lundi 6 mai 2019

USA. Les néocons à la recherche de l'euphorie de la guerre au Venezuela. Fiasco certain.


Aucune guerre n’est jamais aussi magique que votre première guerre.

Sûr. Envahissons le Venezuela. Une autre petite guerre joyeuse. Ce pays de sauvages est plein de cocos (i.e. communistes) et flotte sur une mer de pétrole. La seule chose qui manque à ces Vénézuéliens amoureux de Cuba, ce sont nos armes de destruction massive.

Cette semaine, des dirigeants néo-cons (en vrais-cons) américains ont ouvertement menacé ouvertement que si la dernière tentative de la CIA de coup d’État pour renverser le gouvernement de Maduro échouait, Washington pourrait envoyer les Marines.
Mais voici que ce coup d’état est un lamentable fiasco et voilà que l’armée vénézuélienne n’a pas renversé le président Maduro. La CIA n'a pas non plus réussi à renverser des gouvernements à Moscou, à Téhéran, à Damas, et, pour l’instant à Alger. Son seul "succès" à ce jour a été de renverser le gouvernement ukrainien favorable à Moscou et de mettre à sa place un groupe de clowns néonazis et corrompus à un coût de près de 10 milliards de dollars.
Les États-Unis n'ont pas gagné une seule guerre majeure depuis la Seconde Guerre mondiale - à moins que vous ne comptiez l’invasion de la Grenade (110.000 habitants) , Panama et Haïti ou bombarder l'Irak, la Syrie, la Somalie et la Libye. C’est une pensée qui donne fait réfléchir compte tenu de l’annonce récente du Pentagone selon laquelle le pays se débarrasse de petites guerres coloniales (alias la «guerre contre le terrorisme») afin de se préparer à de véritables grandes guerres contre la Russie et la Chine, voire la Corée du Nord.
Le Venezuela est dans un désordre économique énorme à cause des politiques économiques des gouvernements Chavez et Maduro - et au sabotage économique américain à grande échelle. Mais ma première loi sur les affaires internationales est la suivante: «Chaque nation a le droit absolu, de se mal gérer et d’élire ses propres escrocs ou ses idiots».
Maintenant, cependant, les néo-conservateurs frénétiques de l'administration veulent lancer une guerre contre le Venezuela, un grand pays développé de 32,7 millions de personnes, tout en menaçant l'Iran d’une guerre pour plaire au lobby juif qui finance et corrompt la classe politique américaine (républicains et démocrates) en commençant par le président Trump, connu pour ses liens étroits avec la maffia judéo-russe. L’Amérique s'ingère aussi  dans toute l'Afrique et se prépare à affronter la Russie, la Chine et peut-être la Corée du Nord. . Une grande partie du Moyen-Orient et de l’Afghanistan sont en ruine grâce aux campagnes de «libération» américaines destinées à imposer la démocratie aux survivants éclopés.
Envahir le Venezuela ne poserait pas de gros problèmes à l'armée américaine: la partie la plus riche de la population déteste le gouvernement actuel et pourrait souhaiter la bienvenue aux Américains. Elle reproche à ce gouvernement de ne pas être fait de « blancs » mais d’Indiens autochtones, donc de sous-hommes, dont l’archétype est Chavez ou Maduro. Les régimes de droite en Colombie et fasciste au Brésil voisins pourraient se joindre à l'invasion.
Mais quoi alors? Rappelons l'Irak. Les États-Unis ont traversé la faible armée irakienne, dont la force avait été grossièrement exagérée par les médias. Une fois que les forces américaines et britanniques ont assumé leurs fonctions de bombardements destructifs et criminels (1 million de morts sur une population de 17), les forces de guérilla leur ont rendu la vie difficile et sanglante. La résistance irakienne se poursuit aujourd'hui, seize ans plus tard. La même chose se produirait probablement au Venezuela, mais en plus sanglante, car le terrain est plus favorable à la guérilla.
De toutes façons, il existe un profond sentiment anti-américain en Amérique latine qui existait bien avant le colonel Chavez. Rappelons, par exemple, les grandes émeutes anti-américaines qui ont accueilli la visite du vice-président Nixon à Caracas en 1958.
«Yankees Go Home» est un cri de ralliement pour une grande partie de l’Amérique latine. Entrer dans le Venezuela, une autre nation au sujet de laquelle le gouvernement Trump sait ou comprend peu de choses, susciterait une résistance farouche. Les efforts désespérés de l’Amérique pour punir Cuba et rallier le vote d'extrême droite cubano-américain en Floride ont eu pour principal  effet de galvaniser la colère anti-américaine en Amérique latine. Méfiez-vous du fantôme de Fidel.
Des discussions sur le Venezuela sont en cours entre Washington et Moscou. Aucun des deux pays n'a un intérêt majeur au Venezuela. Moscou y dame le pion aux États-Unis pour l'implication des États-Unis dans l'arrière-pays de la Russie et en Syrie.
Aux USA,  nous entendons des propositions folles d’envoyer 5.000 mercenaires pour renverser le régime de Maduro. Dans quelle mesure l'utilisation à grande échelle de mercenaires financés par les États-Unis a-t-elle fonctionné en Irak et en Afghanistan? Un flop complet. La seule chose qu'ils firent avec compétence était de faire le trafic de drogues qui rapporte de milliards de $, en plus de faire la vaisselle dans les bases américaines, d'assassiner des civils et de jouer aux Rambos juniors.
De plus, une invasion du Venezuela par les États-Unis marquerait un pas en avant dans l’effritement de l’Empire, une guerre impériale sans but précis, sans stratégie, tout en générant plus d'ennemis.
Le grand gagnant serait bien sûr le Pentagone et le complexe militaro-industriel. Plus de milliards dépensés pour un pays que la plupart des Américains ne sauraient trouver sur une carte, davantage de commandes pour des armes de "contre-insurrection", davantage de promotions militaires, et des applaudissements de Fox News et des fans de catch.
Le Venezuela pourrait se révéler être un gros et gros Tar Baby [1]
Source: Unz Review


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[1] Tar-Baby

tar babyLe Tar-Baby est un personnage fictif dans la seconde des histoires de l'Oncle Remus publiées en 1881; C'est une poupée en goudron et en térébenthine utilisée pour piéger Br'er Rabbit. Plus ce que Br'er Rabbit combat le Tar-Baby, plus il devient enchevêtré. Dans l'utilisation moderne, «bébé à gateau» se réfère à une «situation collante» qui n'est aggravée que par un contact supplémentaire.
 
Traduction / Adaptation : Hannibal GENSERIC 
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Les militaires russes sur une base russe au Venezuela. ©Sputnik
Des militaires russes sur une base russe au Venezuela. ©Sputnik
En dénonçant les déclarations du président autoproclamé par intérim du Venezuela qui s'est dit prêt à autoriser au besoin une intervention militaire américaine, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé qu'il envisageait aussi d’augmenter le nombre des experts militaires russes présents sur le sol vénézuélien.
«Toutes les options sont ouvertes», a affirmé Juan Gaido hier dimanche, 5 mai lors d’une interview accordée à la Chaîne BBC et en réponse à la question de savoir s’il était prêt à donner le feu vert à une intervention militaire US au Venezuela.

Venezuela: Moscou met en garde Washington
Et c'est en réaction aux déclarations de Guaido que Jorge Arreaza, ministre vénézuélien des Affaires étrangères a déclaré que son pays était prêt à anéantir tout ennemi pour le Venezuela et les Vénézuéliens. 
« Nous sommes prêts à faire face à tout scénario. Si les États-Unis préfèrent la voie militaire, nous sommes prêts aussi", a assuré aujourd’hui lundi, 6 mai, Jorge Arreaza depuis Moscou où il est en visite officielle.
« Nous avons notre armée, notre police et notre peuple. Peu importe la force de l'ennemi, nous sommes prêts à le détruire », a averti le ministre.
Il a également fait part de l’augmentation éventuelle du nombre des experts russes présents sur le sol vénézuélien.
Arreaza a rencontré hier dimanche son homologue russe qui doit à son tour discuter du Venezuela avec le secrétaire d'État américain, la semaine prochaine, en Finlande.
Hannibal GENSERIC 

 

1 commentaire:

  1. Tout ami des Yankees leur conseillerait de ne pas ouvrir la boîte de Pandore au Venezuela ou ailleurs. Ils ne sauront jamais ce qui va leur tomber sur la tête...Le territoire et les villes américains pourraient très bien être touchés par les destructions, jusque là réservées aux autres

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