lundi 14 mai 2018

Après l’Iran, Trump s’attaque au Pakistan, pays disposant d’armes nucléaires


Les «tocsins de la guerre» sonnent aujourd'hui dans le monde entier après qu’une nation disposant d’armes  nucléaires, le Pakistan, ait arrêté l'un des plus grands espions de la CIA opérant sous couverture d'immunité diplomatique, et sous le nom de colonel Joseph Emanuel Hall, attaché de défense et de l'air à l'ambassade américaine. Le Pakistan compte le détenir dans le pays jusqu'à l'expiration de son immunité diplomatique à la fin de ce  mois, après quoi il sera arrêté, emprisonné, jugé et probablement exécuté pour meurtre.

Cet épisode est la « goutte qui fait déborder le vase » dans la crise sévère entre les États-Unis et le Pakistan, qui  a atteint des profondeurs si désastreuses que le Pakistan a mis en danger de mort de tous les diplomates américains dans leur pays en leur interdisant d’utiliser des vitres teintées sur leurs véhicules officiels, les exposant ainsi à des attaques terroristes.
Exceptionnellement  nul en politique internationale, Trump, alias Cretinho, a réussi à transformer en ennemis de l'Amérique les plus puissants ex alliés du Moyen-Orient : la Turquie et le Pakistan.

Le Pakistan et des États-Unis sont au bord de la guerre
sur le sort du haut officier de la CIA, le colonel Joseph Emanuel Hall
Pendant que le peuple américain a été inondé cette année d'histoires hystériques sur le programme nucléaire imaginaire de l'Iran, et sur le programme nucléaire «débutant» de la Corée du Nord, le président Donald Trump, alias Crétinho,  n'a rien trouvé de mieux que de rajouter, en ce 1er janvier 2018, le Pakistan sur la liste des pays qu'il menace d’attaquer militairement. Or le Pakistan, dont le programme nucléaire est «adulte et réel», possède au moins 130 ogives atomiques de plusieurs mégatonnes, ainsi que les systèmes ICBM capables de les livrer à leurs cibles. Trump avait déclaré: "Les États-Unis ont bêtement donné au Pakistan plus de 33 milliards de dollars d'aide au cours des 15 dernières années, et le Pakistan ne nous a donné en retour que mensonges et tromperies. Il donne un refuge sûr aux terroristes que nous chassons en Afghanistan. Cela suffit!"
Tout en poussant le Pakistan dans les bras de la Chine, les États-Unis ont en outre forcé l'Arabie Saoudite à entrer sous la coupe d'Israël. En agissant ainsi, les États-Unis cassent l’alliance   Pakistan/Arabie Saoudite, dont l'une des premières conséquences majeures a été le refus du Pakistan d'envoyer ses troupes pour aider l'Arabie Saoudite dans sa guerre d’extermination au Yémen.
Or, le Pakistan est la deuxième plus grande nation islamique du monde, après l'Indonésie. Sa population, en très grande majorité sunnite, en a fait un allié naturel de la nation sunnite d'Arabie Saoudite. Mais avec le partage d'une frontière commune avec l’Iran chiite, le Pakistan a toujours entretenu des relations pacifiques et amicales avec l'Iran. Le fait qu’à la fin mois dernier,  l'Arabie Saoudite ait reconnu (à nouveau [1]) le droit d'Israël à exister , a cassé le lien privilégié Pakistan / Arabie.
Face (1) aux États-Unis coupant toute son aide au Pakistan, (2) à Trump déchirant l’accord international sur le nucléaire iranien, et (3) à l'Arabie saoudite formant une alliance "impie" avec Israël,  le Pakistan a été poussé à bout.  
Selon le vieux proverbe qui dit que «l'ennemi de mon ennemi est mon ami», les États-Unis ont effectivement réussi, pour la première fois depuis longtemps, à unir une grande nation musulmane sunnite, le Pakistan, et une grande nation chiite, l'Iran. Comme par ailleurs, la Russie soutient l'Iran, et la Chine soutient le Pakistan, on pourrait se demander quelles seraient les conséquences si les États-Unis attaquaient le Pakistan ou l'Iran.
Ainsi donc, en à peine une année, Cretinho a réussi l’incroyable performance de reconstituer l’ancien « Pacte de Bagdad » contre un ennemi commun : les États-Unis

Résultat de recherche d'images pour "pacte bagdad"L’ancien Pacte de Bagdad, dont le nom officiel est : « Traité d’organisation du Moyen-Orient », a été fondé le 24 février 1955 entre l’Irak, la Turquie, le Pakistan, l’Iran et le Royaume-Uni, rejoints par les États-Unis en 1958. Le Pacte de Bagdad faisait partie des alliances internationales du camp occidental dans le contexte de la Guerre froide. Son but était de « contenir » (politique américaine du containment) le communisme et l’Union soviétique en ayant une ligne d’États alliés à sa frontière sud et sud-ouest.

Ironie de l’Histoire, ce « nouveau pacte de Bagdad », groupant les pays taxés d'"ennemis" par Trump (Pakistan, Iran, Irak, Turquie) serait sous la houlette du binôme Russie/Chine, et serait destiné à contrer les interventions militaires et autres menées par l'Occident israélien, et financées en grande partie, par la stupide Arabie Saoudite.
Agissant donc rapidement pour consolider sa nouvelle alliance avec l'Iran, le Pakistan s'apprête à un échange de devises avec les Iraniens, en supprimant le dollar américain dans leur commerce bilatéral. Les deux pays ont également repris les discussions sur le projet de gazoduc entre l'Iran et le Pakistan qui fournira aux Pakistanais des approvisionnements en énergie presque illimités et bon marché pendant des décennies.
Les dirigeants iraniens et pakistanais célèbrent la formation
d'une nouvelle alliance contre l'Amérique
Face à cette nouvelle alliance Pakistan-Iran en pleine croissance, les États-Unis ont, la semaine dernière, mis en place une interdiction de voyager sévère pour tous les diplomates pakistanais, leurs femmes et leurs enfants, les empêchant de voyager à plus de 25 miles de leur ambassade et consulats. Le Pakistan y riposta en interdisant également aux diplomates américains et à leurs familles, de voyager.
Avec les actions des Américains contre le Pakistan consistant à déverser "l'essence sur le sol" de tout le Moyen-Orient, l'histoire a toujours montré que tout ce qu'il faut pour "enflammer une tempête" il suffit d’une "étincelle". C’est ce que les États-Unis eux-mêmes ont fourni de façon inattendue quand le colonel Joseph Emanuel Hall, officier de la CIA, s'est saoulé, a conduit son véhicule de l'ambassade américaine, brûlé un feu rouge et a tué trois civils pakistanais innocents dont un jeune homme de 22 ans. Le Pakistan ne lui permettra pas de quitter le pays. Il sera jugé, et comme tout un chacun dans ce cas au Pakistan, il sera probablement condamné à mort pour son crime ignoble. Mais les États-Unis ont l’habitude d’empêcher cela, partant du fait qu’ils sont, comme Israël, au-dessus de toutes lois locales ou internationales. Avec le « Nouveau Pacte de Bagdad », ils auront beaucoup à faire.

NOTES

[1] Origines de la connivence wahhabisme-sionisme

Les origines juives de la dynastie des Saouds

Le roi Fayçal Ibn Abd el-Aziz (1906-1975), frère et successeur d’Ibn Séoud, déclara au Washington Post (édition du 17 septembre 1969) : « Nous, la famille saoudienne, sommes les cousins des Juifs ; nous sommes en désaccord total avec tout Arabe ou toute autorité islamique qui se montre hostile aux Juifs. Nous devons au contraire vivre en paix avec eux. Notre pays est le sommet de la fontaine d’où les Juifs ont émergé, puis leurs descendants se sont répandus à travers le monde. » Les historiens officiels de la dynastie saoudienne affirment pourtant que cette famille descend directement du Prophète, alors que le roi Fayçal reconnaît implicitement qu’ils sont juifs…

3 janvier 1919 : l’accord Fayçal-Weizmann ou la naissance d’une coopération officielle sionisme-wahhabisme

Sionisme / Wahhabisme :  Weizman à gauche et Fayçal à droite

Hannibal GENSERIC






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