lundi 25 juin 2018

Trump prépare-t-il l’invasion du Mexique ?


Alors que le futur président mexicain Andrés Manuel López Obrador  menace d'inonder l'Amérique avec des millions de réfugiés [1], le président Donald Trump répond en accumulant les forces militaires pour envahir le Mexique, [2]. En effet, AMLO estime que ces immigrants ont un "droit humain" à entrer aux États-Unis car la moitié des territoires US ont été arrachés par la force au Mexique [3].
De son côté, le Canada se prépare à s'armer avec des armes nucléaires pour se protéger contre une éventuelle attaque de la part des États-Unis. Car, s’il y a une chose que la Monde a apprise des évènements récents relatifs à la Corée du Nord, à l’Irak, à l’Afghanistan, à la Libye et à la Syrie, c’est que la seule force de dissuasion  qui empêche les États-Unis d’envahir un pays, ce sont les armes nucléaires susceptibles d’atteindre les États-Unis.
Le Canada déclare que les USA sont un état en faillite
D’abord, les relations entre Washington et ses alliés/vassaux sont au plus bas : Ottawa, Mexico, Berlin, Londres, Paris, Canberra, Tokyo et Séoul.
Ensuite, l'Amérique est devenue un État en faillite. Le conflit interne de plusieurs décennies entre les deux principales factions culturelles, les Républicains et les Démocrates, a conduit à l'effondrement de leurs institutions politiques. Les lois ne peuvent pas être adoptées. Les ambassadeurs ne peuvent pas être nommés. Même les soins de santé de base ne peuvent pas être fournis à tous les citoyens.
La corruption a atteint les niveaux du tiers monde. Les membres du Congrès et les sénateurs consacrent tellement de temps et d'efforts à recueillir des pots-de-vin (appelés «dons de campagne» dans leur dialecte local)  distillés par les lobbies (surtout le lobby juif) qu'ils n'ont plus le temps de débattre des politiques ou des lois qui intéressent la population américaine. Même le président n’échappe pas à la corruption. Nous avons comment Adelson a acheté la politique étrangère de Trump et des Républicains pour 90 millions de dollars. De plus, Trump négocie des transactions immobilières lucratives pour lui-même alors qu'il nomme des membres de la famille à des postes de pouvoir et d'influence.
Comme avec d'autres États défaillants, les États-Unis ne sont plus en mesure de contrôler leurs propres frontières.
Les drogues et les armes circulent sur leur frontière méridionale et les demandeurs d'asile fuient leur frontière nord.
En raison d'un commerce d'armes non contrôlé, il y a maintenant plus d'armes à feu aux États-Unis qu'en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Yémen et en Syrie réunis.
Cela a conduit à une violence débridée qui a fait de nombreuses régions du pays "zones interdites".
Guerre civile au Mexique
Pour les États-Unis, le Mexique est la pire zone de guerre après la Syrie. Sa guerre civile sanglante continue de s'accélérer. Le mois de  mai 2018 est  le mois le plus meurtrier depuis que le gouvernement mexicain a commencé à publier des données sur les homicides en 1998. Le nombre d’homicides sous le président actuel Peña Nieto a  maintenant atteint 104.583,  tandis que le nombre de morts sous l'ancien président Felipe Calderon avait atteint 102.859
Contrairement au président Obama qui cherchait un modus vivendi avec le Mexique, le président Trump enflamme délibérément cette crise en utilisant les techniques de propagande de guerre  dont le but est de soustraire toute responsabilité aux autorités fédérales américaines civiles et de la placer entre les mains de l'armée américaine. Ses actions en cours pour y parvenir sont:

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis menacent d’intervenir militairement au Mexique.
En 2006, il y eut une alerte avec la confusion extraordinaire qui accompagna les élections présidentielles au Mexique, où le candidat de gauche Obrador (déjà) faillit l’emporter, l’emporta même pendant quelques jours, avant d’être finalement écarté. Durant cette période,  la tension fut très vive entre les USA et le Mexique à cause de la possibilité de l’élection d’un candidat très à gauche, tandis que le problème de l’émigration restait toujours dans l’impasse, sans règlement ni accord.
• En 2009, il n’y eut pas à proprement de tension particulière, à moins que l’on considère cette frontière du Sud des États-Unis en état de tension permanente (ce qui est sans doute vrai). Il y eut surtout un rapport rendu public, qui constitua un signal adressé au public par le Pentagone sur le danger potentiel constant, en termes militaires, de la frontière Sud. Dans ces temps où l’on ne parlait que de terrorisme, que du Moyen-Orient, où l’on relevait de l’énorme crise financière de l’automne 2008, etc., il s’agissait de réaliser que, pour le Pentagone, la dangerosité de l’instabilité du Mexique, pour le pays lui-même et pour ses voisins, était la plus haute du monde avec celle du Pakistan, – en ayant à l’esprit que la frontière des USA avec le Pakistan est moins préoccupante que celle des USA avec le Mexique.
• Le 1erjuillet prochain, Obrador (coucou, le revoilà), mieux connu sous ses initiales révolutionnaires de AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador) est semble-t-il absolument assuré de l’emporter, comme nouveau Président. Sa tendance politique est superbement catastrophiste puisqu’il est pour nombre de commentateurs US, au moins (!) socialiste et plus clairement communiste ; ses jugements sur Trump, sa politique de contrôle de l’immigration, et sur le reste tel qu’on l’imagine, sont extrêmement péjoratifs sinon agressifs et il encourage clairement l’immigration vers les USA.

Aujourd’hui, la dangerosité de la situation au Mexique est toujours n°1 au hit-parade des planificateurs US, toujours ex-æquo mais cette fois le concurrent a changé : la Syrie et non plus le Pakistan. Simplement les divers groupes djihadiste, milices, etc., sont remplacés par les divers gangs et cartels de la drogue, mais aussi par des milices de citoyens, avec certaines provinces ou villes tenues par des cartels tandis que d’autres ont proclamé leur autonomie de facto et sont sous la protection des milices locales. Les “forces de l’ordre”, police et armée, sont redoutées pour leur brutalité et leur corruption, et cantonnées à des territoires sûrs sous leur contrôle.
La grande question qui se pose aux stratèges US est de savoir dans quelle mesure Obrador n’aurait pas fait alliance avec les cartels ou avec certains d’entre eux.

Conclusion
Comme on le constate, ce n’est pas la première fois qu’on parle de tensions entre les USA et le Mexique, et de “menace du Sud” pour les USA. Il y a d’ailleurs une logique historique, le Mexique ayant été le premier pays agressé par la jeune République Américaine dans les années 1846-1848 au nom d’un “principe” forgé pour l’occasion mais rendant compte de la conception exceptionnaliste et providentialiste que les USA se sont attribuée dès l’origine : “la Destinée manifeste” (Manifest Destiny). 
La naissance des USA est en bonne partie fondée sur cette conception de “naissance d’un monde nouveau” qui lui donne une destinée exceptionnelle et de facto un “droit d’annexion pour le “bien de l’Humanité”.
Aujourd’hui, le contexte est très particulier et sans précédent. Les États-Unis traditionnellement sur l’offensive sont sur la défensive, avec le rapport démographique en changement accéléré en défaveur des WASP de l’origine et en faveur des Latinos qui habitent aux USA ou qui y affluent. Comme l’on sait, la lutte contre l’immigration est l’un des piliers fondamentaux de la politique de Trump et le principal argument de ralliement de son électorat, en même temps qu’un formidable facteur dans la division radicale qui déchire les USA.
C’est non seulement la possibilité de conflit entre le Mexique et les USA qui est en jeu, mais également la question de la situation civile intérieure aux USA, où l’on se trouve déjà dans un état de quasi-guerre civile de la communication”. On connaît bien aujourd’hui le cas de l’État de Californie, où la première communauté est désormais celle des Latinos, ayant dépassé les WASP et autres Blancs, ou Caucasiens-Américains comme l’on dit, et qui se trouve dans une situation de quasi-sécession, et avec des mouvements internes demandant la partition.
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NOTES
[1] Le leader mexicain AMLO a appelé des millions de Mexicains à inonder les États-Unis pour « donner une leçon à Donald Trump ». Le candidat à la présidence dit qu'un exode massif de Mexicains vers les États-Unis est leur " droit humain fondamental ".
"Et bientôt, très bientôt - après la victoire de notre mouvement - nous allons défendre tous les migrants sur le continent américain et tous les migrants dans le monde", a déclaré M. Obrador mardi, tout en appelant les gens à "quitter leurs villes et à trouver une vie aux États-Unis".
L'élection est dans moins de deux semaines et Obrador est actuellement en tête du peloton. Il s'est présenté avec un ticket s'opposant à la politique du Président Trump à l'égard du Mexique.
[2] Pour prendre part à cette invasion, l'US Navy a mis en route  5 de ses plus puissants groupes forces de frappe,  dont les porte-avions CVN-71 USS Theodore Roosevelt qui a accosté à San Diego le 7 mai, le CVN-78 USS Gerald R. Ford qui a accosté à Norfolk le 9 juin, le CVN-77 USS George HW Bush qui a accosté à Norfolk le 13 juin, le CVN-72 USS Abraham Lincoln qui a accosté à Norfolk le 14 juin et CVN-74 USS John C. Stennis qui a accosté à San Diego le 18 juin. La désignation CVN signifie un porte-avions à propulsion nucléaire
[3] La guerre Américano Mexicaine
Le conflit de 1846-1848, connu chez les uns sous le nom de Mexican War et chez les autres la Guerra de la Invasión Estadounidense !
Le traité de paix signé en 1848 marque la fin de la guerre américano-mexicaine. Le Mexique a perdu la moitié de son territoire au profit de son adversaire, et notamment la Californie, où de l’or sera découvert quelques années plus tard. Mais les territoires cédés garderont à jamais une empreinte mexicaine indéniable. Encore aujourd’hui, de nombreuses villes du Texas ou de Cette guerre se termine par la “vente” forcée de la moitié du territoire mexicain aux USA (la Californie, l’Utah, le Nevada, le Colorado, le Wyoming, le Nouveau-Mexique, et l’Arizona contre 15 millions de dollars de l’époque, ce qui équivaut à environ 600 millions de dollars de l’an 2000). Cette humiliation scandaleuse a marqué depuis, d’une façon très profonde, les rapports du Mexique avec les USA et fondé le mouvement dit de La Reconquista La Reconquête douce”, grâce à l’immigration latino vers les USA, aussi bien que les périodes régulières de tension entre les deux pays.
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Hannibal GENSERIC

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