jeudi 31 mai 2018

La Turquie fermera-t-elle la base aérienne d'Incirlik?


Selon le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, Ankara a le droit d'empêcher les États-Unis d'accéder à la base aérienne d'Incirlik, à cause de la politique hostile de Washington.

«Nous essayons de remettre sur les rails les relations avec les États-Unis pour qu'elles se normalisent, les États-Unis doivent faire des démarches concernant Manbij, l'extradition de Gülen, et il y a d'autres problèmes encore. Lorsqu'il est question de cela, le peuple nous dit: "Fermez les bases d'Incirlik, de Kürecik". Nous avons encore d'autres atouts à notre disposition. Les États-Unis ne doivent pas perdre un allié comme nous. Nous nous attendons à ce que les États-Unis se dédisent de leurs actes erronés», a-t-il indiqué dans une interview à la chaîne de télévision A Haber.
Cependant, il a souligné que la Turquie a une feuille de route coordonnée avec les États-Unis pour résoudre le problème de Manbij.
"Mais s'il n'y a pas d'espoir à la fin, la Turquie sera en mesure de démontrer sa force. Nous sommes un pays indépendant et nous prendrons des mesures d'une manière ou d'une autre à notre discrétion ", a-t-il dit.
Résultat de recherche d'images pour "base incirlik turquie"La Turquie a accusé à plusieurs reprises les États-Unis d'avoir violé sa promesse de retirer les combattants kurdes des unités de protection du peuple (YPG) de la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie. Les formations de YPG ont capturé la ville des terroristes de l'EI en juin 2016.
Les YPG sont la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu’Ankara et Washington considèrent comme une organisation terroriste. Bien que Washington reconnaisse le PKK comme une organisation terroriste, il soutient et coopère directement avec les YPG en Syrie. Cela a été une raison fondamentale pour laquelle les relations entre Washington et Ankara se sont effondrées ces dernières années en dépit du fait d'être non seulement des alliés de l'OTAN, mais ils en sont les plus importants.
Les tensions ont également culminé en octobre lorsque la Turquie a arrêté un fonctionnaire du consulat américain pour des liens présumés avec le religieux exilé Fethullah Gulen [1], auquel Ankara reproche d’avoir fomenté la tentative de coup d’État de 2016. La Turquie a critiqué les États-Unis pour avoir refusé d'extrader Gulen. D'autres gouvernements occidentaux ont critiqué la Turquie pour sa répression après le coup d'État.
Le gouvernement turc tient aussi officieusement les États-Unis directement responsables de la tentative de coup d’État [2], qui relie Gulen à la protection des États-Unis dont lui et son groupe bénéficient encore. En 2016, la Turquie a entamé une évolution historique dans son orientation, qui était aussi une expression de sa propre puissance et de son rôle en tant qu'hégémonie régionale.
Les États-Unis ont longtemps cherché à utiliser la Turquie comme un rempart de protection contre la Russie. Mais il n'y a aucune chance que cela  soit réalisé. Depuis la tentative de coup d’état, au cours de laquelle Poutine a sauvé la mise à Erdogan [3], la Turquie a tourné casaque et tente de sortir de la sphère américaine. Depuis lors, nous avons assisté à une intensification de la coopération turco-russe sur divers sujets, des marchés de l'énergie à la résolution finale du conflit en Syrie.


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Hannibal GENSÉRIC

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