dimanche 27 mai 2018

De ces militaires étrangers clandestins détenus en Syrie


Remarque: sauf indication contraire, tous les chiffres avancés ci-dessous émanent de sources syriennes anonymes.
Combien de militaires étrangers, arabes ou occidentaux, capturés lors de la guerre en Syrie, sont encore détenus dans des lieux de détention secrets tenus par les services de renseignements syriens?
La réponse à cette question est intéressante à plus d’un titre, car la libération de ces militaires « clandestins » par Damas suivant des négociations secrètes avec ou sans intermédiaires n’a jamais permis une cessation des hostilités. Il est aussi vrai que le refus de libérer certains de ces éléments comme ceux des SAS britannique et australien avait irrité Londres au point où il était question d’une guerre.

Dès le mois de juin 2012, soit à peine plus d’un an après le début du conflit en Syrie, l’Armée et les services de sécurité syriennes avaient réussi à capturer un peu plus de 120 « mercenaires » étrangers, lesquels lors des interrogatoires, ne voulaient fournir aucune information mise à part leurs noms, leur grade actuel ou antérieur, un matricule et un lieu de naissance.  Il s’avéra que ces mercenaires étaient totalement différents des mercenaires islamistes rejoignant en masse les différentes organisations armées rebelles en Syrie.
Il y avait  en 2015 plus de 1850 officiers de liaison de différentes nationalités arabes capturés lors de combats contre différents groupes rebelles, dans les geôles syriennes.
Il y avait aussi un nombre indéterminé de ressortissants turcs, vraisemblablement des membres des différentes mafias turques dont celle, redoutable, des Loups Gris, qui furent capturés aux côtés de combattants turkmènes ou de rebelles syriens de la province d’Idlib lors des intenses et durs combats ayant eu lieu au Nord de Lattaquié peu de temps avant l’intervention militaire russe.
Au mois d’avril 2015, des « soldats » hollandais et danois se présentant comme des volontaires européens se battant aux côtés des kurdes de l’extrême Nord de la Syrie contre Daech sont capturés par erreur par une unité des renseignements militaires syriens. Ces volontaires un peu trop motivés et maîtrisant parfaitement l’usage des armes et des moyens de communications furent démasqués en quelques minutes.
Par la suite, de vrais faux volontaires « anarchistes » français, des « ex-para commandos »belges, des « enthousiastes » hollandais,  des « miliciens » canadiens et même des « écologistes » allemands remarquablement bien armés vinrent à la rescousse des kurdes en Syrie. Quelques-uns y furent tués, d’autres capturés mais la majorité finissait par se replier via des points de passage turcs et depuis la fermeture des passages par la Turquie, le Kurdistan irakien.
Lors de la bataille d’Alep, des dizaines de militaires de l’OTAN -chiffres variant entre 55 et 70) furent neutralisés et à chaque neutralisation, les médias arabes et occidentaux criaient au massacre, voire à l’holocauste. Ces cris cessèrent après la recapture de la ville par le gouvernement syrien et le début de négociations secrètes sur le sort des militaires étrangers capturés. La campagne médiatique reprenait de plus belle à chaque échec ou cessation de pourparler.
Cependant c’est en 2018 que la mort ou la capture de plus de 23 éléments du SAS britannique à la Ghouta Orientale qui mit le feu aux poudres. Londres exigea la  libération immédiate de ces militaires et n’hésita pas à appeler à une attaque directe de la Syrie. Il y eut bien une attaque tripartite mais le monde ne semblait pas prêt à une guerre généralisée.
De tous les pays engagés en Syrie, les États-Unis d’Amérique sont les seuls à engager directement les gros moyens (CAS, raids aériens, appui feu massif, etc.) face à toute tentative d’encerclement ou de capture de ses militaires déployés sur plus de 16 sites le long de l’Euphrate.
Confronté à une invasion de militaires « illégaux » arborant souvent des drapeaux d’entités non reconnues par la communauté internationale dans le Nord-Est de son territoire, Damas fit tout ce qui est possible pour infiltrer les Forces démocratiques syriennes et les milices supplétives recevant les militaires « clandestins ».
Les 73 militaires français capturés près d’Al-Hassaka fin avril 2018 le furent grâce à des renseignements fournis par des éléments kurdes infiltrés. Il faut dire aussi que les français sont traqués et suivis à la trace par leurs alliés …turcs qui semblent porter un très grand intérêt aux activités militaires françaises dans le Nord de la Syrie. Au total, plus de 298 militaires français seraient détenus en Syrie. Un chiffre qu’aucun média officiel ou alternatif n’a jamais osé publier.
Les militaires arabes et ceux de l’OTAN ne sont pas les seuls à avoir opéré ou opèrent encore en Syrie. Des « intermédiaires » bulgares, roumains et polonais impliqués dans les transactions clandestines d’armes destinées aux rebelles ainsi que des soldats Kosovars et albanais se trouvent dans les geôles des renseignements de l’Armée de l’air syrienne.

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