dimanche 21 octobre 2018

Les États-Unis recommencent : ils bombardent la Syrie au phosphore blanc


Le 13 octobre, la coalition dirigée par les États-Unis a utilisé des munitions au phosphore blanc au cours de frappes aériennes dans la province syrienne de Deir Ez-Zor, et fait des victimes parmi les civils. Le mois dernier, du phosphore blanc avait également été utilisé par deux F-15 de l’US Air Force (USAF) dans une attaque contre la ville de Hajin, à Deir-ez-Zor. Le gouvernement syrien a condamné à plusieurs reprises la coalition dirigée par les États-Unis, qui affirme que la nécessité de combattre Daech justifie ses actions militaires, tout en niant l’emploi de phosphore blanc.

Le phosphore blanc n’entre pas dans la catégorie des armes chimiques interdites par la Convention sur les armes chimiques, mais c’est une arme incendiaire. En tant que telle, il ne peut pas être utilisé contre des non-combattants. Le Protocole III de la Convention sur certaines armes classiques interdit l’emploi de ces armes incendiaires contre des civils (déjà interdit par les Conventions de Genève) ou dans des zones civiles. (Son emploi signifie donc que les États-Unis et leurs alliés sont des États Voyous, puisqu’ils ne respectent pas la Convention internationale) La substance s’enflamme spontanément au contact de l’air, produisant une dense fumée blanche.  La chaleur peut atteindre 800-900°C. L’eau n’y change rien. Des lésions graves peuvent être causées aux organes internes via son absorption par la peau, son ingestion ou son inhalation. Les particules brûlantes du phosphore blanc produisent des brûlures thermiques et chimiques si elles entrent en contact avec la peau.
Ce n’est pas seulement en Syrie que les États-Unis ont utilisé ce type de munitions Des obus d’artillerie au phosphore blanc ont été utilisés en Irak lors de l’assaut contre Falloujah en 2004. Les États-Unis l’avaient admis. Les médias ont également fait état de l’utilisation de phosphore blanc à Mossoul (Irak) et à Raqqa (Syrie). L’année dernière, le Washington Post a publié des photographies de marines américains équipés de projectiles au phosphore blanc pour la bataille de Raqqa. Une autre source a publié des images similaires montrant des munitions au phosphore blanc aux mains d’unités de l’armée américaine à l’extérieur de Mossoul, en Irak.
Human Rights Watch a mis en garde contre les dangers liés à l’utilisation de phosphore blanc dans les zones urbaines. Selon Steve Goose, directeur spécialiste des armements de Human Rights Watch, « quelle que soit la manière dont le phosphore blanc est utilisé, il présente un risque élevé de dommages terribles et durables dans des villes surpeuplées comme Raqqa et Mossoul, ainsi que dans toute autre zone de concentration de civils. »
En 2015, les États-Unis ont utilisé de l’uranium appauvri en Syrie.
L’uranium appauvri n’est pas interdit par traité international, mais son utilisation contrevient au droit international humanitaire. L’article 36 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève exige que les pays veillent à ce que les nouveaux moyens d’armement ou méthodes de guerre ne contreviennent pas aux règles existantes du droit international. A l’article précédent, il établit « 2. Il est interdit d’employer des armes, des projectiles et des matières ainsi que des méthodes de guerre de nature à causer des maux superflus. 3. Il est interdit d’utiliser des méthodes ou moyens de guerre qui sont conçus pour causer, ou dont on peut attendre qu’ils causeront, des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel. »
En 2012, l’Assemblée générale des Nations Unies a tenté d’adopter une résolution restreignant l’utilisation de l’uranium appauvri. Cette initiative a été approuvée par 155 États, 27 se sont abstenus et quatre États voyous (USA, GB, France et Israël), ont voté contre.
L’armée américaine a utilisé des bombes à fragmentation contre des civils au Yémen. Les États-Unis ne font pas partie des 102 États signataires de la Convention sur les armes à sous-munitions de 2008, qui interdit les armes qui explosent en l’air, dispersant de multiples bombes ou sous-munitions sur une vaste zone. De nombreuses sous-munitions n’explosent pas à l’impact initial, et restent dangereuses pendant des années au même titre que les mines terrestres. Le Pentagone refuse d’abandonner les armes à sous-munitions et les commandants de terrain américains sont autorisés à les utiliser à leur guise.
Les États-Unis continuent d’expérimenter des programmes d’armes biologiques dans plus de 20 laboratoires dispersés dans le monde entier, [1] en violation flagrante de la Convention des Nations Unies sur les armes biologiques. Un article d’opinion publié le 4 octobre dans la revue Science, rédigé par un groupe international de chercheurs, affirme que la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) des États-Unis est en train de mettre au point des insectes comme vecteurs potentiels d’une « nouvelle classe d’armes biologiques ».
En 2011, la police américaine a utilisé des gaz lacrymogènes et d’autres irritants chimiques contre les manifestants du mouvement Occupy. La Convention sur les armes chimiques interdit l’usage de gaz lacrymogènes contre les soldats ennemis au combat, mais les forces de l’ordre américaines utilisent ce produit dangereux contre leur propre population.
Rien ne justifie l’utilisation de phosphore blanc alors que Daech a été réduit à l’insignifiance en Syrie, mais Washington l’a encore fait. Elle a violé le droit international après avoir imposé unilatéralement des sanctions à la Russie, sans aucune preuve pour étayer ses accusations. Il convient également de rappeler que, contrairement à la Russie, les États-Unis n’ont jusqu’à présent pas respecté leurs obligations et détruit leurs stocks d’armes chimiques. L’emploi de produits qui nuisent aux civils est une question grave qui devrait être abordée lors de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le non-respect par l’Amérique des normes mondialement admises est le problème le plus grave au regard de la sécurité internationale.
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 un avion américain largue du phosphore blanc, 1966.
Source : Paru sur Strategic Culture Foundation sous le titre United States Did It Again: Warplanes Use White Phosphorous Munitions in Syria
Traduction Entelekheia
Note de la traduction : lecture additionnelle, ‘Un holocauste occulté : La stratégie de bombardements des USA’ — comment, pour les USA, les bombardements délibérés de zones civiles sont devenus une doctrine militaire à part entière dès la Deuxième Guerre mondiale. Article très documenté de l’excellent site dirigé par des professeurs d’université The Asia-Pacific Journal.

Idleb: Hayat Tahrir al-Cham « tente de gagner du temps »

Tous les regards sont tournés vers le groupe de combattants Hayat Tahrir al-Cham qui, au lieu de se retirer, a publié une déclaration évasive au sujet du plan de Sotchi
Alors que la date butoir pour le départ de tous les rebelles extrémistes d’une zone tampon dans le nord de la Syrie avait été fixée au lundi 15 octobre, les combattants en question ne se sont pas retirés.
Le fait que tous les groupes combattants n’aient pas quitté la zone soulève des interrogations au sujet d’un accord négocié par la Russie et la Turquie afin d’éviter un assaut sanglant contre le dernier refuge de l’opposition syrienne dans le pays. L'accord russo-turc conclu à Sotchi, en Russie, le 17 septembre prévoit une « zone démilitarisée » pour séparer les territoires de Bachar al-Assad de ceux encore tenus par les rebelles et islamistes armés à Idleb.
Des sources turques ont néanmoins déclaré à Middle East Eye que les Russes, qui soutiennent le président syrien Bachar al-Assad, étaient conscients que le processus d’élimination des extrémistes de la zone pourrait prendre plus de temps que le délai convenu qui s'est terminé ce lundi. Damas a estimé avoir besoin de « temps » pour vérifier la mise en œuvre de l'accord russo-turc sur Idleb.
Le groupe extrémiste en question est Hayat Tahrir al-Cham, une alliance de terroristes islamistes dirigée par l’ancienne filiale syrienne d’al-Qaïda. Selon des sources turques, au moins 1.000 des 5.000 militants d’Hayat Tahrir al-Cham censés opérer dans la zone tampon sont partis.
Le groupe n’a pas précisé officiellement s’il respecterait ou non l’accord échafaudé par la Russie et la Turquie à Sotchi. 
Quelques heures avant la date butoir, Hayat Tahrir al-Cham a publié une déclaration dans laquelle il s’engageait à poursuivre les combats.
« Nous n’avons pas renoncé à notre choix du djihad et du combat pour exécuter notre révolution sacrée », a déclaré le groupe.
« Nous apprécions les efforts consentis par tous ceux qui, à l’intérieur du pays et à l’étranger, s’efforcent de protéger la zone libérée, a ajouté le groupe. Mais dans le même temps, nous mettons en garde contre la malhonnêteté de l’occupant russe. »
Des plans compromis
La première partie de l’accord – le retrait des armes lourdes – a semblé se dérouler sans encombre avec une date butoir fixée au 10 octobre.
Cependant, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), aucun retrait de combattants extrémistes n’a été observé à l’approche de la date butoir de ce lundi.
De même, des tirs de mortier meurtriers effectués samedi soir depuis la zone tampon semblaient indiquer que la première partie de l’accord n’avait pas non plus été pleinement mise en œuvre.
« Les djihadistes qui ne se retirent pas donnent au régime et à la Russie une excuse pour mener une opération militaire au moins dans la zone démilitarisée », a déclaré Rami Abdulrahman, directeur de l’observatoire.
Hayat Tahrir al-Cham a probablement « tenté de gagner du temps en ne refusant pas, ni en acceptant explicitement l’accord » conclu entre la Russie et la Turquie, a-t-il indiqué.
Selon Sam Heller, analyste à l’International Crisis Group (ICG), l’annonce d’Hayat Tahrir al-Cham semble être une « acceptation tacite de l’accord de Sotchi ».
Traduction : « 2. Surtout, Hayat Tahrir al-Cham insiste sur sa responsabilité et sa flexibilité (de manière limitée), ce qui semble équivaloir à une acceptation tacite de l’accord de Sotchi, même s’il refuse dans l’ensemble de renoncer “au djihad et à la guerre comme moyens de concrétiser les objectifs de [sa] révolution sacrée” ».
Bien qu’Hayat Tahrir al-Cham n’ait pas soutenu publiquement l’accord ni retiré tous ses combattants de la région, le groupe a permis aux troupes turques de circuler librement à travers le poste frontalier de Bab al-Hawa, sous son contrôle, pour rejoindre des zones en Syrie depuis lesquelles une offensive contre les groupes extrémistes peut être lancée.
Un haut commandant de l’Armée syrienne libre, qui a souhaité rester anonyme, a déclaré à MEE que l’armée turque se massait dans la région turque de Yayladağı, à proximité des positions rebelles du nord de Lattaquié et de Jisr al-Choghour.
Selon le commandant de l’ASL, ces forces peuvent agir à tout moment contre toutes forces susceptibles d’entraver l’application de l’accord sur la zone tampon ou de perturber les patrouilles militaires turques.

Des « agents occidentaux » tués!

Idlib: les « agents occidentaux » tués!
L’explosion d’un atelier de fabrication de produits chimiques à Idlib a fait des morts et pas n’importe quels morts: depuis des années on assiste en Syrie aux mises en scènes chimiques qui servent par intermittence de prétexte aux frappes occidentales contre le sol syrien.
Ces mises en scènes ont impliqué des agents que les médias « mainstream » ne cessent de décrire comme étant des humanitaires. Or ces pseudo humanitaires ou « Casques blancs » viennent de périr dans un incident « chimique » alors qu’ils étaient en plein processus de fabrication d’arme chimique!
Selon Sputnik, 11 experts britanniques, tchétchènes et turcs ont été tués à la suite de l’explosion d’un atelier contenant de grandes quantités d’engrais, d’explosifs et de barils de chlore liquide. L’atelier se trouve dans le district de  Turmanin située dans la banlieue nord d’Idlib, à 15 kilomètres de la frontière turque.
Le bilan des morts de cet incident, « à l’origine pour l’instant indéterminée », pourrait s’alourdir puisque plusieurs corps ont été pulvérisés.
Une partie de l’atelier abritait un laboratoire de production des produits explosifs et chimiques et il était placé sous la supervision d' »experts étrangers d’origine britannique, tchétchène et turque », et certains d’entre eux se trouvaient à l’intérieur de l’atelier au moment de l’explosion.
Selon des sources syriennes aucune thèse n’était encore privilégiée par les forces de sécurité après la violente explosion qui a soufflé ce samedi cet atelier : « Une erreur technique humaine, commise au cours de certains testes, pourrait être à l’origine de cette explosion », a-t-on appris de la même source.
En pleine coopération avec des « Casques blancs » leTahrir al-Cham (ex-Front al-Nosra) a transporté des substances de cet atelier vers des lieux inconnus.
En dépit (ou plutôt grâce à leurs actions criminelles) des preuves démontrant les crimes de guerre commis par les Casques blancs opérant en Syrie, ces derniers et leur famille seront accueillis en héros au Royaume-Uni. Le Canada de Jacques Trudeau vient lui aussi accord l’asile à de nombreux Casques blancs, en leur rendant un hommage appuyé.
Pour le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Mouallem, les Casques blancs sont une organisation créée avec le soutien du MI6 et chargée de mettre en scène une attaque chimique à Idlib et d’en accuser le gouvernement syrien. L’incident d’aujourd’hui prouve que le diplomate a entièrement raison.
Plusieurs preuves avaient auparavant démontré le rôle des Casques blancs dans les complots visant à accuser le gouvernement syrien de violations des droits de l’homme.

Les annotations dans cette couleur sont d’H.Genséric
Hannibal GENSÉRIC

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