mercredi 8 août 2018

Trump est « l’idiot utile » d’Israël

Aux dires de nombreux néo-conservateurs, Israël et les Etats-Unis, marcheraient main dans la main au Moyen-Orient à cause de leurs intérêts stratégiques identiques mais cela est démenti par le fait que les Israéliens s’empressent d’ignorer Washington dès que cela leur convient. L’argument des intérêts identiques – mis en avant principalement par les médias sionistes et un Congrès sous l’emprise des lobbies – a toujours été trompeur et ne sert qu’à rendre plus acceptable aux yeux du public américain la relation bancale que son pays entretient avec ce régime d’apartheid raciste. Dans le contexte des tueries de Gaza et de la législation en voie d’être adoptée par la Knesset, qui autorisera les communautés israéliennes à exclure les résidents non-juifs, cet argument manque totalement de crédibilité.

La plupart des amis d’Israël en Amérique seraient probablement surpris d’apprendre que le Premier ministre Benjamin Netanyahou est déjà venu trois fois en visite à Moscou cette année, dans le même temps où la Russie faisait quotidiennement l’objet d’une campagne de calomnies de la part des médias dominants. Les raisons de cette russophobie sont à chercher au-delà du rôle que Moscou aurait, ou n’aurait pas joué dans les élections de 2016. Ce pays est devenu la cible de l’hostilité d’un nombre croissant de fondations néo-conservatrices, qui ont en commun d’être liées à Israël, et de recevoir leurs subventions de marchands d’armes, conditionnant ainsi leur survie financière à la puissance de leur ennemi.  Cette capacité de double jeu dont font preuve Israël et ses supporters, au détriment des intérêts américains, est un sujet qui doit nous préoccuper.
L’importance de l’engagement de l’armée américaine en Syrie est en partie due aux pressions exercées par Israël, qui cherche à destituer l’actuel président Bachar al-Assad et à substituer à l’État syrien unifié un pouvoir émietté, sous forme de juridictions locales fragmentées, représentant différentes communautés tribales et religieuses. Israël est persuadé qu’une Syrie éclatée menacerait moins la poursuite de sa politique d’accaparement de terres sur le plateau du Golan et lui offrirait même l’opportunité d’élargir cette occupation.
Dans le droit fil des intérêts israéliens, les États-Unis ont cherché à provoquer un changement de régime en Syrie et se sont amusés à créer à l’intérieur du pays des mini-Etats contrôlés par les Kurdes et des groupes « rebelles » soi-disant modérés. Un jeu qui aurait dû signer la fin de la Syrie en tant que nation, objectif poursuivi par Israël depuis 1967. Israël ne s’est pas privé d’attiser le feu dans la guerre en s’attaquant à des cibles à l’intérieur même de la Syrie – visant généralement des forces «iraniennes» ou du «Hezbollah » – mais qui ont aussi visé des installations de l’Armée gouvernementale syrienne. Une de ces attaques a eu lieu la semaine dernière (1ère semaine de juillet 2018, Ndlr), en riposte à la prétendue incursion d’un drone au-dessus du territoire israélien.
Israël a également collaboré avec des groupes « rebelles » en Syrie, dont certaines ramifications d’al-Qaïda et de l’État Islamique, ce qui embarrasse Washington dans la mesure où la défaite de l’État Islamique et des autres groupes terroristes est la raison prioritaire invoquée par l’Administration pour justifier sa présence en Syrie. Au cours d’un épisode rocambolesque, l’État Islamique s’est littéralement excusé auprès d’Israël pour s’être attaqué sans le vouloir à des positions israéliennes sur le plateau du Golan.
La détermination d’Israël à jouer sur les deux tableaux dans le conflit syrien l’amène à attribuer à la Russie plutôt qu’aux États-Unis un rôle décisif dans l’issue politique du conflit qui se dessine. En plus d’affaiblir et de fragmenter la Syrie, l’objectif clairement assumé d’Israël a été de réduire, voire d’éliminer, la présence iranienne dans la région, objectif que, de façon hyperbolique, Netanyahou qualifie de « très important pour la sécurité nationale de l’État d’Israël ».
Les visites de Netanyahou en Russie peuvent être interprétées comme autant de tentatives d’obtenir le soutien des Russes pour repousser l’Iran. Une tâche considérée comme digne de Sisyphe dans la mesure où l’Iran est, au même titre que la Russie, présent en Syrie parce qu’il y a été invité par le gouvernement légitime de ce pays et que son intervention a également été décisive dans la réussite de la contre-offensive menée par Damas. Mais leurs rôles restent clairement distincts : l’engagement de Moscou a été limité et essentiellement technologique, alors que l’Iran a apporté 80 000 de ses fantassins dans le conflit. La Russie préfèrerait que la Syrie ne devienne pas un territoire sous contrôle iranien à la fin des hostilités.
Courtisé à la fois par l’Iran et par Israël, le président Vladimir Poutine a reçu la semaine dernière les visites consécutives de Netanyahou et du principal Conseiller en relations internationales du Guide de la République Islamique d’Iran, Ali Akbar Velayati.
Netanyahou a ouvertement tenté d’expliquer à Poutine en quoi une importante présence iranienne dans la future Syrie serait indésirable et même dangereuse. Il a plaidé en faveur de la restauration d’une zone démilitarisée supervisée par les Nations Unies le long du plateau du Golan et d’un retrait complet de l’armée iranienne. Dans leur réponse, les Russes ont  laissé entendre qu’ils soutiendraient une présence militaire iranienne à des « dizaines de kilomètres » au-delà de la frontière israélienne, mais Poutine a clairement dit aussi que la Syrie serait réunifiée sous l’autorité de son propre gouvernement de Damas, les Iraniens étant appelés à participer à la reconstruction et à la défense du pays. Netanyahou est reparti sans avoir obtenu ce qu’il demandait, mais l’échange avec une Russie bien disposée à son égard devrait se poursuivre. Des visites ultérieures sont à prévoir.
De leur côté, les Iraniens ont à régler une question plus vaste : empêcher les sanctions américaines à l’encontre de leur industrie pétrolière. Ils ont obtenu de Poutine la garantie que la Russie continuera d’investir dans le développement du pétrole iranien et de coopérer avec eux pour stabiliser la Syrie et en chasser les derniers prétendus « rebelles ». La Russie exportant de l’énergie, l’achat de pétrole iranien n’était pas à l’ordre du jour, mais on a appris que Velayati était en route pour la Chine afin de demander à Pékin de poursuivre ses achats de pétrole malgré la menace des sanctions annoncées par Washington à partir du 4 novembre.
Quoi que l’on pense du conflit syrien et de la partition qu’y joue Washington, son ralliement à la stratégie globale voulue par Israël à contribué à mettre l’Amérique à l’arrière-plan au profit de la Russie, «l ‘ennemi du jour ». Dans la nouvelle administration de Washington, les Israéliens ont trouvé ce que Lénine appelait un « idiot utile » prêt à soutenir tout ce que Netanyahou propose, tout en lui laissant carte blanche pour mener ouvertement des négociations avec Moscou, qui à terme sapent l’influence américaine dans la région.
Le récent commentaire de Donald Trump annonçant que les États-Unis pourraient quitter complètement la Syrie d’ici la fin de l’année laisse penser qu’il envisage de changer la donne et refuse de continuer d’être le pigeon au service des visées régionales d’Israël. Peut-être bien aussi que la Maison Blanche a finalement pris conscience que, quelle que soit l’issue du conflit, la poursuite de son engagement en Syrie ne lui apporterait rien de bon.
Ancien spécialiste du contre-terrorisme et officier du renseignement militaire de la CIA, Philip Giraldi a travaillé dix-neuf ans à l’étranger, en Turquie, en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il a été Chef de l’agence de la CIA pour les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 et a été l’un des premiers Américains à entrer en Afghanistan en décembre 2001. Il dirige actuellement le Council for the National Interest, groupe de défense des intérêts américains basé à Washington qui cherche à encourager et promouvoir une politique étrangère américaine au Moyen-Orient compatible avec les valeurs et les intérêts du peuple américain.
Publié le 16 juillet 2018 sous le titre Trump Is Israel’s “Useful Idiot”
Traduit par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

3 commentaires:

  1. Med Le BON

    16:05
    Non ! Ils sont de la meme école, Trump a été sevré très tôt par le KKK (père et mère sont des chevaliers du Klan), quant à israhell, le Talmud falsifié, avec son contenu outrageusement raciste, est leur doctrine de base.
    Les deux ont en commun le ''RACISME'' dans le sang, la haine, l'arrogance et la cupidité. Ce qui est certain, l'un finira par baiser et liquider l'autre.

    RépondreSupprimer
  2. Si Trump avait refusé d'obéir aux sionistes il serait sûrement déjà mort.

    RépondreSupprimer
  3. Hannibal,
    On peut avoir une mère & et un père racistes et ne pas l'être soi-même. Tous les témoignages des gens qui ont travaillé très près de Trump confirment qu'il n'a jamais fait preuve de racisme.
    -*-

    RépondreSupprimer

Les commentaires provenant d'"inconnus" (Unknown) ne seront pas pris en compte.