jeudi 9 août 2018

Le Pakistan vers une alliances avec l'Iran et la Turquie



Lors d’une réunion tenue ce samedi 4 août avec l’ambassadeur iranien à Islamabad, Imran Khan, le nouveau Premier ministre pakistanais, a remercié le président iranien Hassan Rohani pour son message amical et a transmis ses chaleureuses salutations à la nation iranienne, a rapporté l’agence de presse IRNA.

Le nouveau dirigeant pakistanais a souligné l’existence de plans spéciaux visant à renforcer les liens avec l’Iran, affirmant que rien ne pouvait entraver l’interaction d’Islamabad avec Téhéran.

Il a déclaré à Mehdi Honardoost, l’ambassadeur iranien, que la croissance de l’économie nationale était sa priorité absolue, tout en exprimant son souhait de se rendre en Iran et de visiter ses sites historiques.
Résultat de recherche d'images pour "imran khan"
Imran Khan
Insistant sur le fait que son pays avait désespérément besoin d’énergie, Imran Khan a indiqué que son gouvernement accorderait la priorité aux coopérations avec l’Iran dans ce domaine.
Pour le Premier ministre pakistanais, la fin des conflits régionaux, qui ne pourront être résolus que par dialogue, conduira à un accroissement des coopérations entre les États de la région.
Exprimant l’espoir que les relations entre l’Iran et le Pakistan se renforceraient au cours du mandat d’Imran Khan, l’ambassadeur iranien a, à de son côté, déclaré que tous les voyants étaient au vert pour la coopération et le partenariat avec le Pakistan.
Mehdi Honardoost a déclaré que l’Iran souhaitait renforcer le commerce avec Islamabad et que le projet de gazoduc Iran-Pakistan pourrait changer l’avenir du Pakistan.
Imran Khan, ancien joueur de cricket pakistanais, et son parti, Tehreek-e-Insaf, ont remporté les élections législatives tenues le mercredi 25 juin pour élire les membres de la 15e Assemblée nationale et des quatre assemblées provinciales.
Analyse
Le Pakistan et l’Iran sont deux nations islamiques puissantes dotées d’armées de grande taille, bien équipées et capables et, dans le cas du Pakistan, appuyées par un arsenal nucléaire.
Le Pakistan a été victime de nombreuses ingérences extérieures pendant des décennies, principalement par les États-Unis, mais aussi par des infiltrés indiens et israéliens. Ces dernières années, l'armée pakistanaise, qui dirige le pays depuis une quarantaine d'années. , a eu une relation amicale avec l'Arabie Saoudite.
Tout cela risque de prendre fin, Imran Khan étant au pouvoir, fera de son mieux pour mettre un terme à ces influences indésirables. Une étape importante vers cet objectif consiste à forger de nouvelles alliances afin de renforcer la position du Pakistan et de renforcer sa sécurité.
L’Iran voisin est un choix naturel pour une alliance car tous les deux  sont amèrement opposés aux influences américaines, israéliennes et saoudiennes dont le Pakistan cherche à se libérer. Une alliance politique et militaire entre ces deux pays créerait un formidable bloc de pouvoir dans la région, qui serait mieux à même de résister à l’influence étrangère néfaste que l’une ou l’autre de ces nations ne pourrait contrer seule.
En plus des premières démarches pour établir un dialogue avec l’Iran dans le but d’une éventuelle alliance stratégique, Imran Khan communique avec le gouvernement turc avec des intentions similaires en vue de resserrer les liens et d’étudier une éventuelle alliance.
C'est une très mauvaise nouvelle pour les États-Unis, Israël et les Saoudiens, car une alliance Pakistan-Iran-Turquie leur offrirait un ennemi redoutable. Trois forces militaires puissantes, modernes et capables de prendre le dessus sur les forces américaines, israéliennes et saoudiennes.
Alors que l'armée syrienne atteint à nouveau son niveau de capacité et de main-d'œuvre qu'elle possédait il y a dix ans (avant la guerre ruineuse menée par les hordes islamistes), les choses ne semblent pas très bonnes pour «l'axe du mal» américano-israélo-saoudien [1], leur projet ISIS ayant complètement échoué en Syrie et en Irak et il semble y avoir peu de perspectives d'un nouveau conflit par procuration dans les deux pays, car les Kurdes et les Turcs, tous deux courtisés en tant que nouvelles forces de substitution, semblent maintenant réticents à s'engager dans d'autres conflits.
Résultat de recherche d'images pour "carte pakistan Iran Turquie"Une alliance Pakistan-Iran-Turquie bénéficierait probablement du soutien de la Russie et de la Chine alors que les trois anciennes nations forment le flanc sud de la masse continentale euro-asiatique Russie-Chine et qu'il serait dans l'intérêt de la Russie et de la Chine d’avoir des États tampons stables et indépendants le long de leurs frontières méridionales. Un autre facteur qui rend une telle alliance attrayante pour la Russie est l’influence stabilisatrice qu’elle pourrait exercer sur les États d’Asie centrale, en Afghanistan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan et au Turkménistan, qui sont tous vulnérables à une attaque de type « changement de régime » de la part de l’Axe du Mal,  qui est aussi susceptible de susciter des conflits similaires à ceux entre l'Ukraine et le Donbass, ou bien à leurs efforts de déstabilisation actuels en Biélorussie. Toutes ces actions demeurent une préoccupation majeure pour la Russie.
Du point de vue chinois, deux autres facteurs pourraient rendre une alliance entre le Pakistan, l’Iran et la Turquie attrayante. D'abord. Il y a la rivalité et l'antipathie de longue date avec l'Inde. Un Pakistan fort et puissant serait considéré par Pékin comme hautement souhaitable en tant que contrepoids à l'Inde. Deuxièmement, le projet de la nouvelle route de la soie est considéré par la Chine comme très important pour ses perspectives économiques et stratégiques futures. La nouvelle route de la soie ne constituerait pas seulement une route commerciale de grande valeur avec la Russie, l’Asie centrale et l’Europe, elle pourrait aussi être utilisée comme un axe militaire stratégique. Elle constituerait une «ligne intérieure» vitale entre la Russie et la Chine.
Résultat de recherche d'images pour "pacte de bagdad" Faire en sorte que le Pakistan, l’Iran et la Turquie forment une alliance apporterait une sécurité stratégique essentielle à la nouvelle route de la soie, que ce soit sous forme de frappes militaires, de changements de régime, de terrorisme ou de guerre économique sous forme de sanctions  contre les États d’Asie centrale. Ironie et retournement de l’Histoire : dans les années 50 du siècle dernier, les Anglo-sionistes ont créé le « pacte de Bagdad » pour établir un barrage entre l’URSS d’une part, le Moyen-Orient et les mers chaudes d’autre part [2].  
Compte tenu de toutes ces ramifications géopolitiques potentielles, il est clair qu’une alliance Pakistan-Iran-Turquie servirait au mieux non seulement les intérêts de ces trois pays, mais aussi ceux de la Russie et de la Chine, et en même temps, serait une amère pilule pour les  ambitions de l’axe du mal US-Israël-Saoudien, notamment au Moyen-Orient et en Asie centrale.
Par conséquent, nous ne pouvons qu'espérer que les premières tentatives d'Imran Khan pour former une telle alliance portent leurs fruits; De plus, nous sommes parfaitement conscients qu'il fera face à une opposition sévère. On ne peut qu'espérer que Moscou et Beijing réalisent le grand potentiel du plan stratégique de Khan et font tout leur possible pour protéger Khan des ingérences américano-israélo-saoudiennes. 

NOTES
[2] Le Pacte de Bagdad, dont le nom officiel est : « Traité d’organisation du Moyen-Orient », a été fondé le 24 février 1955 entre l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni, rejoints par les États-Unis en 1958. Il sera rebaptisé « Organisation du Traité central » (Central Treaty Organisation) ou CenTO, après le retrait irakien le 24 mars 1959.
Le Pacte de Bagdad — et le Cento après lui — fait partie des alliances internationales du camp occidental dans le contexte de la Guerre froide. Son but était de « contenir » (politique américaine du containment) le communisme et l’Union soviétique en ayant une ligne d’États alliés à sa frontière sud et sud-ouest.
Sources : PressTv, VT
Hannibal GENSÉRIC


1 commentaire:

  1. Bravo, là ces pervers sionistes vont ce prendre une bonne leçon de plus!!

    RépondreSupprimer

Les commentaires provenant d'"inconnus" (Unknown) ne seront pas pris en compte.