vendredi 11 mai 2018

"Islamo-gauchistes" : une insulte ou un honneur ?

Chaque jour des musulmans sont assassinés. Dans les pays dévastés par les guerres de l'occident et ses complices, par les terroristes qu'elles ont engendré. D'autres meurent sous les balles du régime israélien. En France certains, parlant au nom d'une puissance étrangère, prêchent la guerre civile, accusant les musulmans des pires maux en les associant à une "gauche radicale" fantasmée.
Il est vrai que ceux qui s’opposent aux massacres, aux guerres, au racisme, dont sont victimes les musulmans, se retrouvent le plus souvent (mais heureusement pas seulement ! ) chez ce qui reste "de gauche" dans notre pays (France Insoumise, PCF, NPA ...) ce qui leur vaut ce qualificatif censé être une insulte "d’islamo-gauchistes".

Il est tout aussi vrai que ce sont souvent les mêmes qui s’opposent à la politique d’extrême-droite israélienne de colonisation, d’occupation, d’apartheid, de massacres ... ce qui leur vaut cette fois l’accusation infamante de "nouvel antisémitisme".
Et voilà donc habillée pour l’hiver cette "gauche radicale" fantasmée qui ne fait pourtant rien d’autre que défendre les valeurs de la République.
Et par qui ? Par les signataires d’un "manifeste" qui regroupe les politiciens qui se partagent le pouvoir depuis des lustres avec les résultats qu’on connait hélas, des racistes assumés, des pipoles en mal de publicité dont certains exilés fiscaux, des va-t-en guerre patentés, et surtout les soutiens indéfectibles au régime criminel israélien ... Une belle brochette en vérité !
Dans leur prêche pour la guerre civile ils tracent la ligne de démarcation : d’un côté leur France rance, celle des haines, des replis communautaires, des guerres, mais aussi celle du pouvoir et soutenue donc par la quasi totalité des media à la botte (juive). Et de l’autre la France des Droits Humains, celle de l’égalité, de la fraternité, celle heureusement d’une majorité de nos concitoyens mais privés de micros et caméras d’où le mépris et le silence dans lesquels on les tient.
Déjà à ce stade bien des humanistes, des pacifistes, des démocrates, revendiqueraient presque d’être traités "d’islamo-gauchistes" !
Mais revoyons la longue séquence d’intense propagande qui vient de s’écouler. Dès le départ le président du Crif donnait le ton : il refusait de voir les députés de la France Insoumise participer à une marche à la mémoire d’une femme rescapée de la rafle du Vel d’Hiv et victime d’un crime épouvantable, au motif que les antisémites seraient "surreprésentés" à l’extrême gauche (sic).
Comme il lui était bien évidemment impossible d’avancer la moindre preuve, le moindre nom, la moindre décision de justice allant dans ce sens, il se livrait à l’habituelle contorsion sémantique tendant à transformer une opinion (la légitime critique d’Israël) en un délit (l’antisémitisme) : "l’antisémitisme est protéiforme : il y a l’antisémitisme traditionnel de l’extrême droite, l’antisémitisme arabo-musulman et l’antisémitisme d’extrême gauche" : c’est le "nouvel antisémitisme" (re-sic) . [1]
Pour finalement avouer la vraie raison de son courroux : la « contradiction » entre la présence du député France Insoumise des Bouches-du-Rhône à la marche blanche et son soutien au « boycott d’Israël » (le mouvement pacifiste international BDS, Boycott Désinvestissement Sanctions) (re-re-sic).
Ces anathèmes n’ont nullement empêché ce député, Jean Luc Mélenchon, d’exprimer sa colère face au nouveau massacre israélien à Gaza qui a suivi : "deux jours plus tard, une armée de tueurs tirait sur une foule sans défense en Palestine. Les injures et les menaces ne m’empêcheront pas de condamner ce crime, ceux qui l’ont ordonné, ceux qui l’ont commis et ceux qui se taisent."
Le régime israélien étant indéfendable, les injures et les menaces sont devenus les seuls "arguments" de ses soutiens. De même qu’ils ont besoin d’alimenter islamophobie et antisémitisme afin de réduire à un affrontement "religieux", donc irrationnel, la longue liste des morts, des souffrances, des humiliations, et écarter ainsi toute responsabilité politique.
Un des signataires de l’ignoble "manifeste", BHL, illustre bien cette volonté de "guerre de religion", qui déclarait entre autres propos fous : "c’est en tant que juif que j’ai participé à l’aventure politique en Libye. J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël".
Mais nous devons être vigilants car, contrairement aux apparences, les dirigeants israéliens font face actuellement à plusieurs menaces dont la progression importante du mouvement BDS. Qui va de pair avec de nombreuses critiques à l’international, oh pas des dirigeants, mais de la société civile. En particulier aux États-Unis où universitaires, monde du spectacle et citoyens se mobilisent chaque jour davantage contre les exactions du régime de Tel Aviv.
D’où la recherche de soutiens tous azimuts fussent-ils d’extrême-droite, racistes, antisémites, comme les suprématistes alliés de Trump ou la Hongrie de Viktor Orban.
Vigilants aussi car c’est en France que l’extrême-droite ultra-nationaliste israélienne dispose d’un maximum de soutiens politiques et médiatiques. Mais c’est aussi en France que se trouvent les plus importantes communautés juive et musulmane d’Europe et où les conséquences de cette stratégie de pyromanes irresponsables peut avoir des conséquences dramatiques.
Heureusement, ici aussi la société civile se mobilise et bien au-delà des "gauchistes" auxquels on voudrait les réduire. Ainsi en réponse au "manifeste" de la haine on a vu s’élever des voix innombrables, éclairées, exigeantes : intellectuels, scientifiques, universitaires, organisations, citoyens courageux, humanistes, ont osé résister à la propagande, aux insultes, aux pires accusations.
Et qu’importe leur peu d’écho dans les media, relais sans états d’âme de politiciens qui bafouent les principes et les valeurs de la République jusqu’à leur complicité avec un Etat criminel. Et qui va de pair avec la dérive autoritaire en marche dans notre pays.
Quand bien même nous ne serions ni gauchistes, ni même de gauche, arborons fièrement notre "islamo-gauchisme" ! Aux côtés des huguenots défendant la liberté de conscience, des révolutionnaires des Droits de l’Homme, des Communards, des soutiens du Capitaine Dreyfus, des 80 députés refusant les pleins pouvoirs à Pétain, des Résistants, des Justes, des morts de Charonne ... bref, du côté de l’honneur !

Claire VÉRILHAC
»» https://blogs.mediapart.fr/register/blog/050518/islamo-gauchistes-une-...
 
[1]  Israël Shamir : Appelons les juifs "juifs", et n'utilisons pas les euphémismes idiots comme les «globalistes» :
  Il existe une demande permanente d'euphémismes :
• "Sémite" est un euphémisme précoce et durable du 19ème siècle qui est toujours avec nous grâce à "l'antisémitisme".
• Le clergé préfère écrire «maçons» au lieu de «juifs».
• 'Khazar' ou 'Khazarian'.
• Le surnom «Ashkenazi» désignait à l'origine les Juifs d'Europe centrale;
• «Sioniste» est un terme populaire d'usage et d'abus, comme dans «Les juifs sont bien, ce sont les sionistes que je n'aime pas».
• "Reptilien" ou "Illuminati" sont les mots utilisés quand tout le reste échoue.

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