a conduit à des décennies d’instabilité.
Les dernières phases de la Guerre Froide ont vu un accroissement dramatique des relations entre Indiens et Israéliens. En 1992, sous le gouvernement de Narasimha Rao, membre du Congrès National Indien, l’Inde et Israël ont établi des relations normales, l’Inde ouvrant une ambassade à Tel Aviv en janvier. Deux facteurs principaux expliquent cette évolution, tous deux liés à l’éclatement de la Première Intifada contre l’occupation israélienne ainsi qu’à l’insurrection armée au Cachemire contre la domination indienne à la fin des années 1980.
La première raison provient du déclin de l’Union Soviétique, ce qui a obligé l’Inde à rechercher un nouveau fournisseur d’armes et de technologie militaire. Israël, dont l’économie vacillante à l’époque avait besoin de pénétrer de nouveaux marchés, représenta un partenaire idéal. La relation s’est encore renforcée quand les Etats Unis ont imposé des sanctions sur les ventes d’armes à l’Inde après qu’elle ait mené des essais nucléaires en 1998. Le résultat de ces sanctions fut que l’Inde est devenue le client le plus important d’Israël pour les armes et la technologie militaire, héritage qui s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui.
La deuxième raison repose sur la convergence de la logique qu’Israël et l’Inde ont utilisée en réprimant respectivement la résistance populaire dans les territoires occupés et l’insurrection armée au Cachemire, mettant en avant des questions de sécurité, le contre-terrorisme et la menace de l’extrémisme islamique.
Entre sionisme et nationalisme hindou
Les relations entre l’Inde et Israël se sont encore resserrées avec la naissance du Parti Bharatiya Janata (BJP) dans les années 1990. Le BJP, qui est aujourd’hui dirigé par Modi, adhère à l’idéologie politique connue sous le nom d’Hindutva, ou Nationalisme Hindou. L’histoire de l’affinité des nationalistes hindous avec le sionisme est bien documentée par le professeur Sumantra Bose de la London School of Economics qui la fait remonter aux années 1920 quand Vinayak Damodar Savarkar, le père de l’Hindutva, a soutenu la création d’un État juif en Palestine. Le BJP et autres Nationalistes hindous sont depuis devenus obsédés par la reproduction du projet sioniste en transformant une Inde constitutionnellement laïque en État ethnocratique Hindou.
Une bonne partie des aspirations et des propositions politiques du BJP pour le Cachemire sont des imitations des pratiques israéliennes qui existent en Palestine. La plus importante de toutes est le désir de construire au Cachemire des colonies dans le style israélien réservées aux seuls Hindous afin de provoquer un changement démographique.
Ces changements sont clairement inspirés du modèle colonial israélien, comme l’a dit le député du BJP, Ravinder Raina qui, en 2015, a déclaré que le gouvernement indien utiliserait sont armée pour protéger les colonies des seuls Hindous au Jammu et Cachemire.
En plus des parallèles dans les objectifs politiques, le discours utilisé par les supporters du régime actuel en Inde ressemble aux vieux refrains israéliens. Israël comme l’Inde prétendent être des démocraties exceptionnelles, malgré le traitement raciste et xénophobe de larges tranches de populations sous leur contrôle, dont, en particulier, les chrétiens et les musulmans.

Ces derniers, tant en Palestine qu'au Cashemire, subissent continuellement les arrestations arbitraires, les assassinats extrajudiciaires, les disparitions forcées, les couvre-feux, les punitions collectives, la détention administrative, la torture, le viol et les abus sexuels, la répression de la liberté de parole et de réunion, les démolitions de maisons, etc..
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Hannibal GENSERIC
 

1 commentaire:

  1. Et oui les Hindus sont dans le camp des méchants... Ca m'attriste fortement car ce sont mes frères de race...

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