« La force de la cité ne réside ni dans ses
remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens. »
Thucydide,
stratège et historien grec du Vème
siècle avant Jésus-Christ.
Paradoxalement, la puissance américaine en plein déclin, voire en pleine déliquescence à divers égards, ne cesse de menacer le monde entier de ses foudres s’il ne se soumet pas au mode de vie américain. Donald Trump, qui ment comme il respire, semble avoir été mis en place pour être le Président de la déchéance américaine qui s’efface inexorablement devant la mise en place progressive d’un monde multipolaire, ou plutôt apolaire, plus respectueux des différences de cultures, de religions et de richesses des peuples, accélérée ces dernières années par une majorité de nations du monde lassées des destructions, carnages, horreurs génocidaires qu’elle a déployés partout avec ses alliés soumis, ou exigeants comme l’état d’Israël.
Devenue nihiliste au sens philosophique du terme
– d’un Schopenhauer par exemple et non d’un Nietzsche qui en est l’inverse,
contrairement à ce qu’en disent ceux qui n’ont pas compris sa pensée fulgurante
–, la présidence américaine transforme la réalité, voire l’inverse, pour
catégoriser le Bien et le Mal. Au départ, ce nihilisme rejetant même les lois
fondamentales de la nature et de la biologie, après avoir été une pensée
subversive engendrée dans les universités françaises et américaines, a fini par
gangrener des pans entiers de la pensée universitaire et finalement de
l’ossature des sociétés occidentales désormais attirées par le néant et portant
au pouvoir ses adeptes ou d’opportunistes politiciens.
C’est sans doute le résultat d’un matérialisme
exacerbé niant et refusant toute transcendance, comme Malraux l’agnostique nous
en avertissait, ajoutant que c’était la première fois dans l’Histoire qu’une
grande civilisation comme la nôtre devrait trouver sa « valeur suprême » à
moins de s’effondrer.
En citant le piège de Thucydide à Trump lors de
leur rencontre à Pékin, Xi Jing Ping lui avait indiqué avec malice que Pékin et
Washington renouvelaient la situation de la Grèce du Vème
siècle avant Jésus-Christ, la puissance montante d’Athènes supplantant la
puissance déclinante de Sparte.
[NdT. Le piège de Thucydide est un concept
géopolitique décrivant la situation dans laquelle une puissance dominante entre
en guerre contre une puissance émergente par peur de perdre sa suprématie. ].
Xi Jing Ping avait ensuite adouci ce constat
dramatique en proposant diverses mesures offrant un modus vivendi aux deux
puissances afin d’éviter un affrontement brutal en coopérant dans le respect
des intérêts légitimes réciproques.
On n’est pas certain que Donald Trump ait saisi
l’analogie !
La bascule se fait en faveur de l’Est et du Sud
de la planète, au-delà des tentatives dérisoires et tragiques des États-Unis
pour l’enrayer : ils n’ont pas pu soumettre l’Iran qui est donc gagnant, et les stratèges savent bien que les tentatives désespérées des États-Unis
pour reprendre l’affrontement sont vouées à un échec encore plus cuisant. L’Asie Occidentale voit l’Iran, n’ayant
jamais agressé en premier un autre pays et qui n’a fait que se défendre contre
des attaques criminelles, devenir la puissance centrale et modératrice
proposant aux pays du Golfe de sortir de la tutelle américaine pour bâtir des
coopérations équilibrées, dans l’esprit du pacte de non-belligérance entre
l’Iran et l’Arabie Saoudite signé sous l’égide de Pékin le 10 mars 2023,
l’Arabie semblant l’oublier à ses dépens.
Car la guerre qu’elle mène contre le Yémen
depuis 2015, initialement avec les Émirats, essayant d’y associer les
États-Unis et les membres du pacte de La Mecque (ceux-ci montrant leurs
réticences, à juste titre, tout en faisant des gestes hypocrites), devient une
défaite complète.[1]
En effet, Ansar’Allah, qui regroupe non
seulement les Houthis mais aussi beaucoup d’autres tribus yéménites, à la suite
d’une offensive éclair victorieuse, contrôle désormais 80 % des populations du
pays, la côte orientale de la mer Rouge et les îles commandant le détroit de
Bab El Mandeb, étroit accès à l’océan Indien, attendant que l’important verrou
de Taizz tombe comme un fruit mûr.
Les États-Unis et Israël ne peuvent venir au
secours de l’Arabie Saoudite comme le montre la retenue dont ils font preuve et
un Yémen réunifié sous la direction d’Ansar’Allah est probable à court terme.
C’est l’issue logique de la situation, les dirigeants yéménites Ansar’Allah offrant
aux tribus l’autonomie sur les terres qu’elles occupent depuis des temps
immémoriaux.
Avec cet allié aux qualités guerrières
légendaires, l’Iran peut proposer à tous les états de la région des
coopérations judicieuses pour tous qui excluent évidemment toute alliance avec
les États-Unis et Israël.
La résilience de l’Iran et du Yémen montre la
supériorité des forces spirituelles sur le matérialisme et la force brutale,
illustrant la pensée de Thucydide mise en exergue.
D’autant plus que la Chine et la Russie ne
cachent plus leur soutien économique, logistique et militaire à l’Iran et au
Yémen car ces deux puissances ont besoin d’une région stable pour des raisons
différentes.
Le retrait des troupes américaines d’Irak est le
début d’un retrait complet de la région, en dépit des manigances du
gouvernement de Bagdad mis en place par les États-Unis, et l’on voit que le
pays est devenu le cœur logistique et militaire de la résistance globale :
Russie et Chine passent par l’Irak pour l’approvisionnement et le soutien au
Yémen en informations satellites sur les positions des troupes, pour
l’approvisionnement en pièces détachées de drones, de radars divers, notamment
à infrarouge, ce qui va de pair avec le soutien à l’Iran. En outre, les milices pro- Iraniennes, comme les Hachd Al Chaabi, ont déjà
montré leurs importantes capacités militaires, qui sont appréciées par l’Armée
gouvernementale irakienne.
Ainsi le
basculement de l’équilibre des forces en Asie Occidentale s’opère
inéluctablement au détriment des fauteurs de guerres de la région, Israël et
les États-Unis.
Il est dommage de voir les dirigeants français
s’engager en Arabie Saoudite pour une cause perdue, de même quand ils
soutiennent un Liban subjugué par les mêmes forces maléfiques, un Liban qui
commet l’infamante faute de négocier avec l’occupant alors qu’il massacre
journellement les habitants de la zone qu’il occupe au sud du pays, copiant la
collaboration de Vichy avec l’Allemagne nazie. On sait ce qu’il est advenu de
ces traîtres.
Les
soubresauts actuels en Europe, et notamment en France, semblent être les signes
annonciateurs de la fin brutale du contrôle de l’oligarchie financière mondiale
confrontée à ses propres contradictions, son nihilisme et même son ignominie. Les patriotes de tous les pays doivent
reprendre leur destin en mains pour coopérer entre nations souveraines,
libérées de l’UE et de l’OTAN, s’enrichissant mutuellement de la diversité de
leurs patrimoines.
Le christianisme peut être, pour l’Europe de
l’Atlantique à Vladivostok, la « valeur suprême » préconisée par Malraux qui
empêchera le retour du matérialisme dissimulé derrière un libéralisme, devenu
ultra libéralisme, qui finit par transgresser toute éthique et conduire les
riches à opprimer les pauvres.
La visite en France du pape Léon XIV, extraordinaire
par l’engouement qu’elle a déchaîné dans les foules et les médias, croyants et
non-croyants, est un signe que le peuple, notamment sa jeunesse, attend une
métaphysique qui le protégera de ce matérialisme odieux et lui offrira
l’espérance d’un monde meilleur. Dans l’unité et la diversité, en échangeant
avec les autres religions monothéistes, notamment l’islam comme l’a notifié le
Pape à Paris, islam qui
n’est évidemment pas la caricature que les forces obscures en ont fait,
notamment la CIA, le MI 6, le Mossad et d’autres en créant, armant et finançant
les terroristes d’Al Qaïda, de Daesh, Isis ou autres sectes qui n’ont jamais
attaqué Israël ni soutenu la cause palestinienne, comme leurs soutiens
étatiques arabes.
Ces forces obscures se sont d’ailleurs
découvertes en mettant à la tête de la Syrie un coupeur de têtes notoire, lui
déroulant ensuite le tapis rouge à Washington comme à Paris.
André
Malraux à l’intellectuel serbe Komnen Becirovic :
« Jusqu’ici,
il n’y a que les religions qui aient fondé l’absolu des civilisations. Il
serait très imprudent de dire qu’une civilisation comme la nôtre ne pourra pas
trouver son absolu, puisque ce serait de la pure prophétie et que personne n’en
sait rien. Seulement, ce que nous pouvons dire de façon tout à fait sérieuse,
c’est qu’il n’y a pas d’autre exemple avant nous….
La nature
d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion, et le
phénomène que nous sentons très bien depuis que la machine est entrée en jeu
(pas la science, la machine), c’est la fin de ce qu’on pourrait appeler la
valeur suprême, avec en même temps quelque chose qui semble toujours la
rechercher.
Quand vous
prenez le mois de mai (68), que constatez-vous que font les étudiants ? Ils
vont inscrire des phrases, des mots, des lettres sur les murs. Or, bien
entendu, ce que faisaient les religions, ce n’était pas d’inscrire des lettres
sur les murs, c’était d’inscrire des choses dans le cœur des hommes. Et vous
sentez bien le décalage. Notre civilisation, dans la mesure où elle est la
première qui soit, mettons, une civilisation agnostique, qui ne soit pas une
civilisation religieuse, pose, d’une façon plus brutale que n’importe quelle
autre, le problème de la religion. »
Par Alain Corvez (10 octobre 2026)
conseiller en stratégie internationale
[1] La
guerre épuise l’économie saoudienne et creuse le déficit budgétaire du pays
- Les
attaques des Houthis contre les aéroports saoudiens ont porté un coup dur aux
projets d'investissement du Royaume.
- Opérations
de représailles d'Ansarullah : le Yémen frappe des aéroports saoudiens
H. Genséric
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COMMENTAIRE
⇺ une cité¹ : C'est-à-dire
une ville, avec un territoire limité, qui forme un État indépendant des autres
cités (qui ne s'autodésignaient pas Grecs) chacune définissant sa propre
identité sur sa propre mythologie.
⇺ [*] : Sans vouloir manquer
de respect à qui que ce soit ni à quelle religion que ce soit, mais il n'en
demeure pas moins qu'on croirait lire le livre saint le plus vendu de tous les
temps, mais néanmoins le moins lu : Désirs charnels et autres incestes y
foisonnant.
« Le christianisme peut être, pour
l’Europe de l’Atlantique à Vladivostok, la « valeur suprême »
Faudrait-il pour cela que ce
christianisme soit la manière d'être et de vivre en accord avec la parole de
Jésus Christ, sinon si c'est ce christianisme imposé par l'église apostolique romaine⁵
qui a détourné la parole émancipatrice - et révolutionnaire, dixit feu hugo
Chavez - de Jésus afin de l'utiliser à contrario pour se réapproprier de ses
cendres « la domination impériale la plus exclusive jusque dans l'intimité des
cœurs et le secret des âmes », très peu pour l'humanité bien comprise.
⇺ l'église apostolique
romaine⁵ : Pas encore catholique, l'usage du terme « catholicisme » verra le
jour au 16e siècle pour marquer la différence avec les confessions protestantes
au sein de la chrétienté européenne.
Homo Sapiens

Pfffffff BULLSHIT ! Essayez donc de le vérifier avec la Corée du Nord pour commencer........LE nucléaire est LE REMPART !
RépondreSupprimerPage 1/2
RépondreSupprimerUne petite, mais non moins importante observation du point de vue historico-mythologique :
« la puissance montante d’Athènes supplantant la puissance déclinante de Sparte «
Au Vème siècle avant Jésus-Christ, Athènes était une cité¹ indépendante de Sparte - et d'autres - avec ses propres alliances (qu'elle changeait comme on change de chitons, pour ne pas dire de chemises) tout comme Sparte était une cité¹ indépendante avec ses propres alliances (qu'elle changeait comme on change d'exomides, pour ne pas dire de chemises).
Idem pour les autres.
⇺ une cité¹ : C'est-à-dire une ville, avec un territoire limité, qui forme un État indépendant des autres cités (qui ne s'autodésignaient pas Grecs) chacune définissant sa propre identité sur sa propre mythologie.
Pour les Athéniens, par exemple, mythologie dont le commencent est le désir irrépressible de Héphaïstos (fils de Zeus et d'Héra) pour Athéna (fille de Zeus et de Métis) qu'il tenta de violer sans succès, mais (pour résumer) dont une goutte de sperme qui tomba sur la jambe d'Athéna glissa sur la terre qui féconda cette semence divine - car Héphaïstos, le violeur, est un dieu parmi les dieux, la déesse Athéna étant donc sa demi-sœur[*] - qui donna naissance au premier athénien appelé Erichthonios² qui sera élevé par la vierge Athéna.
C'est à partir du Vème siècle avant Jésus-Christ que cette légende acquière le statut de roman historique, fondateur de la communauté athénienne ou Érechthéide.
⇺ [*] : Sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit ni à quelle religion que ce soit, mais il n'en demeure pas moins qu'on croirait lire le livre saint le plus vendu de tous les temps, mais néanmoins le moins lu : Désirs charnels et autres incestes y foisonnant.
⇺ Érichthonios² : Il est une figure dans d'autres mythologies, par exemple : :
Il est fils de Dardanos et de Batia, un roi mythique de Dardanie (dans les Balkans).
Il est l'un des ancêtres d'Hector et Énée, héros troyens.
Etc…
Pour les Spartes, autre mythologie, celle du mythe de Cadmos (Kadmos)³ :
Les Spartes (Spartoí) sont nés des dents d'un dragon tué par Kadmos et semés en terre sur les conseils d'Arès⁴, fils de Zeus et de Héra.
Sortis armés du sol, ils s'entretuèrent à l'exception de cinq d'entre eux, qui aidèrent Kadmos à fonder Thèbes.
Mythologies différentes, vision de l'État différente, mode de vie,… différents, mais c'est quand même l'antique "Grèce" !
On sait les oppositions entre ces cités-États, mais on s'obstine à parler de « la situation de la Grèce du Vème siècle avant Jésus-Christ « tout en parlant d'« une puissance montante, Athènes, supplantant une puissance déclinante, Sparte ».
Si la Grèce êtait présentée comme une région, ça passerait.
Page 2/2
RépondreSupprimer⇺ Cadmos (Kadmos)³ : Un des fils d'Agénor, roi de Tyr, en Phénicie. il est, toujours selon la mythologie, le fondateur de la cité de Thèbes, en Béotie.
Il lui est attribué l'introduction en "Grèce" de l'alphabet phénicien.
D'après l'historien Jon Christian Billigmeier, le mythe de Kadmos aurait pour origine une immigration sémitique en "Grèce".
(Celles et ceux qui ont lu mon commentaire sous l'article « Art, commerce et pouvoir d'État au cœur de la route de la soie » auront fait le lien)
Hérodote, aurait rapporté que Kadmos a vécu environ 1600 ans avant lui, soit vers -2000.
⇺ Arès⁴ : Figure dans d'autres mythologies, par exemple :
Il est un des dieux Scythes, peuples iraniens.
Idem en Kolchis, aujourd'hui région géorgienne.
Etc…
« Le christianisme peut être, pour l’Europe de l’Atlantique à Vladivostok, la « valeur suprême »
Faudrait-il pour cela que ce christianisme soit la manière d'être et de vivre en accord avec la parole de Jésus Christ, sinon si c'est ce christianisme imposé par l'église apostolique romaine⁵ qui a détourné la parole émancipatrice - et révolutionnaire, dixit feu hugo Chavez - de Jésus afin de l'utiliser à contrario pour se réapproprier de ses cendres « la domination impériale la plus exclusive jusque dans l'intimité des cœurs et le secret des âmes », très peu pour l'humanité bien comprise.
⇺ l'église apostolique romaine⁵ : Pas encore catholique, l'usage du terme « catholicisme » verra le jour au 16e siècle pour marquer la différence avec les confessions protestantes au sein de la chrétienté européenne.
Hormis cela,
⇛ « Un des biais cognitifs les plus catastrophique pour le jugement du citoyen lambda est l'effet de vérité illusoire.
En 1977, des chercheurs américains de Pennsylvanie ont, après moultes expériences, découverts que des affirmations répétées deviennent un peu plus vraies à chaque répétion.
En effet, ils ont démontré qu'à force de répétitions, des paroles deviennent imperceptiblement familières et sont donc perçues par le cerveau comme étant un peu plus vraies à chaque répétition jusqu'à être pleinement acceptées comme vérité.
Goebbels n'a rien inventé, il l'a compris à l'instar de beaucoup avant lui et après lui, comme la publicité, par exemple, et les politiques »
lespritcritique.
Homo Sapiens
Pour la FIN de cet EMPIRE......Comme dirait Mitterrand "" Dans un siècle peut-être, et encore.......?""
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