mardi 16 juin 2020

White Cargo. Les esclaves blancs

White Cargo est l'histoire oubliée des milliers de Britanniques et d'Irlandais qui ont vécu et sont morts en esclavage dans les colonies de la Grande-Bretagne. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plus de 300.000 Blancs ont été envoyés en Amérique comme esclaves. Des enfants pauvres ont été ramassés dans les rues de Londres, de Dublin et d'ailleurs, pour travailler dans les champs de tabac, où leur espérance de survie ne dépassait pas deux ans. Les maisons closes ont été pillées pour fournir des «éleveuses».

Les migrants pleins d'espoir ont été dupés en signant en tant que serviteurs sous contrat, ignorant qu'ils deviendraient des biens personnels qui pourraient être achetés, vendus et mêmemisés dans les jeux. On faisait défiler ces jeunes esclaves lors des ventes comme du bétail.
S'appuyant sur des lettres appelant à l'aide, des journaux intimes et des archives judiciaires et gouvernementales, Don Jordan et Michael Walsh démontrent que les brutalités généralement associées seulement à l'esclavage noir ont été perpétrées sur des Blancs tout au long de la domination britannique. Le commerce prit fin avec l'indépendance américaine, mais les Britanniques tentèrent toujours de vendre des détenus dans leurs anciennes colonies.
Il s'agit d'une saga d'exploration et de cruauté s'étalant sur 170 ans qui a été submergée par la mémoire écrasante de l'esclavage noir. White Cargo étale l'histoire brutale et inconfortable des esclaves blancs.
Les esclaves irlandais
Sources : White Cargo, Don Jordan et Michael Walsh éd. Mainstream Publishing _ The White Slave, Richard Hildreth éd. Adamant Media Corporation
Traduction : liberationirlande.wordpress.com
 Ils sont arrivés en tant qu’esclaves, massives cargaisons humaines transportées sur de grands vaisseaux britanniques, à destination des Amériques. Par centaines de milliers, ils furent déportés, hommes, femmes, et même jeunes enfants. Dès qu’ils se rebellaient ou désobéissaient à un ordre, ils étaient punis de la façon la plus rude : on les pendait par les mains ou les pieds et on leur passait les mains ou les pieds dans le feu. Ou bien ils étaient brûlés vifs et leurs têtes étaient fichées sur des piques sur la place du marché en tant qu’avertissement pour les autres captifs. Mais il n’est pas utile de s’étendre avec précision sur les différents sévices que durent endurer ces hommes, ces femmes, ces enfants.
Les rois Jacques Ier et Charles Ier ont entrepris de réduire des Irlandais en esclavage, puis, le très anti-catholique et Franc-Maçon, Oliver Cromwell a poursuivi cette pratique de déshumanisation de son voisin. La traite des Irlandais a commencé lorsque Jacques Ier vendit 30.000 prisonniers irlandais en tant qu’esclaves au Nouveau Monde.
Sa Proclamation180 de 1625 ordonnait de les déporter outre-mer et de les vendre à des colons anglais dans les Indes occidentales (« West Indies » = Antilles]. Vers le milieu du XXVIIe siècle, les Irlandais représentaient le plus gros contingent d’esclaves vendus à Antigua et Montserrat. À cette époque, 70% de la population de Montserrat était constitué d’esclaves irlandais. 
L’Irlande devient le plus grand réservoir d’humains pour les marchands anglais. La majorité de ces premiers esclaves du Nouveau Monde était en fait blanche.
De 1641 à 1652, plus de 500.000 Irlandais furent tués par les Anglais et 300.000 d’entre eux furent vendus comme esclaves. La population irlandaise passa de 1.500.000 à 600.000 en dix ans. 
Des familles furent détruites, puisque les Britanniques interdisaient aux pères de famille irlandais d’emmener leurs femmes et enfants de l’autre côté de l’Atlantique. Ceci provoqua l’apparition d’une population désemparée de femmes et d’enfants, et la solution britannique fut de les vendre eux aussi.  
Pendant les années 1650, plus de 100.000 enfants irlandais de 10 à 14 ans furent pris à leurs parents et vendus en tant qu’esclaves aux Antilles, en Virginie et en Nouvelle-Angleterre. Pendant cette décennie, 52.000 Irlandais (des femmes et des enfants pour la plupart) furent vendus à la Barbade et à la Virginie. En 1656, Cromwell ordonna que 2000 enfants irlandais soient envoyés en Jamaïque et vendus aux colons anglais. [il semble que là est l'origine de terme "kid-napper", déformation de "kid-nabber", voleur d'enfants, qui est défini ainsi par le Dictionnaire Anglais des Bas-Fonds : « Voleur d'êtres humains, spécialement d'enfants ; à l'origine destinés à être exportés vers les plantations d'Amérique du Nord. »]
Curieusement, on entend fréquemment, concernant cet épisode de l’histoire du peuple irlandais,  le terme juridique indentured servant [« domestiques sous contrat »]. En effet, vivant dans la plus grande misère, ou plus souvent afin d'échapper à une peine de prison, quelques Irlandais se livrèrent volontairement aux esclavagistes sous promesse d'être affranchi au bout de quelques années et ainsi de tenter leur chance dans le Nouveau Monde [1]. Hélas, le climat des Antilles et du sud-est du continent Nord-Américain, ajouté aux conditions de vie d'un esclave, n'offraient que rarement la chance aux Irlandais de démarrer une nouvelle vie une fois affranchis.
Esclaves ou indentured servants n’étaient en fait rien de plus que du bétail humain.
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Le fort pourcentage de décès des esclaves européens amena les trafiquants d'esclaves à se fournir désormais en Afrique. Beaucoup de données et de témoignages tendent à montrer que les esclaves africains, qui n’étaient pas marqués du stigmate catholique et qui étaient plus chers, étaient souvent mieux traités que leurs homologues irlandais. À la fin du XVIIe siècle, un esclave africain était assez cher (50 Sterling), l’achat d’un esclave irlandais ne coûtait pas plus de 5 Sterling. Si un planteur fouettait ou battait à mort un esclave irlandais, ce n’était pas un crime, sa mort était un revers financier, mais moindre que celle d’un Africain plus cher.
Les maîtres anglais décidèrent assez vite de prendre des Irlandaises pour leur plaisir personnel et cela à leur plus grand profit, en effet les enfants d’esclaves étaient eux-mêmes des esclaves, ce qui augmentait le volume de la  main d’œuvre gratuite. Comme les enfants restaient esclaves malgré l’éventuel affranchissement de leurs mères, ils étaient rarement abandonnés par celles-ci, qui restaient donc esclaves.
À un certain moment, les Anglais trouvèrent un meilleur emploi pour ces femmes esclaves (souvent des filles à partir de 12 ans) : les colons les croisèrent avec des Africains pour produire des esclaves d’une complexion particulière. Ces « mulâtres » se vendaient plus cher que les Irlandais et permettaient d’économiser de l’argent puisque avec eux il n’y avait plus besoin de s’approvisionner sur le marché en Africains.
Cette pratique du croisement d’Irlandaises et d’Africains se poursuivit pendant plusieurs décennies, et était si répandue qu’en 1681, une loi fut passée qui « interdisait d’accoupler des esclaves irlandais avec des esclaves africains à des fins commerciales ». Bref, il s’agissait de ne pas nuire aux profits des grandes compagnies de transport d’esclave. L’Angleterre continua à acheminer des dizaines de milliers d’esclaves irlandais pendant plus d’un siècle. Des documents prouvent qu’après la Rébellion Irlandaise de 1798, des milliers d’esclaves irlandais furent vendus en Amérique et en Australie. Les abus commis contre les captifs africains et irlandais étaient terrifiants. Il est arrivé qu’un navire britannique se délestât de 1302 esclaves dans l’océan atlantique, afin que l’équipage se nourrisse mieux.
En 1839, la Grande-Bretagne décida d’arrêter sa participation à l’autoroute vers l’enfer et cessa de transporter des esclaves. Mais cette décision n’engageait pas les pirates et trafiquants étrangers qui continuèrent cette activité. Aucune des victimes irlandaises n’a pu revenir dans sa patrie pour décrire ce calvaire. Ce sont des esclaves perdus, ceux que l’époque et les livres d’histoire ont confortablement oubliés.
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Il est incontestable que les Irlandais ont vécu les horreurs de l’esclavage autant (sinon plus au XVIIe siècle) que les Africains. Mais la politique s’en est mêlée et les esclaves blancs sont devenus des domestiques. 
 
[1] Précision au sujet des "indentured servants" aux Amériques :
il s’agissait d’un esclavage à durée déterminée (l’"endenture", vieux terme français, signifiait un document recopié à l’identique sur la même feuille de parchemin, lequel était ensuite séparé par un découpage en zigzag ; on pouvait donc réunir les deux et déterminer qu’ils n’avaient pas été modifiés, cette technique servait aussi pour le recrutement de mercenaires), généralement de cinq à sept ans. Ainsi le "servant" s’acquittait d’une peine de prison, parfois même d’une peine capitale commuée en service (il y avait 200 motifs de peine capitale en GB au XVIIe-XVIIIe siècle). Il pouvait aussi payer son passage par ce moyen.
Hannibal GENSERIC 

2 commentaires:

  1. Demande d’information relative au phénomène dit « troll », adressée à Monsieur Thierry Meyssan du site voltairenet.org de la part de Michel Dakar, et en copie à d’autres sites :
    http://aredam.net/demande-publique-d-information-relativement-au-phenomene-dit-troll-adressee-a-monsieur-thierry-meyssan-du-site-voltairenet-org-de-la-part-de-michel-dakar-et-en-copie-a-d-autres-sites.html
    Illustration :
    http://aredam.net/le-metier-de-troll-pour-mettre-fin-a-leur-impunite-coupons-leurs-les-doigts.pdf

    Exposé en trois dessins de l’état mondial des forces au 15 juin 2020 :
    http://aredam.net/expose-en-trois-dessins-de-l-etat-mondial-des-forces-au-15-juin-2020-par-michel-dakar.pdf

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  2. Pour ceux qui savent lire l'anglais ?
    https://en.reseauinternational.net/the-irish-slave-trade-the-forgotten-white-slaves/

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