mardi 19 juin 2018

Pourquoi "Skynet" de la NSA tue des centaines d'innocents... par erreur

Le programme informatique Skynet, basé sur l'Intelligence Artificielle , est un outil de surveillance dans les mains de la NSA, l'Agence nationale de la sécurité américaine. Le programme récolte des métadonnées, comme par exemple les noms, les fréquentations, les amis, les habitudes et les localisations GPS, etc. dans l'objectif d'identifier et de traquer des personnes soupçonnées (par le programme informatique) d’être « terroristes potentiels ». L'ayant fait, le programme les frappe avec des missiles tirés par des drones appelés  Terminator, comme dans le film de même nom.

Au total, l'algorithme analyse environ 80 caractéristiques différentes pour déterminer l’appartenance potentielle aux cercles terroristes.
 
De cette manière, le programme a réussi à traquer le journaliste Ahmad Zaidan, chef  du bureau d'Al-Jazeera TV à Islamabad, en tant que cible, car il  voyageait souvent dans les zones de conflit afin d’y effectuer des reportages. De même, on apprend que la même mésaventure est arrivée à un  journaliste américain nommé Bilal Abdul Kareem. Ce dernier  plaide aujourd'hui pour sauver sa vie devant la juge fédérale américaine Rosemary Collyer, qui préside la Cour de surveillance du renseignement étranger des États-Unis, en affirmant qu'il est sans cesse pris pour cible par un drone «Terminator» contrôlé par «SKYNET». ".
D'autre part, et pour confirmer ce qui précède, selon un récent rapport russe , les forces de la police militaire russes protégeant le périmètre de la base aérienne de Hmeimim (gouvernorat de Lattaquié, en Syrie) ont été " approchées" (fin 2016) par un véhicule conduit par le journaliste Ahmad Muaffaq Zaidan, d’Al Jazeera TV. Il était accompagné par le  journaliste indépendant américain Bilal Abdul Kareem. Ces deux journalistes se sont approchés de la zone de contrôle russe en Syrie, parce qu'ils savaient qu'elle était protégée contre les frappes aériennes américaines. Ils ont expliqué aux forces de police militaires russes qu'ils étaient tous deux "traqués à mort" par des drones américains Terminator.
La menace de mort que représentent ces drones a été froidement décrite par un chef de tribu pakistanais nommé Malik Jalal, l'un des leaders du Comité de paix du Nord-Waziristan. Il a déclaré : «mes amis refusent mes invitations pour venir chez moi, et j'ai décidé de dormir dehors sous les arbres, pour éviter de devenir l’aimant qui attire la mort pour ma famille ». Pour plaider pour sa vie, il a du voyager, en 2016, en Angleterre. Il avait écrit:

« Je suis dans la position étrange de savoir que je suis sur la «liste des cibles à tuer». Je le sais parce qu'on me l'a dit, et je le sais parce que j'ai été ciblé plusieurs fois pour être tué. Quatre fois, des missiles ont été tirés sur moi. Je suis extraordinairement chanceux d'être en vie.

Je ne veux pas finir comme un "insecte écrasé". Plus important encore, je ne veux pas que ma famille soit victime, ni même de vivre avec les moteurs bourdonnant sur ma tête, sachant qu'à tout moment ils pourraient me faire réduire en viande hachée.

Je suis en Angleterre cette semaine parce que j'ai décidé que, si les Occidentaux veulent me tuer sans prendre la peine de venir me parler d'abord, alors c’est moi qui viens pour leur parler. Je vais raconter mon histoire afin que vous puissiez juger par vous-même si je suis le genre de personne que vous voulez assassiner. »
Les drones d'assassinat américains "Terminator"
traquent les cieux du monde dans une poursuite sans fin de "cibles" à tuer
Or, d'après le portail spécialisé Ars Technica, l'algorithme de Skynet est "complètement foireux", et il est capable d'éliminer de multiples innocents.
De même, les meilleurs experts en informatique aux États-Unis ont qualifié ce programme informatique de " connerie complète". Ils ont ainsi révélé de façon choquante:
« L'algorithme de classification de SKYNET analyse les métadonnées et les données de terrain, puis produit un score pour chaque individu en fonction de ses métadonnées. L'objectif est d'attribuer des scores élevés à de vrais terroristes et de faibles scores au reste de la population innocente. Si 50% des faux négatifs (les «terroristes» réels) sont autorisés à survivre, le taux de faux positifs de la NSA de 0,18% signifiera toujours que des milliers d'innocents sont classés comme des «terroristes» et potentiellement tués. Même le résultat le plus optimiste de la NSA, le taux de faux positifs de 0,008%, ferait encore mourir de nombreuses personnes innocentes. »
Un taux de faux positifs de 0,18% sur 55 millions de personnes signifie que SKYNET a mal étiqueté 99.000 innocents comme étant des "terroristes" donc « bons à tuer »
Depuis l'année 2004 jusqu'au milieu de 2016, rien qu’au Pakistan, entre 2.500 et 4.000 personnes ont trouvé la mort dans des frappes de drones, la majorité d'entre elles étaient désignées comme "extrémistes" par le gouvernement américain, rapporte le Bureau du journalisme d'investigation. Il est plus que probable que le nombre de morts d’innocents est infiniment plus grand si on y ajoute l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen, l’Afrique et d’autres endroits.

Or, ce que peu de gens savent, c’est qu’en été 2013, le président Obama (prix Nobel de la Paix !) a demandé à ses agences de renseignement de créer pour lui une «liste noire secrète» (Secret Kill List”), comportant la liste des gens qu'on pourrait assassiner en vertu d'une loi fédérale peu connue de 1946, intitulée la Loi sur la procédure administrative (Administrative Procedure Act APA). Son but est la création d'une liste de « terroristes présumés »   à tracer et à cibler pour les tuer avec les frappes de drones. Cette liste est aussi connue sous le nom de « matrice de disposition » (disposition matrix”).
Comme si le fait que les États-Unis se dotent d'une «liste secrète des gens à tuer» ou Secret Kill Listn'était pas assez horrible, cette «matrice de disposition» est passée en mode folie complète lorsqu'elle a été placée sous le contrôle total de SKYNET. Cela signifie, en réalité, que chaque personne ciblée pour être assassinée par ces Américains est sélectionnée par un algorithme informatique top secret, que personne n'est autorisé à savoir.
Après "consultation" ,  les forces de police militaires russes ont libéré le journaliste américain Bilal Abdul Kareem et le chef du bureau d'Al Jazeera, Ahmad Muaffaq Zaidan, et les ont escortés à Damas. Ils sont partis à Londres et ont retenu les services du puissant cabinet d'avocats international Lewis Baach Kaufmann Middlemiss PLLC . Ce cabinet a intenté, le 30 mars 2017, une action devant la Cour fédérale américaine contre le président Donald Trump et toute l'armée américaine, disant :
Les plaignants Ahmad Muaffaq Zaidan (ci-après "Zaidan") et Bilal Abdul Kareem (ci-après "Kareem") introduisent cette action pour interdire aux défendeurs de les placer et de les maintenir sur une "liste noire (personne à tuer)", (également appelée" Matrice de Disposition "), ce qui a entraîné leur ciblage pour être assassinés.

Les plaignants sont tous deux des journalistes qui font des reportages courageux et importants dans certaines des régions les plus difficiles du monde.

Leurs voyages, leurs communications, le contenu et les contacts sur les médias sociaux, les données connexes et les métadonnées ont été saisis dans des «algorithmes» utilisés par les États-Unis pour identifier les terroristes.

Ces algorithmes les ont identifiés comme des personnes à tuer, non pas parce qu'ils sont des terroristes, mais parce que les méthodologies employées par les défendeurs aboutissent à l'assassinat injustifié de personnes innocentes.

L'inscription des plaignants sur la « liste noire » est le résultat d'une action arbitraire et capricieuse, accomplie sans procédure régulière et en violation de la Constitution des États-Unis et du droit américain.
Donc, le 13 juin 2018, la juge fédérale américaine Rosemary Collyer a rejeté la demande de son gouvernement de "rejeter cette action" des avocats ci-dessus, en déclarant dans sa décision de 30 pages que "la procédure régulière n'est pas seulement une ancienne et poussiéreuse obligation procédurale exigée par les règles de Robert... au lieu de cela, c'est un concept vivant qui protège les Américains contre toute action du gouvernement, même en cas de guerre) - ce qui signifie que le journaliste américain Kareem mène cette bataille pour sauver sa vie - et à propos duquel la juge Collyer a déclaré "qu'il veut avoir l'opportunité de persuader son gouvernement qu'il n'est pas un terroriste ou une menace. L’autorisation de tuer est annulée "
Cependant, malgré ce jugement défavorable au gouvernement américain, personne ne sait quand, et où, SKYNET pourrait  frapper à nouveau ce journaliste ou un autre, alors que les "Terminators" implacables, initiés par Obama et repris par Trump, traquent le monde. Leurs programmes informatiques ne savent rien  de la compassion, seulement une mort sûre et certaine pour leurs victimes et pour ceux et celles qui se trouvent à proximité.
La tristesse de l'intelligence artificielle est qu'elle est sans artifice, donc sans intelligence.   Jean Baudrillard
ANNEXE : Hausse de 80 % des frappes de drones américains dans le monde
Selon le site web américain Mint Press, les frappes des drones américains dans différents endroits du monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique, ont augmenté de 80 %.
En allusion à la promesse électorale de Donald Trump qui s’était engagé à réduire les attaques de drones, le site précise que le bilan des civils tués durant les sept premiers mois de la présidence de Trump est beaucoup plus élevé que celui enregistré durant les huit années du mandat présidentiel de Barack Obama.
« C’est à l’époque de Georges W. Bush que les frappes de drones devinrent une arme importante dans la lutte contre le terrorisme. 57 attaques ont été menées au Pakistan, en Somalie et au Yémen qui se sont soldées par la mort d’entre 384 et 807 civils. Ce programme a pris de l’ampleur à l’époque d’Obama : le nombre des frappes de drones a augmenté, 563 attaques ont été menées dans les pays précités. À l’ère de Trump, ce chiffre a encore considérablement augmenté », rappelle Mint Press.
En 2017, les États-Unis ont bombardé 127 fois le Yémen, contre 32 fois en 2016. En Somalie, ils ont mené 34 attaques de drones, l’équivalent de l’ensemble des frappes effectuées de 2001 à 2016.
Funérailles de victimes des frappes américaines sur Miranshah, à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, le 16 juin 2011. © AP
Toujours en 2017, les frappes aériennes de l’aviation américaine ont causé la mort de 3 923 à 6 102 civils en Irak, en Libye et en Syrie. Alors que durant le mandat d’Obama, le bilan des victimes variait entre 2 998 et 3 939.
Des résultats catastrophiques dus aux politiques adoptées en mars dernier par l’actuel président des États-Unis.
Hannibal GENSERIC

2 commentaires:

  1. INHUMAIN!!!!!celà veut dire qu'un citoyen où qu'il soit chez lui dans le monde , pour un simple commentaire comme ceux que npus faisons sur les réseaux sociaux pourrait etre traqué comme terroriste et tué chez lui avec sa famille par LES AMERICAINS ? IGNOBLE VRAIMENT IGNOBLE. QUE DIEU AIE PITIE DE CES ASSASSINS !!!!

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  2. Ces pauvres amerloques ! Ce qu'ils s'autorisent à faire au nom de la démocratie ! Tuer et encore tuer, de plus sur la base de l'inintelligence artificielle ! sans comparution, sans motif, sans avocat, sans aucun droit ! Les USA sont un véritable Etat voyou; lequel m'en rappelle un autre !

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